06.12.2017, 11:49

A Saint-Brais, on se bat pour la sécurité des habitants

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 06.12.2017, 11:49 A Saint-Brais, on se bat pour la sécurité des habitants

TRAFIC L'élargissement du tunnel de La Roche inquiète les autorités du village de Saint-Brais. Précisément, c'est l'affluence toujours plus forte de camions qui est redoutée. D’où l’importance de ne pas y faciliter encore davantage le transit. Explications.

«Je ne voudrais pas qu’un jour nous ayons un mort à déplorer. C’est d’ailleurs un miracle que nous n’ayons encore jamais vécu de drame humain.» Le maire de Saint-Brais, Frédy Froidevaux, est inquiet pour l’avenir de son village, «mis en péril par la traversée de camions toujours plus hauts, plus lourds, plus massifs. Rappelons-nous que les 60 tonnes sont désormais...

«Je ne voudrais pas qu’un jour nous ayons un mort à déplorer. C’est d’ailleurs un miracle que nous n’ayons encore jamais vécu de drame humain.» Le maire de Saint-Brais, Frédy Froidevaux, est inquiet pour l’avenir de son village, «mis en péril par la traversée de camions toujours plus hauts, plus lourds, plus massifs. Rappelons-nous que les 60 tonnes sont désormais autorisés en Europe! Et nous avons des enfants qui sortent de l’école et se retrouvent dans un corps à corps périlleux avec ces mastodontes du bitume.»

Le scénario est d’autant plus redouté lorsque deux géants de la route se croisent dans ce petit village situé entre Montfaucon et Glovelier. «Ils n’ont alors pas d’autre choix que de mordre les trottoirs, qui ont par ailleurs été rabaissés pour pouvoir faciliter leur passage... Si des gamins se trouvent à portée de roues... A chaque fois que ces scénarios se produisent, des adultes veillent sur les écoliers exposés, en les écartant au maximum de l’axe de circulation.»

La H18 permet aux chauffeurs venant de La Chaux-de-Fonds de rejoindre l’A16 et de se diriger notamment sur Bâle. D’où son intérêt pour les transporteurs. «Y compris dans l’autre sens, pour ceux qui veulent se rendre dans le Sud, en France, et préfèrent payer les quelques dizaines de francs de la vignette plutôt que tous les péages hexagonaux, dont le total est autrement plus coûteux.»

D’où l’importance de ne pas y faciliter encore davantage le transit, «en faisant sauter le dernier bouchon dissuasif!» Les députés Ivan Godat, du Bémont, et Vincent Hennin, de Montfaucon, évoquent ainsi le tunnel de La Roche. Etroit, en arc de voûte, difficile d’accès, il peut ainsi continuer de dissuader des chauffeurs poids lourds de passer par là, endroit où cinq à six camions restent bloqués en moyenne mensuelle.

«L’élargir tel qu’envisagé par nos responsables politiques en le rendant carré et conforme aux gabarits actuels des poids lourds, serait une mauvaise idée», commentent d’une même voix le maire de Saint-Brais, le conseiller communal Mathieu Quéloz, ainsi qu’Ivan Godat et Vincent Hennin, tous deux députés au Parlement jurassien et soutenus par dix collègues du législatif.

Le 20 décembre prochain, lors de la prochaine séance parlementaire, ce dernier duo défendra donc l’idée de faire biffer au budget 2018, les 50 000 francs pour l’étude de l’alésage, autrement dit l’élargissement de l’ouvrage.

Députés taignons unis

«Et nous savons, après sondage, qu’une majorité des députés taignons, plus précisément 12 sur 17 (réd: suppléants inclus), rejoignent cet avis», spécifie Vincent Hennin. «Et si ceux-ci réussissent à convaincre leur parti, alors ce refus pourra passer», souligne Ivan Godat.

«Ce rejet de l’étude d’alésage est capital», selon lui et ses compagnons de combat. Car, dans la planification 2020-2021, évidemment sous réserve d’approbation du Parlement, une dépense d’un million de francs est d’ores et déjà prévue pour l’alésage en lui-même. «Or, si dans deux semaines on accepte les 50000francs d’études, une fois celles-ci menées, on va nous avancer ensuite qu’il est impossible de rejeter l’alésage.»

La poignée d’hommes, en soucis pour la localité selon le futur qui sera envisagé pour le tunnel, nous a donné rendez-vous au cœur du village. Afin que nous voyions de nos yeux les dangers du trafic auxquels est exposée la population de Saint-Brais.

«Vous comprenez pourquoi dans les années 1980, on parlait activement, dans les milieux décisionnels, d’un contournement de notre localité», (lire encadré) racontent Frédy Froidevaux et Mathieu Quéloz. «Alors, la réservation des terrains au nord du village et l’étude lancée sonnaient comme une promesse aux oreilles des villageois», rappelle pour sa part Vincent Hennin. «Et finalement, pour des raisons de planification financière, on fait abstraction d’un problème sécuritaire prioritaire. Pire, on propose une solution d’alésage, tout en ignorant totalement les incidences négatives qu’elles engendreront.»

Éboulement dans le passé et point noir du trafic

A l’abri de l’épicerie remplissant également le rôle d’office postal à Saint-Brais, le maire Frédy Froidevaux, le conseiller communal Mathieu Quéloz ainsi que les députés Ivan Godat et Vincent Hennin évoquent aussi l’éboulement qu’a subi le tunnel de La Roche en 2008, «histoire que nous n’oubliions pas, en passant, de parler du danger qu’il représente en soi». Ces dernières années, ses environs étaient en sus considérés comme un point noir de la circulation routière dans le canton, du fait des divers accidents y ayant eu lieu.

«Pour la petite histoire, il y a une quinzaine d’années, le village avait refusé le contournement, craignant que ses établissements ne se vident. Les politiques se réfugient souvent derrière cet argument, pour aujourd’hui le réfuter à leur tour. Mais il est erroné d’agir de la sorte. Au fil du temps et des changements liés au trafic, les avis et les positions ont changé.»

«Faisable»

Né dans les années 1990, un premier projet de contournement, via le percement d’un tunnel sous les éoliennes jusqu’au contour du Cerneux-Benat, avait été chiffré entre 50 et 70 millions de francs. «Vu l’état des finances du canton, bien sûr il a été gelé», évoque le député taignon Vincent Hennin. «On parle de son report aux années 2050-2060. Carrément. Pourtant, en dépenses et travaux organisés en tranches, il serait faisable.» Un second projet, moins coûteux, qui passerait sous l’église, n’a jamais été, quant à lui, évalué. «Mais de toute façon, aujourd’hui, dans les travaux prioritaires de finalisation de la H18, Saint-Brais est exclu du menu et pourtant son contournement devrait être une priorité.»


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