La start-up Citizen Bees, à Neuchâtel, met des ruches high-tech sur les toits des villes

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innovation A Paris, cela fait déjà quelques années qu'il a des ruches sur les toits de la ville. Audric de Campeau a délaissé l'horlogerie pour s'adonner à sa passion: le miel urbain. Avec sa start-up Citizen Bees, il veut mettre des ruches high-tech en milieu urbain.

Par françoise kuenzi
  19.06.2014, 12:15
L'apiculteur Jean-Claude Meier et le fondateur de Citizen Bees Audric de Campeau accompagnent sur le toit du Beau-Rivage à Neuchâtel le directeur de l'hôtel, Thomas Maechler. Et leurs 60'000 abeilles...

Citizen Bees est une nouvelle start-up de Neode, le parc technologique neuchâtelois. Son fondateur, Audric de Campeau, travaillait auparavant chez l'horloger Tag Heuer. C'est d'ailleurs ainsi que ce Français est arrivé en Suisse. A Paris, il passait ses soirées et ses week-ends à récolter du miel sur des ruches installées sur les toits de la capitale. A Neuchâtel, il veut faire la même chose, mais avec la technologie en plus.

Sur le toit du Beau-Rivage

Premier client de la start-up, présentée ce jeudi à la presse, l'hôtel Beau-Rivage. Qui a installé trois ruches et 60'000 abeilles sur son toit. Des ruches bientôt "monitorées" par des systèmes de capteurs, un compteur, une balance et une webcam, histoire de récolter des données sur les essaims, de les voir travailler en "live", dans un but scientifique mais aussi d'information. Voire d'animation. 

"Notre idée est de proposer à des entreprises d'installer des ruches sur leur toit, ce qui permet, outre de récolter du miel, de réaliser des opérations avec leur personnel ou avec leurs clients", indique Audric de Campeau. Sensibilisation, petites formations, dégustations, cadeaux, tout est possible. Attention: c'est toujours un apiculteur qui s'occupera des ruches.

Jusqu'à 40 kilos par ruche

Au Beau-Rivage, l'idée est de proposer le miel qui sera récolté aux clients de l'hôtel - chaque ruche produisant entre 25 et 40 kilos de miel. Un écran sera aussi installé pour que la clientèle puisse voir les abeilles s'activer sur le toit. "Je suis un grand amateur de miel, et j'ai été sensibilisé au risque de leur disparition par le film "More than Honey", qui m'a beaucoup marqué", confie Thomas Maechler, directeur de l'hôtel cinq étoiles. Ravi de pouvoir faire déguster, dès cet automne si les abeilles travaillent bien, son miel urbain à ses visiteurs.

Mesures de pollution

A terme, des données liées à la pollution ou à certains pathogènes pourraient aussi être récoltées sur les abeilles ainsi installées en ville, qui filtrent les polluants. Audric de Campeau espère pouvoir installer des ruches à des endroits stratégiques, comme près d'industries polluantes. Car il ne faut pas croire que le miel urbain est moins bon ou moins sain que miel des campagnes. Au contraire: en ville, il n'y a pas de pesticides, les abeilles résistent mieux et leur miel, selon les analyses, est même de meilleure qualité. Pour Neode, Citizen Bees représente donc bien une entreprise active dans les nouvelles technologies, même si la récolte de miel se fait depuis des millénaires.

Peur des piqûres?

Mais si Neuchâtel était soudain envahie par des ruches poussant par dizaines sur les toits, la population ne risquerait-elle pas de se faire piquer? "Jusqu'ici, l'expérience montre que tout se passe bien: les gens ont une attitude très positive", répond Audric de Campeau. "Et l'important est d'informer les voisins à l'avance. C'est l'occasion de leur expliquer comment se comporter avec des abeilles, et que faire en cas de piqûre." Au théâtre du Passage, où il a installé cinq ruches sur le toit l'an dernier, l'apiculteur Jean-Claude Meier n'a en tout cas pas été confronté à des problèmes de voisinage. Des petites trousses de premiers secours seront disponibles, et en cas de forte réaction allergique, c'est de toute façon le 144 qui s'impose.

Mais les "filles" d'Audric, comme il les appelles, sont en général plutôt tranquilles:  ce jeudi matin, la horde de journalistes qui s'affairait avec caméras, micros et apparils photos juste devant les ruches n'a en tout pas pas subi d'attaque groupée. Ni même de piqûre isolée.


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