27.10.2016, 14:38

Etude de l'UniNE: chez les cercopithèques, les mâles se fient aux femelles

chargement
1/3  

Primatologie Une étude de l'Université de Neuchâtel démontre pour la première fois que chez des singes les cris d'alerte obéissent à des règles différentes selon le sexe des individus.

Chez les cercopithèques diane, les mâles se fient davantage aux signaux d’alerte des femelles qu’à leurs propres perceptions, selon une étude de l’Université de Neuchâtel. Ils relaient invariablement les vocalisations de leurs partenaires.

Les cercopithèques diane ont la particularité d'émettre des cris d'alerte dont la structure vocale varie selon le sexe des individus. En cherchant la cause de ce dimorphisme, Claudia Stephan, post-doctorante à l'Université de Neuchâtel (UniNE), a pu mettre en évidence que mâles et femelles annonçaient un danger pour des motifs différents.

Tandis que les femelles réagissent directement à la présence d'un prédateur, les mâles, eux, lancent leur appel uniquement pour répondre aux femelles. C'est la première fois que l'on démontre chez des singes que les cris d'alerte au prédateur obéissent à des règles différentes selon le sexe des individus, a indiqué jeudi la haute école dans un communiqué.

Les expériences se sont déroulées au Centre suisse de recherches scientifiques en Côte d'Ivoire, sous la supervision du professeur Klaus Zuberbühler, directeur du Laboratoire de cognition comparée de l'UniNE.

Elles consistaient d'abord à simuler la présence d'un prédateur, aigle ou léopard, en diffusant le cri de l'animal concerné, puis à enregistrer les vocalisations des singes. Sachant qu'à chaque prédateur correspond une vocalisation bien spécifique.

Les mâles relaient

"Première surprise: les mâles attendaient que les femelles lancent un cri d'alerte avant de relayer le signal", note Claudia Stephan, citée dans le communiqué. "Et une fois que les mâles se mettent à crier, les femelles cessent leurs vocalisations. "

Mais le plus surprenant reste la réaction des singes mâles quand les expérimentateurs font suivre le cri d'un léopard d'un signal d'alerte trompeur du cercopithèque femelle, signifiant "attention aigle".

Les mâles vont systématiquement relayer le signal de la femelle, soit dans ce cas "attention aigle". Et cela, même s'ils ont entendu que la menace réelle était un léopard.

Les mâles suivent donc invariablement le jugement de la femelle, en dépit de leur propre perception. La réponse suit la même logique quand on diffuse le cri d'un aigle suivi d'un signal "attention léopard".

Femelles constantes

Quant aux femelles, dont les cris étaient également enregistrés au cours des mêmes expériences, elles restent constantes dans leurs vocalisations. Le signal qu'elles émettent se réfère toujours au prédateur simulé, même si elles entendent un cri d'alerte différent de la part de leur mâle.

Claudia Stephan explique ces différences liées au genre: "Les cris des femelles ont pour objectif de protéger la famille en appelant les mâles à la rescousse."

 

ATS

Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

À lire aussi...

étudeL'UniNE cherche 600 ménages prêts à changer leurs habitudes de consommation d'électricitéL'UniNE cherche 600 ménages prêts à changer leurs habitudes de consommation d'électricité

RécompenseUniNE: 10'000 francs pour la meilleure étudiante en financeUniNE: 10'000 francs pour la meilleure étudiante en finance

RencontreL'ambassadrice des Etats-Unis en visite à l'UniNEL'ambassadrice des Etats-Unis en visite à l'UniNE

NeuchâtelThèse en 180 secondes: défi réussi pour les treize doctorants de l'UniNEThèse en 180 secondes: défi réussi pour les treize doctorants de l'UniNE

TitreUne professeure de l'Université de Neuchâtel reçoit un doctorat honoris causaUne professeure de l'Université de Neuchâtel reçoit un doctorat honoris causa

Top