Le débat sur la fumée passive s'annonce virulent dans le Jura

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La législation sur la fumée dans les lieux publics arrive dans le Jura. Interpellé à plusieurs reprises, le Parlement entamera le débat ces prochaines semaines. L'occasion de prendre la température dans la région.

Par DELPHINE WILLEMIN
  04.06.2009, 10:02

La question de la fumée dans les lieux publics sera bientôt sur le pupitre du Parlement jurassien. L'heure du débat vient de sonner pour sonder la population du dernier canton romand à se pencher politiquement sur la question.

En janvier dernier, le Parti socialiste jurassien (PSJ) déposait une motion sollicitant l'interdiction pure et simple de fumer dans les lieux publics. Le «modèle dur». De son côté, le Parti chrétien social indépendant demandait au Gouvernement de se pencher sur une interdiction de principe, avec des exceptions possibles, via un postulat.

«Cette problématique n'était pas une priorité dans le programme de législature du Gouvernement», indique le ministre de la Santé, Philippe Receveur. «Mais puisque le sujet est maintenant devant le Parlement, nous allons faire notre travail et nous déterminer prochainement.» Le débat sera mené juste avant ou juste après les vacances d'été, au sein du législatif. Les événements devraient s'enchaîner rapidement, puisque la loi fédérale sur la fumée passive entrera en vigueur en 2010. «Saugrenue et arbitraire, elle ne nous satisfait pas. Interdire la mise en place de fumoirs pour des établissements de plus de 80 m2 ne fait pas grand sens.» Le canton semble donc tenir à établir sa propre loi.

Pour ouvrir la discussion, le PSJ a convié hier soir le pneumologue FMH de Porrentruy Bernard Thiévent, pour un débat public à la salle Saint-Georges de Delémont. Ce dernier devait y aborder les aspects médicaux de la thématique. Sa position est sans équivoque. «Une étude de la Ligue pulmonaire suisse met en avant la grande nocivité des poussières fines dans les lieux publics fréquentés par des fumeurs. Il a par ailleurs établi qu'en Italie, le nombre d'infarctus a clairement diminué depuis qu'on n'ose plus fumer dans les lieux publics (2005). C'est un catalyseur pour stopper la consommation.» En établissant une moyenne des études déjà menées, le médecin estime que le tabagisme passif augmente de 25% le risque d'avoir un infarctus, un cancer ou autre problème pulmonaire.

Il s'agira de voir comment réagiront les tenanciers d'établissements et la population, face à une limitation qui semble politiquement inévitable. /DWI

Sondage auprès de tenanciers d'établissements francs-montagnards

Jose Assunçao, gérant de la discothèque La Trappe, à Saignelégier.
«Une interdiction de fumer ferait beaucoup de mal à la marche des affaires. Après les restrictions sur l'alcool, la mauvaise conjoncture qui décourage les gens à sortir le week-end, voilà une nouvelle atteinte. Il faudrait distinguer clairement les restaurants des bars et des discos. Je comprends que la fumée peut gêner dans les lieux où l'on mange. Mais elle fait partie de la vie nocturne.»

Eliane Fluck, patronne du motel-restaurant du Peupéquignot.
«Les politiques feraient mieux d'imposer des systèmes de ventilation dans les établissements que d'interdire aux gens de fumer. Avec des pièces bien ventilées et des gens qui se respectent aux heures des repas, il n'y a pas de problème. Bien sûr qu'on s'en ressentira économiquement, surtout en hiver. Il faut vraiment arrêter de tout interdire.»

Jean-Michel Steiger, café-librairie La Vouivre, à Saignelégier.
«Quand on est fumeur, il est plus difficile d'arrêter le tabac que de respecter la liberté des non-fumeurs. Je suis favorable à une interdiction. L'argument du tabagisme passif prime, surtout pour les gens qui travaillent dans des milieux enfumés.Les fumeurs ne devraient pas se sentir opprimés. Cela dit, l'idéal serait de pouvoir garder un coin pour les fumeurs en hiver.»

Laurence Hentzler, patronne de l'auberge de l'Ours, aux Bois.
«Mais qu'on nous laisse faire notre travail! Ce qui me dérangerait, c'est le fait d'être chez moi et de devoir aller dehors pour fumer. C'est grave de supprimer les libertés peu à peu. Chacun devrait pouvoir s'organiser comme il veut en fonction de sa clientèle. Ici, nous n'aurions pas la place de séparer le restaurant en deux endroits. Et vous imaginez l'hiver? On n'est pas à Barcelone ici.» /dwi


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