03.08.2015, 08:56

Le Musée d'histoire s'emballe

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Par ROBERT NUSSBAUM

«Il n'y paraît pas, mais les travaux ont déjà commencé...» Hier en conférence de presse, le conseiller communal Jean-Pierre Veya faisait le point sur la première phase de la rénovation du Musée d'histoire, avec la conservatrice, l'architecte et un représentant des Amis du musée. Rien n'a bougé à l'extérieur, mais à l'intérieur on s'active à inventorier les pièces, les emballer pour les déménager prochainement et permettre le démarrage des travaux à l'automne. Réouverture prévue au deuxième semestre 2013.

Si le train de la rénovation a pris un peu de retard, c'est d'une part à cause du référendum lancé contre le crédit de 3,5 millions de francs, finalement soutenu en votation, et d'autre part parce qu'il n'a pas été facile de trouver un lieu de stockage. «On ne déménage pas une collection comme un appartement», a noté Jean-Pierre Veya, qui a évoqué les critères de sécurité, disponibilité, d'accessibilité et bien sûr de coût.

Finalement, on a trouvé une surface industrielle de 500 m2 en train d'être équipée et un abri de protection civile de 1000 m2 qui va être désaffecté et servira ensuite de réserve pour tous les musées. Où? Motus, question de sécurité encore, même si les pièces du Musée d'histoire ont généralement plus une valeur patrimoniale que vénale.

Comme exemple, la conservatrice Sylviane Musy cite un coffre de la paroisse de La Chaux-de-Fonds avant que le village ne devienne commune ou des bannières syndicales à restaurer dont l'une proclame que «la main et l'outil font l'habile artisan». Combien d'objets possède le musée? Plusieurs milliers, se borne à estimer la conservatrice, expliquant qu'une armoire ou une petite gravure d'un lot ont chacune leur fiche.

Sylviane Musy a comparé l'inventaire et l'emballage des collections en cours aux «travaux d'Hercule». Pour les affronter, deux postes de techniciens de musées ont été pourvus, l'un à 70% (dont 50% pour le Musée des beaux-arts) l'autre à 60% pour deux ans. Ils encadreront des stagiaires en muséologie de l'Université de Neuchâtel, de la HE-Arc et des civilistes. «L'ensemble de ces mesures respectent le budget initialement prévu», signale le communiqué de presse publié sur le sujet.

Les travaux? L'architecte mandaté Pierre Minder a signalé qu'ils seront mis à l'enquête sur la base du projet établi en 2007, modifié en 2009 et repris encore sur le point de l'accès des handicapés. La rampe prévue au sud s'est révélée disproportionnée. Elle sera aménagée sur la façade est, derrière le petit parking et jusqu'à l'entrée de service. Pour le reste, rien n'a bougé. Il faudra un peu désamianter, mais ce n'est «pas trop grave, une chance», note l'architecte. Les gros travaux seront consacrés à l'aménagement d'un ascenseur transparent en façade est et à l'aménagement de quatre nouvelles salles dans les caves voûtées, Il y aura de quoi faire jusqu'à l'automne 2012.

Et après? Ce sera la phase muséographique pour créer ce musée de l'histoire urbaine de la ville de la fin du 18e siècle à nos jours, avec accent porté sur les hommes et les femmes qui l'ont faite, a résumé Sylviane Musy. La société des Amis du musée s'est engagée à réunir 500 000 fr., le tiers du budget muséographique, est venu dire David Jucker, représentant son comité. Cette récolte de fonds a été confiée à Daniela Agustoni-Steiner, l'ancienne déléguée culturelle de la Ville. «Tout l'argent sera dévolu au musée», a insisté David Jucker. Ce sont les Amis qui la rétribueront. Un CCP est d'ores et déjà ouvert pour les dons.

Soldats de plomb et robe de mariée

Dans le hall d'entrée du musée s'entassent des cartons de livres répertoriés. En passant devant la petite salle d'exposition voisine, un bric-à-brac d'objets. Au deuxième étage, tout plein d'autres attendent d'être emballés. Par exemple? Une robe de mariée de la fin du 19e siècle, celle d'une jeune femme de la communauté juive de La Chaux-de-Fonds, explique la conservatrice Sylviane Musy. «Elle montre aussi le niveau socio-économique de la famille de la mariée.» Le technicien d'art Matthias Amarca fait une démonstration d'emballage d'un portrait d'un certain Edouard Perrochet daté de 1854. Le sagex qui s'émousse est à exclure, dit-il, en présentant les différents matériaux de calage. Avec des gants - la transpiration est acide - il emballe le tableau d'une couche de textile qui le laisse respirer, pour éviter de créer un microclimat, avant de l'enrouler dans du plastique à bulles. Autour il y a des poupées, des drapeaux, des uniformes, des poires à poudre... En redescendant l'escalier, on tombe sur des étagères de soldats de plomb. Ceux-là, pour les protéger, ce sera la croix et la bannière.


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