07.01.2018, 10:00

Le Neuchâtelois François Bonnet livre un tour de France des arbres

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La passion de François Bonnet pour les arbres remonte à sa jeunesse.

 07.01.2018, 10:00 Le Neuchâtelois François Bonnet livre un tour de France des arbres

Biodiversité Le Chaux-de-Fonnier François Bonnet n’en est pas à son coup d’essai. Ce professeur à la retraite publie son troisième ouvrage consacré aux arbres, «Monuments végétaux de France».

«Je suis dendrophile, mais dendrologue amateur», confie-t-il. «J’ai toujours beaucoup aimé les arbres. Dans les années 1980, j’ai fait un voyage en Californie prioritairement pour les séquoïas et les arbres du pays. Depuis que je suis à la retraite, j’ai pu m’y mettre systématiquement.»

Dendrologue amateur? «Je me suis formé sur le tas. J’ai pas mal lu d’ouvrages...

«Je suis dendrophile, mais dendrologue amateur», confie-t-il. «J’ai toujours beaucoup aimé les arbres. Dans les années 1980, j’ai fait un voyage en Californie prioritairement pour les séquoïas et les arbres du pays. Depuis que je suis à la retraite, j’ai pu m’y mettre systématiquement.»

Dendrologue amateur? «Je me suis formé sur le tas. J’ai pas mal lu d’ouvrages sur le processus biologique, les métabolismes. Ne serait-ce que le parcours de la sève, c’est tout un travail.»

Depuis sa jeunesse

Sa motivation est ancienne. Il défend la cause environnementale depuis sa jeunesse. «Je suis entré en politique à 26-27 ans», dit celui qui est âgé aujourd’hui de 72 ans. 

«J’étais déjà écologiste à l’époque, mais il n’y avait pas de parti des Verts. Je suis donc entré au PS. Ensuite, j’ai participé à la création des Verts neuchâtelois dans les années 1980», dont il a été le premier président. Il a aussi accédé au Grand Conseil (lire ci-dessous).

Rendre les gens sensibles

Aujourd’hui, à Travers ses livres, il espère contribuer «à rendre les gens plus sensibles à la protection des arbres. Il y a aussi toute la question de la préservation de la biodiversité.»

«Monuments végétaux de France» fait suite aux ouvrages «Au rendez-vous des arbres» (éditions Rossolis) et «A la découverte des arbres remarquables du canton de Neuchâtel» («Nouvelle Revue neuchâteloise», No 127).

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Après la Suisse et le pays de Neuchâtel

Après la Suisse occidentale et le canton de Neuchâtel, François Bonnet s’est donc «attaqué» à la France. «Parce que ce n’est pas loin et que l’on y parle la même langue qu’ici», explique-t-il. «J’avais déjà vu et lu des choses, des données qu’on peut trouver facilement, des localisations, les caractéristiques des arbres.»

Au final, il a sélectionné 120 arbres ou sites arborés remarquables, parmi les quelque 200 végétaux qu’il a vus. «En fonction des dimensions et de la localisation des arbres, ainsi que de mes connaissances et de mes goûts. J’aime bien la montagne, les arolles, les mélèzes. Or, ils sont peu traités dans les livres que je connais... Ici ou là, on m’a signalé, en cours de route, un arbre particulier.»

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Bilan carbone minimum

En écologiste convaincu, François Bonnet n’a pas sillonné la France tête baissée au volant de sa voiture. «J’ai dû faire neuf pistées allant de trois jours à deux semaines», dit-il. «Pour limiter mon bilan carbone, je suis par exemple allé en train jusqu’à Besançon, où j’ai loué une voiture. Ensuite, j’ai fait un tour dans l’Est, le Nord et la Bretagne, avant de rendre l’auto à Rennes.»

Une fois cet ouvrage consulté, le lecteur aura peut-être envie d’aller admirer l’un des 120 arbres sélectionnés. Il peut entamer son tour de France par n’importe quel bout. Pourquoi ne pas le commencer par Le Russey, dans le Haut-Doubs, au Grand Bois?

«Ce grand sapin (photo ci-dessous de François Bonnet) est l’ultime rescapé d’un trio qui comptait notamment un champion de France de hauteur (55 mètres), tombé lors de la fameuse tempête du 26 décembre 1999, ainsi qu’un autre foudroyé auparavant», écrit François Bonnet. «Agé d’environ 300 ans, il mesure 50 mètres de hauteur et son tronc affiche 546 centimètres de circonférence.» 

Un amandier au cœur de Paris

Celui qui préfère la ville cédera à une curiosité: un amandier au cœur de Paris (photo ci-dessous de François Bonnet). Introduit en Europe au 5e siècle avant Jésus-Christ, cet arbre ne se trouve normalement, en France, que dans le Midi et en Corse. Situé dans le 20e arrondissement à la rue des... Amandiers, «sa floraison magnifique réjouit chaque année les habitants du quartier. Il a été planté vers 1930.»

Le mot de la fin: «François Bonnet est avant tout un naturaliste de terrain», écrit le dendrochronologue Patrick Gassman en préface. «Les forêts, les bosquets, les haies, les parcs et les allées sont ses sujets de prédilection. Il nous invite ici à les visiter en sa compagnie.» 

Info+

«Monuments végétaux de France», François Bonnet,
éditions Rossolis, 288 pages, 45 francs.

«L’éolienne terrestre est une fausse bonne idée»

«Ces dernières années, ça s’est un peu gâté à cause de la question éolienne.» Fondateur, premier président et ancien député au Grand Conseil des Verts neuchâtelois, François Bonnet a quitté les rangs de cette formation politique en 2014. «Quand le peuple neuchâtelois a voté en faveur des éoliennes, j’ai estimé que c’était peine perdue», explique le professeur à la retraite. 

Selon lui, les gens ont de cette forme d’énergie renouvelable «une vision angélique, celle d’un aimable tourniquet qui ne fait de mal à personne». Lui-même, lorsque des installations ont pris racine sur le Mont-Crosin, au-dessus de Saint-Imier, se disait séduit. «J’ai très vite mesuré les dangers. Les gains escomptés sont faibles par rapport aux dégâts. L’éolienne terrestre est le type même de la fausse bonne idée.» 

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Le Conseil fédéral en prévoit un millier dans le futur pour une production d’énergie de 4 térawattheures. «Au vu de la densité de population, c’est une catastrophe nationale. Mais, au niveau local, les investisseurs semblent devenir timides en raison des oppositions», constate-t-il. «Avec les projets photovoltaïques, il n’y a pas le moindre problème, ni esthétique ni environnemental.» 

Oppositions en 1974 et 1986

En 1974, avant de s’opposer aux éoliennes, François Bonnet a été à la pointe de la lutte contre l’élargissement de l’actuelle route cantonale du Crêt-du-Locle. Le crédit a été refusé en votation par la population neuchâteloise, y compris celle du haut du canton. Aujourd’hui, la H20 deviendra route nationale. La Confédération réalisera les évitements du Locle et de La Chaux-de-Fonds. «Les contournements routiers sont inévitables, compte tenu des réalités. Je suis devenu moins dogmatique que je ne l’étais», concède-t-il.

En 1986, les Verts neuchâtelois ont aussi rejeté le projet de tunnel sous La Vue-des-Alpes. Ils privilégiaient une liaison ferroviaire directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. «Nous avions 30 ans d’avance», constate François Bonnet. «Nous avions quasiment imaginé le même tracé que le projet actuel, avec un arrêt à Cernier. On nous a rétorqué que c’était impossible géologiquement. Depuis, la géologie a changé», ironise-t-il.  

Rouler le moins possible

Le tunnel? «Maintenant qu’il est là, je ne refuse pas d’y passer.» L’auto? «Si je le pouvais, je n’aurais pas de voiture.» Il vit avec sa femme sur les hauteurs de La Chaux-de-Fonds. «J’essaie de rouler le moins possible, malgré les prix exorbitants du train. Mais il faut reconnaître que nous avons un réseau extraordinaire.» 

L’est-il aussi du côté de Neuchâtel? «Non. C’est pour ça qu’au moment de la votation sur le tunnel routier, nous jugions la ligne ferroviaire plus importante», conclut l’écologiste.  


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