12.01.2018, 00:01

L’internement pour un prédateur sexuel jugé dangereux

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Une enfance volée pour de bon?

 12.01.2018, 00:01 L’internement pour un prédateur sexuel jugé dangereux

TRIBUNAL Il abuse d’une fillette de quatre ans devant sa mère, complice d’actes d’ordre sexuel commis sur un enfant.

«Il ne l’a pas pénétrée, mais presque. Ces actes sont gravissimes, propres à laisser des séquelles importantes et perturber gravement le développement de l’enfant. C’est juste écœurant.»

Devant le Tribunal criminel siégeant à La Chaux-de-Fonds, la procureure Sylvie Favre a dépeint sans fard le portrait d’un psychopathe. Profitant d’un droit de visite de deux heures de la mère d’une...

«Il ne l’a pas pénétrée, mais presque. Ces actes sont gravissimes, propres à laisser des séquelles importantes et perturber gravement le développement de l’enfant. C’est juste écœurant.»

Devant le Tribunal criminel siégeant à La Chaux-de-Fonds, la procureure Sylvie Favre a dépeint sans fard le portrait d’un psychopathe. Profitant d’un droit de visite de deux heures de la mère d’une fillette de quatre ans, son compagnon de l’époque a non seulement fait subir à la petite la vue d’actes sexuels sur fond de film porno, mais l’a fait participer à ceux-ci.

«Je reconnais que je n’ai pas su protéger ma fille, mais j’étais complètement sous son influence», s’est défendue la jeune maman, accusée de complicité active. Elle n’a plus vu sa fille depuis presque un an. A l’opposé, l’abuseur a plaidé sa volonté de s’affranchir de sa relation avec cette compagne qui lui «coûtait cher en énergie». Au point de se venger sur sa fille? En tout cas, l’homme ne s’explique pas son coup de pédophilie. «Je n’ai jamais nourri un quelconque fantasme vis-à-vis d’enfants», a-t-il dit à l’audience. A-t-il pensé à l’avenir de la petite? «Je suis triste pour elle», a-t-il juste lâché.

Déviances pas soignées

Pour prouver la dangerosité du trentenaire, la procureure a rappelé les antécédents de l’accusé: trois condamnations pour des faits d’ordre sexuels au casier, plus trois autres plus anciennes, radiées. «Malgré un suivi, il n’a pas abordé le problème fondamental de ses déviances sexuelles», a noté Sylvie Favre, pour qui l’internement est la seule solution, tant que ce beau parleur narcissique reste imperméable à l’idée de soigner ses troubles sévères. Tout bien pesé, elle a réclamé une peine de 51 mois de peine privative de liberté, suspendue à cette mesure d’internement indéfinie. Pour la maman, Sylvie Favre demandait 30 mois de prison, dont 12 ferme. «Elle savait que [son compagnon] avait des vues sur la fillette». L’abus était préparé.

Fille paumée entichée

L’avocat de la maman indigne l’a présentée comme une fille paumée entichée d’un obsédé.

Le mandataire de l’accusé dépeint son client comme un homme victime d’un «élan du moment» et susceptible d’être traité. A quoi la partie plaignante représentant l’enfant a opposé la montée en puissance du prédateur, avec un risque de récidive élevé, menaçant en particulier les enfants prépubères. C’est ce risque de récidive important, appuyé par une expertise psychiatrique claire, qui a conduit la cour criminelle, présidée par le juge Alain Rufener, a effectivement ordonné une mesure d’internement contre le trentenaire abuseur.

Après 190 jours de détention provisoire, il restera enfermé. Sa peine elle-même est réduite par rapport au réquisitoire à deux ans et demi. Quant à son ex-compagne, elle s’en tire avec 12 mois de peine privative de liberté, avec deux ans de sursis. La fillette abusée recevra, si les condamnés peuvent la payer, une indemnité pour tort moral de 10 000 francs. Et elle ne reverra plus sa mère sans surveillance. Robert nussbaum


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