02.08.2015, 19:52

Même pas peur!

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Par sylvie balmer

Occupée à suivre la progression du nuage qu'a laissé échapper la 3e puissance mondiale, je pestais sur les apprentis sorciers vaniteux et mythomanes quand une de mes collègues, bienveillante et astrologue, me rassura d'un catégorique: «Moi je ne m'en fais pas: faut bien mourir de quelque chose!» D'ordinaire, devant le fatalisme résigné, je sors mon sac à vomi. Mais là non. Un grand sourire a éclairé mon doux visage. Alors que trois jours plus tôt, d'éminents spécialistes menaçaient encore les téléspectateurs d'un cancer dès trois décilitres de vin par jour, j'ai adhéré à cette philosophie optimiste: «Bah faut bien mourir de quelque chose!» Quelle délivrance! Bon, partons de là, évidemment, ça va être coton d'expliquer aux gamins qu'il faut traverser dans les clous et que sniffer de la coke, c'est pas bon pour la Santé. Mais la maxime a des vertus apaisantes. On murmure d'ailleurs dans les milieux crimino-historiens, que c'est ce qu'expliquait Jack l'Eventreur à ses victimes quand elles roulaient des grands yeux étonnés en découvrant leurs viscères sur leurs souliers vernis: «Bah faut bien mourir de quelque chose, ma p'tite dame!» Soit, la mort de ces malheureuses avait l'avantage d'être rapide, contrairement aux victimes du nucléaire qui cuisent lentement à feu doux, comme les agneaux qu'on sacrifie à Pâques. Quant à leur chance de voir les responsables de leurs maux condamnés, elle est plus fine encore que le papier de la cigarette que je vais de ce pas savourer, en paix, totalement déculpabilisée. C'est pas une petite volute qui va me faire peur.


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