19.03.2018, 18:58

Dessinateurs, ces Neuchâtelois de cœur ont imaginé un Rodger plus faux que nature

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Le "Maître" croqué par Herrmann.

bande dessinée Neuchâtelois de cœur ou d’origine, Herrmann et Vincent revisitent en bande dessinée la naissance de Roger Federer. Aussi osée qu’un revers croisé.

Au fond du court, Herrmann, prénom Gérald, la soixantaine, dessinateur chaux-de-fonnier de la «Tribune de Genève». Au filet, Vincent, nom de famille Di Silvestro, 38 ans, Genevois établi à Boudry, dessinateur lui aussi.

A eux deux, ils ont décidé de s’attaquer à un mythe: «Rodger». A une nuance près, Herrmann a troqué ses pinceaux contre un clavier d’ordinateur. C’est lui qui a concocté le scénario de ce «Rodger – L’enfance de l’art», 80 pages d’un délire absolu sur les 16 premières années du héros. Mais attention, toute ressemblance avec des faits réels ou des personnages existants pourrait être fortuite. Ou même pas vraie du tout.

>> A lire aussi, l'interview d'Herrmann: "Avec Federer, j'ai perdu mon second degré!"

Sacré John McEnroe

Et c’est une des forces de ce double né pour l’occasion – comme pour gagner l’or olympique? –: on ne sait jamais où s’arrête la réalité et ou commence la fiction née de l’imagination débordante d’Herrmann. Bien sûr, on se raccroche aux «vrais» personnages. Ceux qui existent bel et bien. Les parents Federer, Marco Chiudinelli, le pote d’enfance du «héros absolu», Martina Hingis et sa mère, l’impossible Melanie Molitor. Et même John McEnroe, plus colérique que jamais. Mais ont-ils agi comme le laissent penser nos deux lascars? Ici, pas de challenge pour savoir si c’est «in» ou «out».  On y croit, c’est tout, parce que ça fait du bien de fantasmer sur l’enfance présumée de celui qui deviendra un nouveau Messie.

Le Christ et Mandela

Car ce «Rodger»-là est de cette trempe. C’est le Christ lui-même  qui envoie Robert, le futur père, en Afrique du Sud. «C’est là-bas que se trouve le nouveau Messie?», demande ce dernier, médaillé de la Fête fédérale de hornuss.

Là-bas, justement, c’est Nelson Mandela, du fond de sa geôle, qui annonce à Lynette: «Un enfant naîtra, tu l’appelleras Rodger, ce qui veut dire Lance glorieuse». Dix pages à peine et on a compris qu’Herrman et Vincent n’allaient pas nous livrer un récit terre à terre. Ça tombe bien, la terre, il aime moyen, «Rodger». Il préfère les surfaces où tous les coups sont permis, même les plus audacieux.

Alors, oui, ils osent tout, ils lâchent leurs coups. Des scènes drôles, loufoques, irrévérencieuses et même franchement osées. Des personnages de mages et de psys qui vous feraient avaler n’importe quoi, Et même une jolie brochette de méchants qui, eux aussi, vous feraient avaler n’importe quoi. A condition de lire jusqu’au bout.

Jusqu’où aller pour rester dans le jeu?

C’est comme au moment de lâcher un coup peut-être décisif: le geste doit être contrôlé, histoire de ne pas envoyer la balle hors des limites du jeu. Pour Herrmann et Vincent, la question s’est aussi posée: ont-ils dépassé les limites? Pour eux, il n’y a pas d’irrespect dans leurs traits. Mais ils ont quand même demandé conseil à l’avocat Marc Bonnant, qui, en arbitre des bons usages, leur a conseillé de modifier certaines scènes.

Pour eux, c’est important d’être bien compris. Ayant franchi ce premier tour, ils veulent en passer d’autres. On dit qu’il pourrait y en avoir au moins trois. Mais comment vont-ils faire apparaître Mirka?


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