02.08.2015, 19:52

La poésie fait son printemps

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Par YVES-ANDRÉ DONZÉ

Dès vendredi et jusqu'à dimanche, Tavannes va éclater en mots lors du troisième Printemps de la poésie, au Royal. A la clé de ce grand raout poétique, huit grandes voix d'ici et d'ailleurs, dont Narcisse, l'imprécateur-slameur. Et puis les éditeurs romands. Petit tour d'horizon.

Pourquoi, bon sang, la poésie nous fait si peur, alors que les jeunes se sont emparés avec enthousiasme des mots qui claquent dans toutes sortes de langues, du sabir anglais au verlan français, et bien davantage si affinité, si «raffinités»? Non seulement, ils ont renouvelé le langage poétique, mais aussi celui de la parole scandée, celui des voix de scène.

Le slam qu'ils appellent ça. Cette renaissance s'est faite avec la complicité de la musique, et même de l'image. Les traverses, c'est fait pour ça. C'est pour cela aussi que le troisième Printemps de la poésie au Royal a invité le slameur Narcisse et son slam-concert pour ouvrir ce festival vendredi. Ce dernier met depuis deux ans la poésie romande dans tous ses états.

«Regardez, vous voulez faire comme tout le monde, OK... Vous avez tous un Nokia, un peu d'Ikea, un écran plat et vous tenez un blog où monologuent vos homologues en églogues glauques en épisodes, et en épilogues...» Eh bien voilà: Narcisse slamera dru. Une sorte de fission nucléaire du mot d'où détale une poésie létale. Car elle contamine tout, le cerveau, les sentiments qui parfois, cèdent au mélo.

Est-ce parce que, comme l'exprime Danièle Brügger dans la présentation du festival, «la poésie reste l'art le plus sacré, comme une incantation à l'homme, à sa nature, à une Musique intérieure libre de toute religion, où on ose sa nudité», qu'on en a peur?

C'est que la nudité vibre au ras des touffeurs vibratiles chez le poète-patriarche Alexandre Voisard. José-Flore Tappy, elle, capte la poésie «sous la lave des rêves». Le Français Jacques Moulin esquisse des «compositions de phares sur écueils de seins», Alberto Nessi s'enivre de «la pulpe violette du matin» tandis que Francine Clavien rameute ses mots de garde de Berlin, où elle murmure: «Je me blottis dans tes bras de grand bouquet».

Et que dire des senteurs du Zurichois Markus Hediger: «Adossée à son sureau, la grange où ça sent bon... ça sent le foin, ça sent la poussière, et ça sent les pleurs des planches.» Le Français Joël Bastard, quant à lui, file avec un «sentiment de lièvre». «Sous l'angle de sa lumière», c'est toute la poésie qui s'éclaire. Tous ces gens de plume liront ou se feront lire leurs textes en toute convivialité.

Alors, même pas peur de cette poésie. Quand même un peu, de voir tant de femmes et d'hommes se mettre à écrire des choses qu'on comprend par le cœur quand la tête dit non; un peu peur quand même de voir les éditeurs dégager leur maigre pitance à même notre incompréhension du sujet. Le Royal nous les présentera en leur organisant un salon.

Enfin, pour assurer une théâtralité à ces édifices de la littérature, la comédienne parisienne Dominique Michel et le violoncelliste jurassien Jacques Bouduban feront vibrer la salle sans sanglots longs, sans l'automne, mais comme une musique de printemps. /YAD

 

Printemps de la poésie, Le Royal, Tavannes. Narcisse, vendredi (20h); salon des éditeurs, samedi (17h); poètes en scène, samedi (20h); jeunes poètes, dimanche (10h); poètes en scène, dimanche (14h)


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