13.01.2018, 10:00

La Chaux-de-Fonds: victime de la vente en ligne, Photovision fermera fin février

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Le prochain objectif de Jean-Pierre Brocard, c’est de convaincre sa clientèle des Montagnes, après la fermeture de son magasin de la Chaux-de-fonds, de descendre à Neuchâtel, où les affaires restent satisfaisantes.

 13.01.2018, 10:00 La Chaux-de-Fonds: victime de la vente en ligne, Photovision fermera fin février

Commerce Photovision, le dernier magasin spécialisé dans la photo des Montagnes neuchâteloises, va disparaître fin février. La faute aux changements de pratiques de la part des consommateurs.

C’est la mort dans l’âme que Jean-Pierre Brocard, fondateur en juin 1987 du magasin Photovision, doit se résoudre à mettre la clé sous la porte. A La Chaux-de-Fonds, le rideau tombera définitivement sur cet établissement à la fin février. Le magasin Photovision de Bienne fermera également dans un mois et demi.

L’une des raisons de la fin de...

C’est la mort dans l’âme que Jean-Pierre Brocard, fondateur en juin 1987 du magasin Photovision, doit se résoudre à mettre la clé sous la porte. A La Chaux-de-Fonds, le rideau tombera définitivement sur cet établissement à la fin février. Le magasin Photovision de Bienne fermera également dans un mois et demi.

L’une des raisons de la fin de l’aventure de Photovision dans les Montagnes, et avec elle la disparation du dernier magasin spécialisé dans la photo, est le développement exponentiel des achats en ligne. Jean-Pierre Brocard sort d’un classeur une bande dessinée qui se passe de commentaire. La cliente d’un magasin de chaussures ne trouve pas pointure à son pied. La vendeuse lui lance: «Je vais chercher la taille au-dessus dans la réserve.» La consommatrice, pianotant sur son iPhone, lui rétorque: «Ce n’est pas la peine, je viens de la commander sur internet.» La messe est dite.

«Nous assistons à une désertion importante de clientèle depuis quatre ou cinq ans au profit de la vente en ligne.» Le phénomène est dévastateur. «Notre chiffre d’affaires a fondu de moitié au cours des dernières années. Certains consommateurs n’ont toutefois aucun scrupule à venir chez nous pour se renseigner, manipuler et tester le produit tout en sachant qu’ils l’achèteront sur le net.»

Navrant et fatiguant

Jean-Pierre Brocard est désabusé. Pour moins de 100 francs de différence, le client va ailleurs. «Cela est navrant et fatigant. Nous avons le sentiment que le vendeur n’est plus considéré et que notre savoir-faire n’a plus de valeur aux yeux de certains de nos visiteurs.»

Jean-Pierre Brocard évoque également la concurrence des grandes enseignes actives dans la photo, la vidéo et l’électronique. Elle influence cependant moins négativement son niveau d’affaires. «Nous sommes dans la vente et eux sont dans la distribution. Ils n’ont pas toujours les compétences requises. Il n’est pas rare que, faute de pouvoir répondre à des questions techniques, ils nous envoient des clients.»

Neuchâtel s’en sort

L’environnement commercial est tout aussi agressif sur le Littoral que dans les Montagnes, mais, étonnamment, Photovision parvient encore à tirer son épingle du jeu à Neuchâtel. «La concurrence est féroce. Nous avons les mêmes charges et les mêmes contraintes que dans le Haut. Il existe toutefois une différence de taille. Le pouvoir d’achat est supérieur en Bas. J’ai vendu par exemple beaucoup  plus de Leica à Neuchâtel qu’à La Chaux-de-Fonds.» Le magasin neuchâtelois réalise un chiffre d’affaires trois fois supérieur à celui de La Chaux-de-Fonds.

Le fondateur de Photovision évoque en outre l’appauvrissement de l’offre commerciale au centre-ville de la Métropole horlogère. «Le manque de diversité détourne la clientèle du cœur de ville et pénalise l’ensemble des commerçants indépendants.»

Pas au rabais

Jean-Pierre Brocard aurait pu réduire la voilure à de La Chaux -de-Fonds, mais il ne veut pas d’un magasin au rabais. «Il était possible de ne garder qu’un tiers de la surface actuelle avec un seul employé. Une fausse solution, car je veux vendre avec le conseil et le service qui vont avec et non pas seulement distribuer.» L’effectif actuel, composé de deux salariés et deux apprentis, avec le renfort si nécessaire de la structure de Neuchâtel, était garant d’une offre complète.

La perspective de la fermeture imminente de la boutique chaux-de-fonnière laisse des centaines d’orphelins fortement désemparés. «C’est une immense perte, car nous trouvions ici une véritable expertise et du matériel haut de gamme pour celui que ça intéressait. Il y a également un choix dans l’occasion unique en Suisse», témoigne le Chaux-de-Fonnier Yves Uldry, client depuis 30 ans. «Les mises à jour de FireWire ou le nettoyage des capteurs, des opérations délicates, étaient exécutées ici sans forcément être facturées.» Le prêt gratuit de matériel et les menues réparations réalisées sur place étaient fortement appréciés également de la clientèle.

Jean-Pierre Brocard espère maintenant que les 30 kilomètres séparant La Chaux-de-Fonds de Neuchâtel ne constitueront pas un obstacle pour que la clientèle des Montagnes reste fidèle à son enseigne.


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