14.02.2019, 10:01

Université de Neuchâtel: des hydrogéologues quadruplent le débit d’eau d’un camp de réfugiés en Ouganda

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Des réfugiés font la queue afin d'obtenir de l'eau dans le camp de Bidibidi, en juin 2017.

Or bleu Une méthodologie mise au point par le Centre d’hydrogéologie et de géothermie de l’Université de Neuchâtel a permis de multiplier par quatre la quantité d’eau disponible de l’un des plus grands camps de réfugiés au monde.

«Le progrès est considérable.» Des chercheurs de l’Université de Neuchâtel sont parvenus à quadrupler le débit d’eau du camp de réfugiés de Bidi Bidi, dans le nord de l’Ouganda. Quelque 200’000 personnes y vivent, fuyant la guerre civile du Sud-Soudan.

Ceci grâce à une nouvelle méthodologie, mise au point par le Centre d’hydrogéologie et de géothermie (CHYN), qui permet de déterminer par cartographie les meilleurs emplacements pour le forage de puits d’eau, indique un communiqué diffusé ce jeudi.

Dénommé «Rapid groundwater potential mapping» (RGWPM), le procédé consiste à combiner des données libres d’accès provenant de cartes géologiques, d’images satellitaires, de la morphologie du terrain et du climat.

Des puits mal placés

En une semaine, il a été possible de réaliser une carte répertoriant les meilleurs emplacements de puits pour maximiser le débit d’eau à Bidi Bidi. Résultat: le débit est passé de 4,5 m3/h en 2017 à 19 m3/h aujourd’hui. Les 19 puits localisés grâce au procédé neuchâtelois produisent autant d’eau que 77 puits forés précédemment dans la même zone.

«En 2017, de nombreux forages produisaient à peine 0,5 m3/h. C’est à peu près ce qu’on obtient en pompant à la main, donc rien du tout en termes d’accès à l’eau», explique Ellen Milnes, hydrogéologue.

En cause, le mauvais emplacement des puits qui étaient la plupart du temps creusés aux abords des routes desservant le camp. Afin de déterminer les lieux les plus propices à puiser la précieuse ressource, Ellen Milnes et Cyrille Scherrer, un autre hydrogéologue du CHYN qui a passé quatre mois sur le terrain, ont développé ce procédé inédit de cartographie rapide du potentiel en eau souterraine.

Transfert de connaissances

Cette première réussite a suscité l’intérêt du gouvernement ougandais et a donné lieu à un atelier en novembre 2018 à Entebbe, au bord du lac Victoria. Son but: transférer les connaissances acquises aux spécialistes locaux en eau.

Le projet de l’Université de Neuchâtel s’étend sur trois ans dans cette région d’Afrique, sous les auspices du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et avec le soutien financier de la Direction du développement et de la coopération helvétique.


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