Diplôme helvétique en poche, un étranger sur deux reste en Suisse

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Etude C'est une étude pilotée par l’Université de Neuchâtel qui l'affirme. Un étranger sur deux ayant obtenu un master dans une haute école suisse est toujours dans le pays deux ans après avoir terminé ses études.

 28.06.2018, 12:37
L'étude a été réalisée par le "nccr – on the move". Piloté par l’Université de Neuchâtel (UniNE), ce pôle de recherche national fête ses quatre ans d'activité ce vendredi.

Un étranger sur deux ayant obtenu un master dans une haute école helvétique est toujours présent en Suisse deux ans après avoir terminé ses études. C’est ce que montre une étude du "nccr – on the move" piloté par l’Université de Neuchâtel (UniNE).

Ce Pôle de recherche national consacré aux études de migration et de mobilité fête vendredi ses quatre ans d'activité et entame une deuxième phase de même durée, a indiqué jeudi l'UniNE dans un communiqué.

Au niveau mondial, cinq millions de personnes poursuivaient en 2015 des études ailleurs que dans leur pays d’origine, un chiffre qui a doublé par rapport à l’an 2000, selon l’OCDE. Avec un effectif de 33'000 personnes, soit 17% de population estudiantine venant de l’étranger, la Suisse se place sur le podium des destinations favorites, derrière la Nouvelle-Zélande (21%) et la Grande-Bretagne (18%).

Son attrait peut s’expliquer par un excellent système d’éducation tertiaire à un prix relativement bas comparé à d’autres pays. Commerce et administration, arts, sciences sociales et ingénierie sont les domaines d’étude les plus prisés.

Partir ou rester?

"Près d’une personne sur quatre fréquentant une université ou une haute école en Suisse a suivi une formation secondaire (niveau maturité) à l’étranger. Ces étudiants sont tôt ou tard confrontés au choix de leur lieu de résidence et de travail. En clair: repartir de la Suisse ou y rester", constate Annique Lombard, géographe qui achève un doctorat à l’UniNE, citée dans le communiqué.

"De tous les étudiants internationaux diplômés au niveau master en 2012 en Suisse, près de la moitié était toujours en Suisse deux ans après l’obtention du diplôme", poursuit la doctorante. Soixante-neuf pour cent de ceux-ci viennent de l’Union européenne ou de l’AELE, au bénéfice de la libre circulation des personnes.

Quant aux autres ressortissants, ils ont prolongé leur séjour à différents titres et certains ont pu bénéficier d’un assouplissement de la loi pour le séjour des étudiants étrangers.

Intérêt pour la Suisse

Dès 2011 en effet, le Parlement a autorisé les étudiants des Etats tiers à rester en Suisse six mois après l’obtention de leur titre universitaire pour y trouver un emploi correspondant à leurs qualifications. La condition préalable est que cet emploi présente un intérêt scientifique ou économique élevé pour la Suisse.

"Le fait qu’environ la moitié des diplômés internationaux reste en Suisse montre à quel point le marché du travail helvétique bénéficie d’un apport de compétences utiles", conclut Annique Lombard. Quant à ceux qui retournent dans leur pays d’origine, ils y rapportent des compétences précieuses.

"Il faut s’en réjouir, car même si la mobilité doit être encouragée, l’exode des cerveaux est à éviter. C’est vers un équilibre entre ces différents objectifs que doit tendre la politique d’accueil des étudiants internationaux", conclut la spécialiste. Elle présentera sa thèse en trois minutes chrono avec six autres jeunes chercheuses et chercheurs vendredi à l'occasion de la journée du "nccr – on the move".

ATS

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