Les eaux suisses sont en danger, alertent l’Université de Neuchâtel et l’Office fédéral de l’environnement

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Environnement L’Université de Neuchâtel et d’autres institutions ont participé à une étude de l’Office fédéral de l’environnement sur l’avenir de l’eau en Suisse. Et les résultats sont préoccupants.

 17.03.2021, 12:33
Les épisodes de Doubs à sec pourraient être plus nombreux à l'avenir. Selon l'étude, les cours d'eau du pays pourraient voir leur débit baisser de 40% en été.

Pénurie d’eau en été, hausse des dangers naturels ou biodiversité menacée: tels pourraient être les effets du changement climatique sur les ressources hydriques. L’Office fédéral de l’environnement (Ofev) veut des mesures supplémentaires pour freiner le réchauffement.

Le «château d’eau de l’Europe» verra ses ressources hydriques affectées par les changements climatiques, selon les résultats du projet de recherche Hydro-CH2018, chapeauté par l’Ofev et mené notamment par le Centre d’hydrogéologie et de géothermie l’Université de Neuchâtel (Chyn). Le bilan hydrique se modifie «profondément» et les changements climatiques entraîneront une modification de la gestion de l’eau en Suisse.

«Les modifications seront bien plus importantes que ce que les hypothèses laissent supposer jusqu’à présent», constate l’Ofev dans un son communiqué mardi. Des possibilités d’adaptations existent et correspondent à la stratégie adoptée par la Confédération en 2012. En plus de ces adaptations, il est toutefois «essentiel» que la Suisse prenne d’autres mesures afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et, ainsi, freiner le réchauffement.

Débits modifiés

Sans mesures de protection du climat, les débits des rivières seront à la fin du siècle, en moyenne 30% plus élevés en hiver et 40% plus bas en été. Les températures des cours d’eau augmenteront d’environ 5,5 °C, indique l’OFEV. Avec des mesures telles que celles prévues par la loi révisée sur le CO2, «les changements climatiques seront certes plus modérés, mais auront néanmoins des répercussions prononcées», poursuit l’office.

Selon un scénario, les changements climatiques mèneront vers une diminution de l’eau de fonte, et in fine, une modification du régime hydrique. La limite des chutes de neige s’élèvera et les précipitations hivernales tomberont plutôt sous forme de pluie. Les étés deviendront plus chauds et les glaciers continueront de diminuer. Cette baisse de quantité de neige et de glace entraînera la diminution des réserves d’eau pour l’été.

Ces changements toucheront les centrales hydroélectriques. La diminution de débits d’eau en été entraînera une baisse de leur production. L’énergie solaire pourra alors constituer une source alternative d’électricité.

Pénuries estivales

Mais les centrales hydroélectriques et les fournisseurs d’électricité ne seront pas les seules à devoir s’adapter à la modification du régime hydrique. Les secteurs de l’agriculture, de la navigation et de l’industrie seront également affectés.

Des pénuries estivales d’eau seront possibles. Les étés deviendront plus secs. Les scénarios hydrologiques montrent que le manque d’eau en été se fait essentiellement sentir dans l’agriculture, relève le communiqué. Les régions d’agriculture intensive, en particulier, pourraient connaître des pénuries en été durant la période de croissance de la végétation.

Si l’on ne fait rien, les besoins pour l’irrigation vont dépasser ceux pour l’eau potable d’ici la fin du siècle.
Daniel Hunkeler, professeur au Centre d’hydrogéologie et de géothermie l’Université de Neuchâtel

Spécialistes des eaux souterraines, les scientifiques de l’Université de Neuchâtel se sont notamment penchés sur cet aspect des recherches. «Sur la base de nos études menées dans le Seeland apparaît une nécessité de mieux gérer la demande en eaux pour l’agriculture», indique Daniel Hunkeler, professeur au Chyn. «Si l’on ne fait rien, les besoins pour l’irrigation vont dépasser ceux pour l’eau potable d’ici la fin du siècle.»

La biodiversité menacée

La biodiversité souffrira du réchauffement des eaux. La hausse de la température de l’eau et la fréquence accrue de l’assèchement des petits cours d’eau mettront en difficulté les organismes vivant dans les eaux et aux abords de celles-ci.

Les poissons, comme la truite de rivière, préfèrent les eaux froides. Elles devront pouvoir se déplacer dans des eaux plus fraîches. Le brassage des lacs se fera plus rarement en entier, et ces derniers manqueront d’oxygène.

Plus les eaux sont proches de leur état naturel, mieux elles peuvent s’adapter au réchauffement climatique et servir d’habitat à la faune et à la flore. Il est donc primordial de les protéger de la pollution et d’une utilisation excessive, et de promouvoir un aménagement respectueux des eaux, relève le communiqué.

Les travaux de recherche révèlent aussi une augmentation des dangers naturels, comme les inondations et les glissements. Le dégel du pergélisol en montagne et la fonte des glaciers affaiblissent la stabilité des pentes et les constructions à haute altitude.

ATS

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