26.03.2019, 12:16

Avec le tournant énergétique, les nouvelles technologies s'invitent dans les écoles

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Les nouveaux métiers de l'énergie offrent des perspectives d'avenir intéressantes pour tous.

Formation Avec le tournant énergétique, les formations se sont étoffées pour répondre aux demandes du marché. Exemples dans le canton de Neuchâtel.

A l’image du Laboratoire photovoltaïque (PV-Lab) de l’Institut de microtechnique de Neuchâtel lancé en 1984, les nouvelles technologies ont commencé à intégrer le domaine de la formation et le monde académique au siècle dernier déjà.

Depuis, de nouvelles formations sont régulièrement proposées dans les écoles, comme l’orientation en technologies énergétiques du Master of science HES-SO en ingénierie. Grâce à ce type de cursus, les futurs professionnels acquièrent les bases pour développer, concevoir et exploiter des systèmes innovants répondant aux questions actuelles.

Proche de chez nous, l’Institut d’hydrogéologie et de géothermie de l’Université de Neuchâtel propose des formations uniques en Europe sur les ressources en eau et l’énergie du milieu souterrain. Quant au PV-Lab, aujourd’hui rattaché à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, il a lui aussi élargi son champ d’activité, allant de la recherche fondamentale au transfert de technologie industrielle. L’essor des activités de la structure neuchâteloise a par ailleurs mené à la fondation du Centre photovoltaïque du CSEM en 2013.

Nouveaux métiers

Dans les faits, c’est tout l’éventail des formations qui a reçu une impulsion positive par le tournant énergétique. Les certificats fédéraux de capacité et autres brevets fédéraux ont aussi connu une évolution, amenant à l’apparition de nombreux titres comme ceux de chef de projet en montage solaire ou conseiller en énergie et en efficacité énergétique.

«Nous avons des contacts réguliers avec les associations professionnelles, qui analysent l’évolution des besoins sur le terrain», indique André Oribasi, chef du département Environnement construit et géoinformation de la Haute-Ecole d’ingénierie et de gestion (HEIG-VD) à Yverdon.

Formations durables

L’environnement est devenu une préoccupation majeure. Les besoins en spécialistes des installations énergétiques, mais aussi dans la production, le transport ou encore l’efficience des ressources énergétiques sont également de plus en plus marqués. Ce qui crée de nouvelles opportunités, tant pour les jeunes en formation que pour les professionnels en place.

Les Hautes Ecoles spécialisées des cantons de Vaud et du Valais, qui font partie de la HES de Suisse occidentale, l’ont bien compris avec des diplômes orientés en énergétique du bâtiment, énergies renouvelables, smart grid, thermique industrielle, ou encore thermotronique.
Du côté de la HEIG-VD, un pôle de compétences Energies a été créé pour faciliter les collaborations, projets et initiatives liés au domaine. «Ces activités concernent tant la recherche appliquée et le développement que l’enseignement et la formation continue,» précise Guido Frosio, professeur PhD et chef du département Technologies industrielles.

La création de ces filières a aussi permis à la haute école du bout du lac de Neuchâtel de travailler avec des entreprises, collaborer avec le Fonds national de la recherche scientifique ou encore d’obtenir des mandats européens. Le chiffre d’affaires annuel d’environ 18 millions de francs est ainsi porteur pour la structure et se répercute de manière positive sur les formations dispensées.

Marché demandeur

La gamme des formations continues s’est elle aussi élargie. De nombreuses formations certifiantes ont ainsi vu le jour dans le domaine de l’énergie, débouchant sur l’obtention de maîtrises d’études avancées (MAS), de diplômes de formation continue (DAS) ou encore de certificats de formation continue (CAS). «L’offre est dynamique et les programmes se sont étoffés», résume André Oribasi.

Et les employeurs en redemandent.

Viteos s’adapte aussi aux métiers de demain
Pour assurer la continuité de son développement, Viteos offre des places d’apprentissage et de stages ou encourage à la formation continue. Actuellement, l’entreprise multiénergie compte près de 350 collaboratrices et collaborateurs et forme une vingtaine d’apprenti(e)s dans 6 métiers ouverts aux jeunes femmes et aux jeunes hommes.

Laborantin(e) en chimie: Durant 3 ans, les jeunes apprennent à prélever, analyser, synthétiser, isoler ou purifier diverses substances dans un laboratoire.

Géomaticien(ne): Ce cursus de 4 ans forme à la saisie et au traitement des données qui permettent de tenir à jour les registres fonciers et cadastraux.

Logisticien(ne): La formation à ce métier, qui consiste à planifier, organiser et réaliser des tâches de distribution, de stockage ou de transport, dure 3 ans.

Installateur(trice)-électricien(ne): Durant 4 ans, l’apprenti apprend à mettre en place et entretenir des réseaux électriques et de communication à l’intérieur des logements, des bâtiments industriels, administratifs ou commerciaux.

Électricien(ne) de réseau: Les apprentis sont formés durant 3 ans à l’installation, l’exploitation et l’entretien des installations de transport de l’énergie électrique.

Employé(e) de commerce: Longue de 3 ans, cette formation varie selon la nature du poste: correspondance commerciale, facturation, marketing, accueil des clients ou encore gestion d’un secrétariat.

 Le témoignage de… 

  • Rafael Desponds, ingénieur conseil en efficience énergétique, Viteos.

Il y a trois ans, Rafael Desponds réalisait une formation continue pour obtenir un CAS (Certificate of advanced studies) en efficience énergétique industrielle à la HEIA-Fribourg. «Elle m’a beaucoup apporté, à commencer par la consolidation de mes connaissances. Il y a des retombées concrètes. Par exemple, j’ai appris à vulgariser des schémas techniques pour nos clients.»

Ingénieur HES en génie électrique, Rafael Desponds travaille au Service de Productions et solutions énergétiques de Viteos. Il réalise, entre autres, des audits énergétiques, des certifications ou des mesures de consommation (eau ou électricité) pour bâtiments locatifs, administratifs ou industriels. «La formation du CAS fournit une vue générale des étapes qui permettent de mettre un programme d’efficience énergétique en pratique», expose-t-il. C’est-à-dire répertorier les données de consommation pour analyser comment l’énergie est consommée selon l’activité économique du client, puis analyser où des économies et optimisations sont possibles.

Entreprendre une formation continue pour améliorer ses compétences dans ce domaine paraissait tout naturel pour lui qui avait commencé son parcours professionnel en enchaînant deux CFC (mécanicien électricien et mécanicien automobile) avant d’accomplir des études HES en emploi.


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