Le musicien neuchâtelois Matthieu Amiguet explore de nouvelles sonorités avec l’harpejii

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Musique Matthieu Amiguet est l’un des rares en Suisse à jouer de l’harpejii, un instrument hybride entre guitare et piano. Le flûtiste utilise aussi ses compétences informatiques pour créer de l’inattendu, en enrichissant les sons acoustiques de ses instruments avec des sons de synthèse.

 19.09.2021, 15:00
Matthieu Amiguet est l'un des rares musiciens suisses à jouer de l'harpejii en concert.

Le musicien neuchâtelois Matthieu Amiguet explore sans cesse de nouvelles sonorités. Il est l’un des rares en Suisse à jouer de l’harpejii, un instrument hybride entre guitare et piano. Le flûtiste utilise aussi ses compétences informatiques pour créer de l’inattendu en enrichissant les sons acoustiques de ses instruments avec des sons de synthèse.

«Jouer de l’harpejii, c’est explorer un territoire vierge. Il n’y a pas de méthode, pas de doigtés à apprendre. Tout est à inventer et à découvrir», a déclaré Matthieu Amiguet dans un entretien à Keystone-ATS.

Entre piano et guitare

L’instrument, qui peut être doté de 12, 16 ou de 24 cordes, qui a des marqueurs blancs et noirs comme un piano mais qui s’accorde comme une guitare, a été inventé en 2007 aux Etats-Unis. Seules trois à quatre personnes en possèdent en Suisse et pratiquement personne n’en joue en concert dans le pays, à part Matthieu Amiguet.

«La plus grande difficulté avec l’harpejii est que tout est à construire et qu’il n’y a pas de représentation sonore. On ne peut pas écouter des disques pour se faire l’oreille, avant de jouer», a expliqué Matthieu Amiguet.

Les instruments augmentés révèlent des sons cachés, permettant d’entendre des sons nouveaux ou inattendus.
Matthieu Amiguet, musicien neuchâtelois

Agé de 47 ans, le musicien s’y est intéressé de façon épisodique depuis huit ans et de façon sérieuse depuis trois ans, car l’instrument harmonique offre de nouvelles possibilités d’expression et «complète ma démarche vers plus d’improvisation et de composition». Il faut dire que le flûtiste a l’âme d’un chercheur et veut pousser les expériences musicales le plus loin possible.

Doté d’un doctorat en informatique effectué en parallèle d’études au conservatoire en flûte classique, Matthieu Amiguet s’est aussi notamment formé en jazz et en technique du spectacle. Voulant sortir des sentiers battus, il s’est mis à jouer des flûtes traversières de dimensions hors norme, dont une fait plus de 2 mètres, et qui permet des sonorités plus graves.

Matthieu Amiguet a poussé «la flûte dans ses derniers retranchements». Photo: Keystone / Laurent Gillieron

Après avoir poussé «la flûte dans ses derniers retranchements», il a commencé à utiliser il y a dix ans ses compétences en informatique pour faire de la lutherie augmentée, soit capter les sons acoustiques en temps réel par l’ordinateur et les enrichir par des sons de synthèse. «Par rapport à des synthétiseurs, la finesse du contrôle est beaucoup plus grande», a expliqué l’artiste.

«Les instruments augmentés sont un outil pour faire de la musique et me permettent d’utiliser un univers sonore supplémentaire. C’est un enrichissement car ils révèlent des sons cachés, permettant d’entendre des sons nouveaux ou inattendus», a précisé Matthieu Amiguet.

Il faut éviter le côté gadget et ne retenir que les pistes intéressantes au niveau artistique.
Matthieu Amiguet, musicien neuchâtelois

Le musicien ne voit toutefois pas la lutherie augmentée comme «une rupture» mais comme une co-évolution de la musique, avec de nouveaux instruments, de nouveaux langages et de nouveaux besoins. «C’est un petit pas de plus.» Pour être le plus libre possible dans ses expérimentations, Matthieu Amiguet a «développé ses propres logiciels informatiques».

Le Neuchâtelois se réjouit d’être entouré de l’équipe de l’atelier musical Les Chemins de Traverse, à Peseux, dont il est le co-directeur artistique, pour faire le tri dans les sonorités trouvées. «Il faut éviter le côté gadget et ne retenir que les pistes intéressantes au niveau artistique.»

A voir ci-dessous en vidéo ---> Entre musique et informatique: les instruments augmentés 


«Gros moments de découragement»

Etre entouré d’une équipe a aussi été précieux lors de cette crise sanitaire, qui a mis à l’arrêt le monde culturel. «Outre les difficultés financières et logistiques, ne plus avoir de contact avec le public, et entendre dire que ce l’on fait n’est pas essentiel, a entraîné de gros moments de découragement», a reconnu le musicien.

La nouvelle plateforme en ligne des Chemins de Traverse, qui documente le travail effectué par les artistes, a permis aussi de garder un lien avec le public et une visibilité. Tout comme les portes ouvertes qui montrent les coulisses du métier du musicien.

En savoir plus: le site internet de Matthieu Amiguet

ATS

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