12.01.2018, 16:26

Ces Chaux-de-Fonniers embellissent les murs du monde entier

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 12.01.2018, 16:26 Ces Chaux-de-Fonniers embellissent les murs du monde entier

Culture Un couple d'artistes chaux-de-fonniers parcourt le monde avec pour mission d'embellir les murs des pays qu'ils traversent. Ils racontent leur "Urban Oddyssey".

Il y a ceux qui voyagent pour passer du bon temps et ramener des souvenirs, des objets, des photos, etc. Et les autres, qui, à l’instar du couple d’artistes chaux-de-fonniers Muga and Ghost, soit Jeremy Ferrington, graphiste et sérigraphe, et Joanne Faivre, illustratrice, ont à cœur d’apporter quelque chose au pays visité. «Nous souhaitons être acteurs plutôt que consommateurs», expliquent-ils.

Durant deux ans, ils se sont donné pour mission d’aller peindre des...

Il y a ceux qui voyagent pour passer du bon temps et ramener des souvenirs, des objets, des photos, etc. Et les autres, qui, à l’instar du couple d’artistes chaux-de-fonniers Muga and Ghost, soit Jeremy Ferrington, graphiste et sérigraphe, et Joanne Faivre, illustratrice, ont à cœur d’apporter quelque chose au pays visité. «Nous souhaitons être acteurs plutôt que consommateurs», expliquent-ils.

Durant deux ans, ils se sont donné pour mission d’aller peindre des fresques de par le monde. Dans leurs valises, on trouve des pinceaux plutôt que des serviettes de plage, et des vêtements de travail plutôt que des paréos.

Serpent à plumes ou Vishnu

Inde, Maroc, Ecosse, Mexique... Les lieux n’ont pas été choisis au hasard. Tous ont une histoire riche en mythes et légendes, et une culture picturale forte.

A Pondichéry, ils ont réinterprété l’histoire de Matshya, dieu poisson, première réincarnation de Vishnu dans la religion hindoue. A Fès, berceau de l’islam, «La conférence des oiseaux», du poète soufi Farid-ud-Din Attar, avec la huppe comme personnage principal, a inspiré leur travail. A Edimbourg, c’est la légende du roi d’Ecosse David 1er et d’un cerf blanc magique, The White Hart, qu’ils ont immortalisée sur le mur d’un terrain vague. Et enfin à Guanajuato, d’où ils viennent tout juste de rentrer, le dieu serpent à plumes Quetzalcoatl a guidé leurs pinceaux.

Sur place, pas question de lézarder au bord de la piscine. Le jeune couple d’artistes ne reste jamais plus de quatre semaines sur place. «Nous ne préparons rien à l’avance. Chaque concept est élaboré à notre arrivée. Nous choisissons la légende qui inspirera notre fresque au gré de nos pérégrinations», précisent-ils.

Le plus dur: trouver le mur

L’étape la plus délicate, c’est de trouver le bon mur, en ayant soin de ne pas perturber les habitants du quartier. «On a déjà essuyé des refus. C’est sûr qu’à certains endroits, comme à Guanajuato, dont le centre-ville est classé au patrimoine Unesco, il faut être plus attentif que sur un terrain vague... Mais globalement, nous avons rencontré des gens très ouverts. Il faut dire qu’on peint quelque chose qui les touche, un dieu protecteur... C’est beaucoup plus difficile en Europe, où une politique antitag a été instaurée.»

Une fois le mur trouvé, le propriétaire contacté et les autorisations octroyées, il faut encore dénicher un échafaudage, qui ne sera au final parfois qu’une simple chaise, comme en Inde.

Un moyen-métrage en cours de réalisation

En tout, comptez trois semaines de préparation pour une petite semaine de réalisation... tout au pinceau. «On n’essaye même pas de passer des bombes dans l’avion. Et dans certains pays, comme en Inde, c’est difficile d’en trouver», explique Jeremy. «Le pinceau a d’autres exigences et nécessite plus de temps que la bombe. Il a permis d’unifier nos mondes.» Leur travail attire le regard. Ici, un vieux monsieur nettoyait leurs pinceaux, ailleurs, on leur apportait le chai ou le thé à la menthe.

Après quatre fresques sur autant de continents, et de multiples rencontres et anecdotes, ils s’attellent à la production d’un moyen-métrage qui retrace leur «Urban Odyssey». «Le but est aussi de montrer que nos mythes et légendes se recoupent. La légende de Vishnu, c’est l’arche de Noé hindoue», souligne Joanne. Embellir les murs du monde, c’est aussi relier les hommes.


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