29.05.2019, 14:26

Parité du parlement neuchâtelois refusée

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Le texte devait être accepté, si les députés du POP ne s'y étaient pas opposés.

Grand Conseil Les députés neuchâtelois ont refusé par 52 oui et 55 non un projet de loi qui imposait une parité exacte hommes femmes pour les trois prochaines élections du Grand Conseil dès 2021. L’opposition du POP a fait pencher la balance.

Le gouvernement était aussi opposé au projet. «Bien que le Conseil d’Etat soit sensible à une représentation équitable des sexes au Grand Conseil, il estime contradictoire d’introduire un nouveau cloisonnement du parlement, alors que le vote populaire sur la création d’une circonscription unique est tout récent», a déclaré Alain Ribaux (PLR). «Il faut laisser au peuple le temps de digérer cette importante mutation politique», a-t-il ajouté.

Vu la courte majorité rose-verte au parlement, le texte devait être accepté, si les députés du POP ne s’y étaient pas opposés. Pour le popiste Daniel Ziegler, le projet socialiste réduisait «de manière inacceptable la liberté des électeurs».

Selon lui, on pourrait alors aussi proposer d’élire le Grand Conseil, selon d’autres discriminations, comme par exemple le niveau de salaire ou l’âge puisque la population va bientôt compter une moitié de seniors.

Anticonstitutionnel?

Les racines du problème de représentation féminine sont «avant tout sociétales», avec une répartition des tâches largement inégales, a rappelé Daniel Ziegler. Le POP préférait un quota de listes, soit au moins 30% d’hommes ou de femmes en 2021, de 35% en 2025 et de 40% en 2029.

Le projet de loi faisait suite à l’acceptation d’un postulat socialiste demandant une meilleure représentation des femmes au Grand Conseil. Il voulait que le législatif cantonal soit composé de 50 femmes et de 50 hommes. Cette exigence devait s’appliquer de manière temporaire, soit pour les élections de 2021, 2025 et 2029, afin de lancer une dynamique positive.

«Nous devons être des pionnières et le canton doit continuer de l’être aussi, lui qui a vu la première femme élue dans un parlement cantonal, avec Raymonde Schweitzer», a plaidé en vain la Verte Céline Vara. «Tout ce qui a été fait – ou n’a pas été fait – n’a pas permis d’atteindre une parité», a-t-elle rappelé.

Pour la PLR Béatrice Haeny, le projet de loi présentait un risque d’annulation par le Tribunal fédéral parce qu’il risquait d’être contraire à la Constitution fédérale. La Haute Cour estime en effet qu’un quota viole la liberté de l’électeur de pouvoir être élu et élire tout un chacun.

Si la députée avoue être consciente que le nombre de femmes élues progresse peu, «elle aspire à être élue pour ses compétences». Béatrice Haeny est donc plutôt favorable à un quota de femmes sur les listes des partis.

Verts fâchés

Si la modification constitutionnelle avait été acceptée, le canton de Neuchâtel aurait été le premier en Suisse à imposer des quotas pour promouvoir les femmes en politique. Le peuple aurait toutefois eu le dernier mot.

Les Verts sont fâchés du vote de leur allié politique avec lequel ils partagent un groupe au Grand Conseil. Certains veulent rompre l’apparentement en vue des élections fédérales. «On va se réunir ce soir pour en discuter. Je pense que cette décision va laisser des traces et pourrait compromettre une alliance, mais plutôt à moyen terme», a déclaré à Keystone-ATS Patrick Herrmann, président cantonal.

ATS

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