Pour savoir si les tiques se multiplieront, regardez les hêtres

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Nature Une étude de l’Université de Neuchâtel met en lien la production de graines des hêtres et le nombre de tiques porteuses de la borréliose de Lyme.

 12.04.2021, 11:44
Les tiques adorent les sous-bois et les hautes herbes, d'où elles peuvent s'accrocher à nos mollets.

«Chaque année, en Suisse et ailleurs en Europe, les experts en santé publique se demandent si cette année sera une mauvaise année pour les tiques. Nous avons maintenant une réponse.» 

Cindy Bregnard et ses collègues du Laboratoire d’écologie et d’épidémiologie parasitaire de l’Université de Neuchâtel ont étudié durant 15 ans les populations de tiques sur la montagne de Chaumont. Et ils ont mis en évidence un facteur déterminant: «Il y aura beaucoup de tiques si les hêtres ont produit beaucoup de graines deux ans auparavant.»

Ce résultat vient d’être publié dans la revue scientifique «Parasites and Vectors», annonce ce lundi l’université. Pour celle-ci, «le lien entre les hêtres et la maladie de Lyme constitue une étape importante pour la recherche».

Quinze ans de prélèvements

Entre janvier 2004 et décembre 2018, les collaborateurs de l’université, en particulier le technicien Olivier Rais, sont allés rechercher les tiques sur quatre sites de la montagne de Chaumont, à différentes altitudes. Tous les mois, ils ont passé un drapeau blanc sur la végétation basse pour y prélever tiques adultes et nymphes. En tout, 41 972 tiques (dont 32 823 nymphes) ont été ainsi récoltées.

Les scientifiques ont alors cherché les acariens porteurs de la bactérie responsable de la maladie de Lyme. En moyenne, environ 15% de ceux-ci en étaient porteurs.

Graines, rongeurs, puis tiques

En croisant leurs données avec d’autres, les universitaires ont donc pu identifier une «sinistre chaîne vertueuse» qui relie le hêtre à la tique. «Cela s’explique assez logiquement. Si le nombre de graines au cours d’une saison augmente, alors l’abondance des rongeurs qui sont les principaux hôtes des tiques croît également au cours de l’année suivante», peut-on ainsi lire dans le communiqué de l’université.

Un même phénomène s’active l’année suivante où, là, ce sont les tiques qui augmentent en raison du grand nombre de rongeurs. Le résultat de l’étude «peut avoir une portée prédictive», insistent ses auteurs.

Lesquels supposent également que l’augmentation du nombre d’acariens, deux ans après la forte production de graine du hêtre, implique également une augmentation des chances de contracter d’autres maladies véhiculées par ces petits animaux, comme l’encéphalite à tiques.

«Il s’agit de la première étude en Europe à démontrer que la production de graines par des arbres à feuilles caduques influence la densité des nymphes infectées par B. burgdorferi (réd: la bactérie responsable de la maladie) et donc le risque de borréliose de Lyme», conclut Cindy Bregnard, coauteure de l’article avec Maarten Voordouw (aujourd’hui professeur assistant au Canada) et Olivier Rais. 


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