14.12.2017, 12:11

A 83 ans, le Neuchâtelois Daniel Besancet a marché du lac Léman à la mer Méditerranée pour la RTS

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A 83 ans, le Neuchâtelois Daniel Besancet a marché du lac Léman à la mer Méditerranée pour la RTS

 14.12.2017, 12:11 A 83 ans, le Neuchâtelois Daniel Besancet a marché du lac Léman à la mer Méditerranée pour la RTS

TÉLÉVISION Cinq femmes et cinq hommes ont effectué la Grande traversée des Alpes entre Saint-Gingolph et Menton, dans le cadre de l'émission Passe-moi les jumelles. Parmi eux, le Neuchâtelois Daniel Besancet (83 ans), doyen de l'aventure. Le premier des quatre volets sera diffusé ce vendredi soir (20h10) sur RTS Un.

La Grande traversée des Alpes. Pas besoin de se torturer les méninges, le titre du film – emprunté à la partie française du sentier GR5 reliant la mer du Nord à la mer Méditerranée – veut presque tout dire.

Une partie du reste nous est racontée par le Neuchâtelois Daniel Besancet (83 ans), doyen de cette série de...

La Grande traversée des Alpes. Pas besoin de se torturer les méninges, le titre du film – emprunté à la partie française du sentier GR5 reliant la mer du Nord à la mer Méditerranée – veut presque tout dire.

Une partie du reste nous est racontée par le Neuchâtelois Daniel Besancet (83 ans), doyen de cette série de quatre émissions proposée par le journaliste Benoît Aymon et le réalisateur Marc-Antoine Hiroz. Le solde est à découvrir dès ce vendredi soir sur RTS Un (20h10), à l’enseigne de Passe-moi les jumelles.

«Demain, j’arrête»

Le pitch, tout d’abord. Cinq femmes et cinq hommes âgés de 29 à 83 ans, ont marché cet été du lac Léman à la Grande bleue, avalant 620 km et 30 000 m de dénivelé entre Saint-Gingolph et Menton en une trentaine de jours, sous l’œil complice ou fouineur des caméras de télévision. Sur 700 candidats présents au casting, la production a retenu quatre Suisses, quatre Français, un Belge et une Slovène. 

Les dix marcheurs et leur guide (Daniel Besancet tout à droite). CAPTURE D'ECRAN RTS

Idée forte du scénario: dévoiler les forces et faiblesse de chacun et faire tomber les masques, pour laisser apparaître de vrais visages animés par les joies, les larmes et les coups de gueule d’une aventure hors du commun.

Le début du voyage a plongé les marcheurs dans l’enfer du décor. Daniel Besancet a même failli jeter l’éponge. «J’ai très mal supporté la première journée, passée sous la pluie et la grêle. Il y avait 1600 m de dénivelé et le rythme de marche était trop élevé en raison de la crainte des orages. Sans parler de la nuit sous tente, blotti dans mes habits mouillés parce qu’ils avaient perdu mon sac de couchage... Je me suis dit: demain j’arrête, ce n’est pas pour moi. Les autres aussi me regardaient de coin. Ils se demandaient ce qu’un vieux comme moi venait faire là...»

Des hauts et des bas

Avec une soixantaine de cols à franchir, c’était cartographié d’avance: il y aurait des hauts et des bas. Mais le Saint-Blaisois s’est accroché à son rêve, jusqu’au bout, malgré une bronchite qui lui a valu deux jours de dispense de marche au milieu du parcours. «Les autres m’ont surnommé ‘Le Têtu’», sourit-il. 

Daniel Besancet mène le groupe dans la brume. PHOTO RTS

«Nous avons marché entre huit et douze heures par jour, soit une vingtaine de kilomètres. Question Météo, nous avons tout eu, très froid et très chaud. Ce n’était jamais monotone», relance Daniel Besancet. «Dans les hôtels ou les refuges, l’accueil était fantastique. Nos hôtes savaient que l’émission serait diffusée au printemps prochain sur France 3 (réd: et TV5), ils en ont profité pour faire leur pub!»

Deux jours de "repos"

Sur les quatre semaines de marche, le groupe a eu droit à deux jours de «repos» à Chamonix et à Val d’Isère. «Une fois nous avons fait quatre heures de via ferrata, une fois du rafting! Nous sommes passés plusieurs fois à la flotte, nous étions tous complètement crevés», rigole le Neuchâtelois. «Le vrai repos, c’était entre 16h et 20h, avant le repas du soir. Nous pouvions faire notre lessive, des massages, nous laver... Les soirées étaient très animées, nous ne nous couchions jamais avant 23 heures.» 

Un peu de sa faute, aussi. «Partout où je vais, je suis un peu le pitre de l’équipe! Pour cette émission, ils ne cherchaient pas que des marcheurs, mais aussi des ‘acteurs’."

Physiquement, Daniel Besancet  a bien tenu le choc. «J’ai des problèmes de souffle dans les ascensions, à cause du cœur. Mais si on m’aide à la montée, je peux aider en retour à la descente, par exemple en portant le sac de quelqu’un d’autre. J’ai encore de bonnes jambes», sourit-il, l’œil malicieux. «Le plus dur, ce n’était pas l’effort. C’était de vivre pendant un mois avec une telle promiscuité, au milieu de gens si différents. Surtout pour moi qui ai l’habitude de marcher seul. Mais à part un ou deux accrochages, tout s’est bien passé. Il a également fallu s’habituer à la présence des caméras. Au début, c’est gênant d’être filmé du matin au soir. Mais on finit par se dire que sans elles, il n’y aurait pas d’émission...»

Le plus dur, c’est les autres

Le Saint-Blaisois l’assure, ce n’est pas l’exploit sportif qu’il retient de cette Grande traversée. «C’est la vie en équipe, et je crois que pour les autres c’est pareil. Ce n’était pas une course, ni de la téléréalité. Rien à voir avec Koh Lanta où il faut éliminer un concurrent chaque semaine. Le but, au contraire, était d’emmener tous les participants jusqu’à l’arrivée.»

Les concurrents ont dû s'habituer à être filmé du matin au soir. PHOTO RTS

Des liens se sont tissés, déjà incassables. «Nous ne nous connaissions pas avant le départ, mais nous nous sommes déjà tous revus lors d’une soirée à Charmey, certains sont venus de Bruxelles et de Paris. Nous avons vécu ensemble des moments très forts.»

Une candidature envoyée à la RTS en cachette de sa femme

Ingénieur retraité, Daniel Besancet est resté ingénieux. «Il a tout fait dans mon dos. Il était sûr que je ne serais pas d’accord qu’il y aille», dévoile Micheline, son épouse, pas vraiment surprise. «Cela fait 60 ans qu’il fait ce qu’il veut!»

Lui ne s’en cache pas, il a manigancé dans l’ombre. «En février dernier, après une émission de ‘Passe-moi les jumelles’, ils ont annoncé qu’ils cherchaient des candidats pour cette Grande traversée des Alpes. Sur le moment, je n’ai rien dit, et nous sommes allés nous coucher… J’ai attendu que ma femme soit endormie pour taper mon CV, ma lettre de motivation et envoyer le tout à la RTS!»  

Daniel Besancet a toujours été un grand fan des émissions de Benoît Aymon et Pierre-Antoine Hiroz, comme les Hautes routes d’hiver et d’été ou le Tour du Cervin. «C’était magnifique, et ça m’avait donné envie d’y participer à mon tour, pour voir comment ça se passe et découvrir les tournages de l’intérieur.»

Daniel Besancet et ses compagnons ont traversé trois parcs nationaux au cours de leur périple. PHOTO RTS

Le Saint-Blaisois n’a pas seulement laissé traîner ses yeux sur les majestueux panoramas des parcs nationaux de la Vanoise, du Queyras ou du Mercantour, il a tout observé, tout enregistré.

«Les caméras d’épaule et celles que l’on tient à la main, les micros sans fil, les perches de son, les drones, la précision du moindre plan... J’ai été épaté par le professionnalisme des équipes techniques. Les deux jours où j’ai été dispensé de marche, j’en ai profité pour les accompagner dans les repérages. Pour dire leur souci du détail, ils m’ont fait nettoyer mes verres de lunettes trois fois pour enlever une petite tache... Avant de voir que c’était une rayure!»

Une vie entre lacs et sommets

Derrières ses yeux farceurs, Daniel Besancet ne se contente pas de faire marcher les autres. Le Saint-Blaisois se balade en montagne depuis qu’il est gosse. «Ma première course alpine, c’était Tête Blanche depuis Bertol, à 12 ans.»

Trois ans plus tard, il escaladait son premier 4000, le Bishorn, une montagne initiatique qui se gravit de père en fils et en fille dans la famille. Il franchira cette barre à 33 reprises au Mont-Blanc, au Cervin et au Weisshorn notamment. «C’est à cette altitude aussi que je me suis fiancé», sourit-il.

Le Saint-Blaisois est membre du Club alpin suisse depuis près de 60 ans. Il a présidé la section neuchâteloise et a fait partie de sa colonne de secours. «J’ai aussi réalisé deux fois la Haute route entre Chamonix et Zermatt, en été et en hiver.» 

Daniel Besancet avait parié qu’il gravirait 75 sommets en 2009 pour son 75e anniversaire. «Finalement, j’en ai fait 86, du Mont Vully au Mettelhorn, près de Zermatt. C’est mon sommet fétiche, j’y suis déjà monté seize fois!»

Et pour ses 85 ans, quelle nouvelle surprise réserve-t-il à son épouse? «J’ai dit à ceux de la télé que quand je serai vieux, je ferai quelque chose de moins escarpé», se marre le Neuchâtelois. «Mon objectif est de faire le tour de tous les lacs de Suisse, à pied ou en trottinette. J’ai déjà fait ceux de Thoune, Bienne, Morat, Neuchâtel... Pour ce dernier, j’ai passé 17h sur ma trottinette!»

Daniel Besancet avoue également un «record du monde»: celui du tour du Loclat, à Saint-Blaise, en trottinette. «Je dois être le seul imbécile à l’avoir fait.» Chrono à battre: 15’38’’. Détail: sur 1,7 km, "seuls 41 mètres sont praticables, le reste se fait avec la trottinette sur le dos".

Sinon, il s’est mis à la via ferrata. «Parce que je peux y aller seul. Je prends une carte journalière CFF et je file à Saas-Fee, Zermatt ou au Tessin. J’ai déjà gravi les plus dures de Suisse.» 


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