Le pruneau de Chézard, centenaire méconnu

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Terroir Le pruneau de Chézard est endémique. Pourtant, son aura n’est pas à la hauteur de ses qualités. Un projet est en cours pour la valorisation de cette variété qui appartient au patrimoine vaudruzien.

 03.09.2020, 15:00
Des tests génétiques ont été réalisés sur le pruneau de Chézard, une variété endémique.

«Ce fruit ne demande quasiment pas de traitements!» Frédéric Cuche est un grand fan du pruneau de Chézard. Il est d’ailleurs co-initiateur d’un projet qui vise à promouvoir cette variété, dans le Val-de-Ruz en particulier. Car même si elle est plus que centenaire, elle demeure malgré tout peu connue pour ses qualités.

D’origine suisse, aussi appelée Prune de Chézard, ce pruneau provient d’un semis réalisé dans le Jura neuchâtelois. «S’il y en a principalement dans le Val-de-Ruz, nous en trouvons aussi dans d’autres régions, telles que le Littoral, les Montagnes neuchâteloises ou le Jura», explique le membre de Pro Evologia.

Patrimoine vaudruzien

L’inventaire n’a toutefois été effectué que dans le Val-de-Ruz. L’idée était de définir la variété des pruniers de la région. «Il ne s’agit pas d’un type fixé, il y a eu des hybridations», souligne ainsi Frédéric Cuche. Une découverte qu’il a fallu aller chercher dans l’ADN des feuilles de l’arbre. Si tous les résultats n’ont pas encore été transmis, cette démarche permettra à l’équipe chargée du projet de valorisation de définir un ou deux types qui sont plus intéressants que d’autres. Et ce quand bien même chaque arbre reste unique, de par son exposition au soleil ou à d’autres facteurs naturels.

Ce prunier a déjà eu son moment de gloire. En 2013, il a été élu «Arbre de l’année» par Fructus, l’association suisse pour la sauvegarde du patrimoine fruitier. Les fruits, à la ligne de suture bien marquée et dont la chair ferme, moyennement juteuse et sucrée n’adhère pas au noyau, se prêtent bien à la confection de gâteaux, de confiture, au séchage et à la distillation.

Succès chez les particuliers

Parallèlement à l’inventaire en cours, différentes actions ont été lancées pour la promotion de cette variété. Les arbres sont désormais vendus au travers de la fondation Rétropomme et un film explicatif a été réalisé. Preuve d’un certain succès, les Vaudruziens sont toujours plus nombreux à vouloir se procurer des pousses.

«Nous allons également essayer de planter des pruniers à 1200 mètres d’altitude, explique Frédéric Cuche. L’idée est de montrer qu’avec le réchauffement climatique, il est possible d’avoir des vergers en altitude.» Le tout s’accompagne de réflexions sur l’utilisation du produit, mais également sur une AOC (Appellation d’origine contrôlée). «Mais c’est un long parcours…», conclut le Vaudruzien.


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