Si la taxe au sac incite au tri, la qualité de celui-ci laisse à désirer

chargement

Déchets Depuis qu'ils paient leurs sacs poubelle au prix fort, les Neuchâtelois se sont mis au tri systématique. L'objectif a été dépassé. Mais la qualité de ce tri pourrait encore être grandement améliorée.

Par Patrick Di Lenardo
  14.01.2013, 08:12
Les sacs taxés font désormais partie du paysage pour tous les Neuchâtelois

 

Depuis une année, les Neuchâtelois jettent leurs ordures ménagères dans des sacs payants. Comme s’ils avaient toujours fait ainsi. «L’introduction de la taxe au sac peut être considérée comme un succès. Il faut croire que les Neuchâtelois étaient mûrs pour ce passage», relève Yves Lehmann, chef du Service de l’énergie et de l’environnement (SENE).
 
L’objectif d’améliorer le tri des déchets de 30% a été largement atteint. Carrément dépassé, selon les chiffres de Vadec, le réseau de valorisation des déchets pour l’Arc jurassien. Désormais, le canton de Neuchâtel a rejoint la moyenne suisse, lui qui était encore en queue de peloton avant l’introduction du principe du pollueur-payeur début 2012.
 
Plus de tri qu’auparavant
 
Malgré la mauvaise humeur des débuts, la population s’est rapidement pliée au tri systématique, dont l’amélioration a des volumes été «spectaculaire» pour certaines matières recyclables qui auparavant finissaient systématiquement dans les sacs poubelle. Comme le papier. «Certains mois, les déchetteries ont vu les volumes de papier doubler», souligne le chef du SENE. Il est en allé presque de même pour le PET, le verre ou encore les déchets biodégradables, ceci aussi grâce à la mise en œuvre de systèmes de récupération adaptés. 
 
Un souci était survenu avec les plastiques au printemps. Après avoir interdit ces plastiques de déchetteries – décision qui avait provoqué une levée de boucliers – le canton était revenu en arrière, laissant les communes en décider librement. «A ce sujet, nous devons encore renforcer les pistes de valorisation des plastiques, notamment par l’amélioration du tri à la source. Des filières se mettent en place pour assurer un recyclage correct d’une partie de ces plastiques, le reste étant un bon combustible». 
 
Améliorer la qualité du tri
 
Petit bémol toutefois  dans cette introduction réussie: «La qualité du tri en général pourrait être améliorée». Contraints de trier, les Neuchâtelois n’y vont en effet pas toujours de bonne grâce et jettent à la déchetterie un peu n’importe comment. «C’est dommage, car la valorisation ultérieure des déchets est moins performante. Or, des matières bien triées sont vendues plus cher aux recycleurs, ce qui ferait diminuer les coûts de traitement au profit de tous les citoyens», explique Yves Lehmann qui estime qu’une meilleure information et sensibilisation doivent encore être faites pour améliorer les choses. 
 
Et la diminution des coûts?
 
Diminuer les coûts. Justement, c’était un des autres objectifs de la taxe au sac. Au final, certains citoyens pourraient peut-être s’y retrouver à l’avenir. La commission cantonale de gestion des déchets l’évoquera ces prochains jours, en examinant les coûts globaux de 2012 et la redistribution aux localités du produit de la vente des taxes.
 
Car la loi est claire: dans les communes, le traitement des déchets ne doit pas rapporter de profits. Ce traitement est financé par trois sources: les sacs taxés, l’impôt jusqu’à 30% du coût total et une taxe de base, différente dans chaque commune (v- encadré). 
 
Un ajustement de cette taxe pourrait alors intervenir dans certaines communes. Vers le haut comme vers le bas. «Il faudra déterminer la manière de répercuter les différences de coût sur le citoyen de la manière la plus lisse possible, pour éviter un effet de yoyo de la taxe de base chaque année. Cela fera l’objet de discussions au sein de la commission», explique Yves Lehmann qui relève que sur une année, l’expérience est trop courte pour trouver d’entrée la bonne manière de faire.
 
Cette taxe au sac à la neuchâteloise serait-elle à ce point parfaite? Yves Lehmann ne nie toutefois pas que, localement, il y a encore des soucis de logistique à régler, notamment au niveau du ramassage ou surtout de la gestion des éco-points non-surveillés. Quant aux éventuelles tricheries ou décharges sauvages, elles n’ont été que peu constatées. 
 
Et si durant les premiers mois, les sacs gris-mauve ont connu quelques soucis de solidité, le problème a été réglé avec le fournisseur. Et il font désormais partie du paysage. Pour un moment sans doute. Le canton s’est donné cinq ans pour valider définitivement le système. 

 

Neuchâtelois pas égaux devant la taxe de base

 
Egaux devant les déchets? Les Neuchâtelois ne le sont pas. Avec l’introduction de la taxe au sac, chaque commune a eu liberté de fixer une taxe de base (souvent déjà existante) qui s’ajoute à l’impôt pour couvrir les frais de traitement des déchets. 
 
 
Chaque localité y est allé de sa propre méthode de calcul. Certaines communes taxent par personne (avec des pondérations par ménages) ou par unité de ménage ou encore par ménage complet. Et les différences sont nombreuses. Du simple au double, parfois. 
 
Rochefort semble être la commune la plus avantageuse avec une taxe à 40fr. par personne. Bevaix et Peseux suivent avec  50 francs. Cortaillod a mis la barre à 59 francs. Saint-Aubin-Sauges et Les Verrières sont à 60 fr. par personne. Cornaux est à 72 fr., Hauterive à 75 fr., Le Landeron à 78 francs. Cressier, Fresens et Montalchez taxent 80 fr. par personne. Vaumarcus, Enges ou Saint-Blaise culkinent à 90 francs. Des taxes qui sont pondérables en fonction du nombre de personne en ménage. D’autres communes ont choisi de taxer par logement, comme La Tène (109 fr.), Neuchâtel (104 fr.) ou Corcelles-Cormondrèche (126 fr.).
 
Ces différences sont à mettre en relation avec celles intrinsèques aux localités du canton, qui ne disposent pas des mêmes infrastructures, n’ont pas la même étendue. «Ramasser une tonne d’ordures en ville ne coûte pas la même chose qu’en montagne .  Il y a des différences qu’on ne pourra jamais effacer», explique Yves Lehmann. D’ici quelques temps, ces taxes vont sans doute devront être adaptées, lorsque Vadec va rétrocéder aux communes le premier produit de la taxe au sac. Certaines localités ont pris les devants pour 2013. C’est le cas par exemple des trois communes de la nouvelle Milvignes (Auvernier, Bôle, Colombier) qui ont harmonisé leurs tarifs à 48 francs. Quant à Gorgier-Chez-le-Bart, elle fait passer la sienne de 66 à 76 francs. /PDL

Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

Résumé de la semaine

Ne ratez plus rien de l'actu locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque samedi toutes les infos essentielles de la semaine !

Recevez chaque samedi les infos essentielles de la semaine !

À lire aussi...

DiplomatieNeuchâtel a reçu les représentants du BeneluxNeuchâtel a reçu les représentants du Benelux

Hommage«Meilleurs souvenirs à toute la famille»: le dessinateur d’«ArcInfo» Vincent L’Epée raconte sa correspondance avec Jean-Paul Belmondo«Meilleurs souvenirs à toute la famille»: le dessinateur d’«ArcInfo» Vincent L’Epée raconte sa correspondance avec Jean-Paul Belmondo

DébatJustifiable, l’extension du certificat Covid? Les avis sont nuancésJustifiable, l’extension du certificat Covid? Les avis sont nuancés

CoronavirusLa foule pour se faire vacciner à la gare de NeuchâtelLa foule pour se faire vacciner à la gare de Neuchâtel

TechnologieCanton de Neuchâtel: souriez, vous êtes filmés par deux voitures «Apple Maps»Canton de Neuchâtel: souriez, vous êtes filmés par deux voitures «Apple Maps»

Top