03.08.2015, 08:58

Pas de biogaz pour le fromage

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Par STÉPHANE DEVAUX

Il n'y aura pas d'installation biogaz à proximité de la porcherie de Cortébert. Du moins pas sous l'égide de la société de fromagerie du village. Jeudi soir, lors d'une assemblée générale extraordinaire, cette dernière a décidé d'abandonner le projet. Mais Biogaz du Vallon, la société à responsabilité limitée dont la Société de fromagerie était le principal partenaire, se donne encore jusqu'à l'automne pour trouver d'autres solutions. Si rien ne se dessine, elle laissera tomber à son tour.

Gisements trop éloignés

«Nous avions réellement un problème de rentabilité», explique d'entrée Thomas Wüthrich, gérant de la Sàrl et secrétaire de la Société de fromagerie de Cortébert. La faute d'abord aux gisements de matières disponibles (8000 tonnes par an lors d'une première évaluation), trop éloignés, pour certains, du site de production de biogaz. A commencer par les lisiers des agriculteurs des Prés-de-Cortébert, qu'il aurait fallu transporter sur près de trois kilomètres, avant de les valoriser. Et de remonter l'engrais obtenu sur la même distance!

«Pour avoir un taux de rendement suffisant, il faut pouvoir faire avec des gisements si possible peu éloignés de l'installation. Histoire d'avoir le moins de frais d'exploitation possible», fait remarquer le gérant de Biogaz du Vallon.

Le but du projet, qui avait commencé de prendre forme début 2009, était de valoriser le gaz en chaleur et en électricité. La seconde aurait été vendue et réinjectée dans le réseau. La première aurait servi à la fromagerie, distante d'environ 300 mètres. «Cela aurait impliqué de tirer des conduites sur toute la longueur, soit de vapeur, soit d'eau chaude.» Pour un résultat qui, analyses faites, n'aurait peut-être pas été à la hauteur des attentes du fromager.

Chaleur insuffisante

Thomas Wüthrich poursuit l'explication: «L'idée était de pouvoir chauffer les cuves à fromage avec la chaleur excédentaire du biogaz. Or, vu la matière à disposition (réd: venant de la porcherie de Cortébert, d'exploitations agricoles proches, mais aussi de déchets verts des communes), cette chaleur n'aurait pas été suffisante pendant les deux à trois heures, le matin, que dure la fabrication du fromage.» Il s'agit quand même de chauffer plus de 4500 litres à 50 degrés!

Un autre site?

Restait enfin la question liée à l'accueil du projet par les habitants du village. Avant même le dépôt d'une quelconque demande de permis, les initiants n'ignoraient pas que les habitants les plus proches de la future installation avaient déjà fourbi leurs armes.

La société Biogaz du Vallon ne perd toutefois pas complètement espoir. Avec les deux partenaires qui lui restent, Vadec SA, société de traitement de déchets à La Chaux-de-Fonds, et sol-E Suisse, elle va plancher sur d'autres solutions permettant de valoriser les biomasses agricoles et les transformer en énergie renouvelable. Sera-ce sur un autre site que celui initialement retenu? A ce stade de la réflexion, Thomas Wüthrich - qui tient à remercier tous ceux qui ont cru au projet - n'a pas la réponse. Mais il sait que la priorité absolue, c'est de réduire les charges d'exploitation.

La rentabilité d'une telle installation est à ce prix...


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