Proposer des solutions pour produire de l'or sans mercure

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  05.06.2009, 09:23

Il est partout. Il fait le bijou que l'on porte. Il façonne les visages de nos garde-temps. Lingots, pépites, poussières. C'est toujours le même instinct, la même frénésie qui anime celles et ceux qui partent à sa recherche. Mineurs vagabonds, orpailleurs artisanaux, ils sont entre 10 et 15 millions qui s'attellent aujourd'hui à extraire ce métal précieux dans une soixantaine de pays. Leur production oscille chaque année entre 600 et 800 tonnes. Mais que vaut la condition humaine dans cette course à la richesse qui n'a que peu d'élus? Par-delà nos parures et ces chiffres, il y a des hommes, des femmes, des enfants. Des quotidiens aussi. Ils sont faits de plaisirs minuscules - jumeaux des quelques grammes de paillettes agglutinées au fond de la bâtée - d'effets insidieux et lents comme ceux produits par le mercure.

Ce métal est largement répandu dans les pratiques d'orpaillage. A son contact, les paillettes d'or s'agglutinent. Les sédiments indésirables sont rejetés dans les rivières. L'amalgame est chauffé. Par combustion, le Mercure s'évapore. Place à notre précieux métal. Son usage est simple. Il est d'un prix abordable (1 kg de mercure coûte 1 g d'or) et facile à obtenir. L'Unido souligne que sur les 3200 tonnes de mercure utilisées par an, 1000 sont consommées et perdues dans la nature par les orpailleurs. Ces pratiques ont des effets considérables sur la qualité des rivières et des fleuves. Une eau utilisée pour arroser les potagers, se laver, boire, pêcher, préparer les aliments. En outre, sa combustion produit des vapeurs invisibles, impalpables mais dangereuses. Respirées par les orpailleurs et leurs familles, elles provoquent des troubles neurologiques. De tels diagnostics sont légion au sein de ces communautés.

Face à un tel constat, l'Unido et l'Unep se sont engagées à réduire 50% des émissions de mercure des artisans orpailleurs d'ici 2017. Son action est largement relayée par les gouvernements, les ONG locales et internationales. Parmi elle, l'association suisse Transparence design a décidé de s'associer avec la Haute Ecole Arc ingénierie (Unité Edana) et l'Institut d'ethnologie de l'Université de Neuchâtel pour proposer des «solutions» techniques qui permettent de produire de l'or sans mercure. Certaines existent déjà. Elles n'ont toutefois qu'un faible écho auprès des chercheurs d'or. Nous savons aujourd'hui que les formes d'adoption des innovations dépendent de la capacité des ingénieurs à intégrer les manières de penser et d'agir des futurs utilisateurs. Et cela, au plus tôt, dès la phase initiale du processus de conception. C'est la raison pour laquelle quatre jeunes chercheurs participent au projet en Guinée, au Pérou et en Colombie. Les résultats de leurs enquêtes seront autant de jalons utiles aux étudiants de la HE-Arc pour la conception des techniques futures.

En couplant nos compétences d'ethnologue et d'ingénieur-designer, dans le cadre d'un tel programme, nous nous inscrivons explicitement dans un processus d'amélioration des conditions de travail et de vie de ces communautés. Nous confirmons aussi notre volonté d'un rapprochement institutionnel au plus proche des «préoccupations» citoyennes.

philippe.geslin@he-arc.ch

Partenaire: www.transparencedesign.ch

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