02.08.2015, 19:44

La caravane dentaire bientôt obligée de s'arrêter sur le bord de la route?

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Par NICOLAS DONNER

La caravane dentaire n'a de loin pas encore perdu toutes ses roues, mais la situation de l'association qui la gère est actuellement difficile. La raison: l'achat d'une nouvelle caravane est nécessaire, mais certaines communes, inquiètes du prix à payer, ont choisi de prendre une autre route.

«La bonne marche de la caravane dentaire est compromise dès aujourd'hui, mais risque de l'être encore plus sérieusement dès la prochaine année scolaire», révèle Denis Struchen, président de l'Association des cliniques dentaires mobiles (ACDM). «Le désistement de sept communes (dont Val-de-Travers, Boudry et Colombier) avec effet au 31 juillet 2011 nous oblige à réflechir à la pérennité de ce service.»

Les soucis, réels, concernent en premier lieu l'engagement d'un médecin dentaire, suite à la démission du detenteur du poste à la fin de l'année écoulée: «Il s'agit de notre véritable priorité. Sans cette recrue indispensable, nous courons le risque de ne pouvoir assumer nos mandats auprès des communes dans les mois à venir», poursuit Denis Struchen.

«Plusieurs cas, y compris celui de La Chaux-de-Fonds, démontrent qu'il n'est pas évident de trouver une personne pour cette fonction», confie Robert Goffinet, précédent président de l'ACDM. «Ce sont souvent des jeunes qui s'engagent à ce poste, dans l'attente de pouvoir trouver autre chose, ce qui rend la collaboration sur la durée compliquée.»

L'autre préoccupation majeure s'inscrit à bien plus long terme. «Le retrait de certaines communes s'explique principalement par des raisons financières. L'achat nécessaire et prévu d'un nouveau véhicule de type camping-car, aménagé pour les soins dentaires, coûterait entre 150 000 et 200 000 francs. Ce montant a sans doute effrayé les communes, alors que répartie sur l'ensemble, la charge se limiterait à 3 francs par contribuable». Devant ces nouveaux défis, Denis Struchen explique qu'il pourrait chercher du soutien auprès du canton ou des privés afin d'augmenter l'argent à disposition, jusqu'ici uniquement délivré par les communes concernées.

Malgré les difficultés que traverse son association, le président de l'ACDM est convaincu que ce service a de l'avenir, surtout dans les petites communes: «Le seul déplacement du dentiste grâce à la caravane m'apparaît plus logique que le déplacement de centaines d'écoliers chez un dentiste local.»

Créée en 1992 sous l'égide des communes, l'Association des cliniques dentaires mobiles assure des prestations de prophylaxie (prévention) et de dépistage dentaire chez les enfants depuis l'école enfantine jusqu'à la fin de l'école secondaire (6500 bénéficiaires en 2010). /NDO

L'Association des cliniques dentaires mobiles comprend cette année 32 communes

Dès août 2011, ce chiffre risque toutefois de tomber à 25, puisque sept communes, et pas des moindres (Val-de-Travers, Boudry et Colombier) quitteront l'association. Son président Denis Struchen ne perd toutefois pas espoir de faire revenir ces communes sur leur décision. /ndo

5200 écoliers reçoivent des soins dentaires dans les villes du Haut

La ville du Locle compte 1200 élèves, selon Isabelle Serrano, dentiste à la clinique dentaire. A la Chaux-de-Fonds, ville qui a privatisé ses soins dentaires scolaires en 2007, ils sont 4000 élèves. /ndo

A Neuchâtel, le Centre médico-dentaire est ouvert

A l'entrée du Centre médico-dentaire Neuchâtel, deux salles d'attentes. L'une, fermée, destinée aux patients privés et l'autre, ouverte sur la réception, pour les écoliers. «Comme ça, les assistantes peuvent avoir un ½il sur les enfants qui viennent avec leur classe», sourit Pierre Daenzer, qui dirige le centre avec ses collègues Helidon Kongo et Lionel Huber.

Sur la base d'un mandat confié par la Ville et la Société neuchâteloise des médecins-dentistes (SNMD), ce cabinet de groupe privé, qui a ouvert ses portes il y a une semaine au centre-ville, assurera un dépistage annuel gratuit aux écoliers de la ville.

De plus, les parents qui y enverront leurs enfants se faire soigner bénéficieront d'une subvention communale, en fonction de leur revenu et du nombre d'enfants dans la famille. «Même si l'on travaille désormais avec des privés, le système est plus social qu'avant, quand tous les parents payaient la même chose», note le conseiller communal Daniel Perdrizat.

Ce partenariat public-privé permettra d'obtenir une meilleure qualité des soins qu'auparavant, estime François Guyot, président de la SNMD: «La clinique dentaire rencontrait des problèmes de qualité que les collectivités publiques avaient du mal à évaluer.» Tandis que les praticiens du nouveau centre médico-dentaire sont tous affiliés à la SNMD, ce qui offre «une garantie», selon François Guyot.

Revers de la médaille, la Ville ne subventionnera plus l'orthodontie, comme elle le faisait jusqu'ici. «C'est une perte de prestations», reconnaît Daniel Perdrizat. Qui encourage donc les parents à souscrire pour leurs enfants une assurance complémentaire qui prenne en charge ces frais.

Dans la perspective d'une école régionalisée, il est possible que les écoliers des communes voisines puissent un jour bénéficier eux aussi du centre. A condition, précise Daniel Perdrizat, «qu'on nivelle par le haut, pas par le bas». /nhe


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