03.08.2015, 08:58

La gestion opaque de Celtor

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Par YVES-ANDRÉ DONZÉ

La semonce a été tirée la semaine dernière lors de la Conférence des maires du Jura bernois. André Mercerat, maire de Champoz, a évoqué dans les divers un malaise grandissant chez les délégués communaux de Celtor, entreprise de gestion des déchets de la vallée de Tavannes, avec son conseil d'administration. André Mercerat parle carrément de «gestion opaque».

«Que font-ils du fric?»

En cause, les augmentations de taxes. D'abord de la taxe au sac qui est grimpée de 1fr.20 à 1fr.80. Ensuite, celle de l'élimination des déchets facturée aux communes, qui va augmenter de 30 francs par habitant. «Nous avons toujours le citoyen derrière nous pour nous dire qu'il paraît que Celtor a des ronds. Ils ne comprennent pas cette augmentation», s'indigne André Mercerat. «D'autre part, on nous annonce un déficit sur les déchets d'un million, alors qu'il n'y a même pas de comptabilité analytique. Que font-ils du fric?», s'interroge-t-il.

Ce qu'il a en Travers de la gorge, le maire de Champoz, c'est qu'on dit aux délégués communaux que la gestion n'est pas de la compétence de l'assemblée générale mais du conseil d'administration (CA). Les 34 délégués n'auraient donc rien à dire. D'autant que trois membres du CA sur sept ne siègent plus dans un exécutif, dont le nouveau président Francis Kempf, de Tramelan.

Ce dernier assure qu'une comptabilité analytique sera en vigueur dès 2012. Mais les comptes sont visibles. A sa décharge, le président rappelle d'abord que l'exploitation de Celtor est tributaire d'une permission cantonale reconduite tous les cinq ans. «S'il y avait un dysfonctionnement, le canton nous retirerait son autorisation», argumente-t-il en suggérant de réviser le moyen de communication. Il rappelle que Celtor travaille sur trois domaines d'activités: le service public (déchets urbains) qui concerne les communes et qui doit s'autogérer, et puis les trois domaines annexes, de traitement-revalorisation de déchets, de production d'énergie, ainsi que de logistique et mouvements de déchets.

Des domaines rentables...

«Le nœud du problème, c'est que nous avons dû séparer la gestion du service public de celui des autres activités par rapport à la loi du service public qui se base sur le principe que chaque commune paie pour les déchets qu'elle produit», ajoute Francis Kempf. Résultat: les communes paient pour un domaine d'activité éminemment non rentable et qui accuse un déficit d'exploitation de 1,621 million de francs après amortissement. Alors que les autres domaines sont rentables.

Ceci devrait expliquer la taxe au sac qui n'a pas été augmentée depuis 17 ans. (Delémont est à 2fr.15). Pour ce qui est de la taxe d'élimination du compte des déchets, l'assemblée générale avait, en 2005, décidé un rabais de deux fois 15 francs par habitant pour diminuer la charge des communes jusqu'en 2010, et qui a été prolongé d'une année. Ce qui représente la perte de 1,5 million par année. Donc, dès 2012, les communes devront refacturer ces 30 francs supplémentaires aux citoyens, soit rétablir cette taxe au taux de 2005. La taxe verte augmentera également de 20 francs /tonne (80 francs).

Cela n'est pas du tout du goût d'André Mercerat. Ce dernier propose de recentrer l'entreprise sur les déchets urbains, de réviser les statuts, et de changer le conseil d'administration. «Il en a le droit», rétorque Francis Kempf. «En 2010, l'assemblée générale a reconduit le CA pour trois ans hors statuts. Ils ont aussi le droit de mettre l'entreprise en faillite en gardant uniquement ce qui n'est pas rentable. Aujourd'hui, il faut effectivement réfléchir à ce que sera Celtor à terme. La société est saine et emploie une dizaine de personnes», conclut-il.


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