03.06.2018, 16:06

Balade au cœur des gorges de la Poëta-Raisse à Môtiers

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La partie la plus sauvage est située en haut des gorges.

NATURE Vous cherchez une bonne idée de balade à la fraîche dans un cadre enchanteur, où le végétal et le minéral ne cessent de jouer à cache-cache? Alors relisez l'article publié dans nos colonnes le 3 juin 2018. La randonnée vaut le détour.

Inaugurer une porte d’entrée, c’est bien. Mais quand il s’agit de celle qui ouvre sur les gorges de la Poëta-Raisse, à Môtiers, c’est frustrant de rester sur le seuil. On a envie de pousser le battant, d’aller voir les beautés minérales et végétales cachées sous les frondaisons. La légende du lieu fonctionne comme un appât. Et c’est à pas de loup, les sens en alerte, que l’on s’enfonce dans les profondeurs de cet univers enchanté.

Un panneau donne le ton: on s’engage sur ce sentier à nos risques et périls. Rien de  bien périlleux pourtant dans cette première partie de sous-bois. Dissimulé derrière un verdoiement de feuillages, le ruisseau – qui s’appelle tantôt la Vaux, la Raisse ou le Bied – murmure d’aise en glissant le long de son toboggan de rocher. 

La pente se redresse bientôt, et le chemin blanc se transforme en sentier un peu malgré lui, au fil de la montée, qui s’accentue en crescendo jusqu’à l’entrée dans la section la plus sauvage du parcours, faite de canyons étroits et de cascades roucoulantes.

Des passerelles et des ponts ont été jetés par-dessus le courant, des escaliers de pierre épousent les contours de la roche pour permettre aux marcheurs de retrouver la lumière, sur le plateau de Vaux, en terre vaudoise, à 1131 mètres d’altitude. A travers un dédale féerique de falaises moussues et de souches lacérées, minutieusement sculptées par le travail de l’eau. 

La fée verte, l’emblème parfait

Les pieds dans la verdure, les yeux et l’esprit perdus dans la contemplation, on comprend mieux pourquoi l’emblème du Val-de-Travers est une fée, et pourquoi elle est verte.

Du débouché des gorges, on peut poursuivre la randonnée en direction du Chasseron (1607 m), de Fleurier ou de Provence, ou simplement rebrousser chemin. Cette version courte, très rafraîchissante durant les grosses chaleurs estivales, prend deux heures aller-retour, pour 370 mètres de dénivelé positif.

Un sentier à flanc de coteau, serpentant par le Breuil et le Château de Môtiers, permet de faire une boucle pour ne pas complètement revenir sur ses pas.

L’entretien du chemin et des ouvrages d’art est assuré chaque printemps par les bénévoles de l’Association des gorges de la Poëta-Raisse, présidée par Claude-André Montandon. Leur engagement sans faille permet d’accéder au défilé sans danger.

Cette année, malgré le passage de la tempête Eleanor en janvier, seuls quelques arbres se sont couchés en travers du chemin. Rien à avoir avec le coup de vent de 2013. L’hélitreuillage des troncs avait porté la douloureuse à 50'000 francs.

Un pavillon touristique tout neuf

Le nouveau pavillon d’accueil, avec ses murs en rondins et son toit en bardeaux de sapin, a été inauguré samedi à Môtiers en présence d’une centaine de personnes. Il propose deux tables de pique-nique, une fontaine (idéale pour tenir le blanc au frais) et des informations pour les randonneurs. La place de parking a été réaménagée de manière à ne plus empiéter sur l’espace détente. L’ouvrage de douze mètres sur quatre a coûté 100'000 francs, une somme couverte par des sponsors, des donateurs et un coup de pouce des 1800 membres de l’Association des gorges de la Poëta-Raisse. La commune de Val-de-Travers a fourni le bois et une partie de la main-d’œuvre.

LUCAS VUITEL

Là où il y a de l’eau, il y a de l’absinthe!

Après dix minutes de marche, la fontaine à Louis est un passage obligé. Erigé en l’honneur de l’ancien président du Grand Conseil Louis Mauler, ce bassin en bois propose un filet d’eau désaltérant. Cachée dans le «nichoir» situé juste en dessus, une bouteille d’absinthe permet de troubler l’onde pure pour se donner du courage avant de s’enfoncer dans les gorges.

LUCAS VUITEL

Balade entre mythe et réalité

Le toponyme Poëta-Raisse signifierait «vilaine scie ou vilain coin», comme si le tumulte des eaux avait creusé une entaille maléfique dans la montagne. «Avant 1850, ces gorges froides, profondes et inhospitalières, probablement remplies de bêtes sauvages, faisaient peur aux gens», souffle Claude-André Montandon. Ouvertes au public en 1874, complètement réaménagées après la terrible crue de 1980, les gorges sont parcourues par plus de 10000 randonneurs chaque année. En laissant l’imagination vagabonder un peu, le site conserve un aspect magique et mystérieux. Aux abords par exemple de la caverne de l’ours et de son rocher en forme de tête de mort...

PATRICK TURUVANI

Un sentier escarpé

Dépourvue de difficultés majeures, la balade dans les gorges de la Poëta-Raisse présente quelques passages aériens exposés, surtout quand le sol est glissant. «Malgré les aménagements de sécurité, cela reste un sentier escarpé qui demande une certaine vigilance», prévient Claude-André Montandon. «Déconseillé» avec des enfants en bas âge, le parcours est accessible depuis le mois d’avril jusqu’aux premières neiges. 

PATRICK TURUVANI


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