02.08.2015, 19:43

Une Suissesse tuée pendant les affrontements en Tunisie

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Une Suissesse de 67 ans a été tuée par balles mercredi soir dans le nord-est de la Tunisie, en marge d'une manifestation. Ses proches accusent les forces de l'ordre. Face à la montée des violences, la Suisse déconseille à ses ressortissants de se rendre dans le pays.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a confirmé hier le décès d'une double-nationale suisse et tunisienne.

Interrogée par la Radio Suisse Romande (RSR), la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey a «déploré» ce décès. Selon elle, le ministre tunisien des affaires étrangères a assuré à l'ambassadeur de Suisse que les autorités feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour faire la lumière sur cette affaire.

Le drame s'est produit à Dar Chaabane, près de la station balnéaire de Hammamet. La sexagénaire se trouvait sur la terrasse de sa maison, d'où elle suivait les confrontations entre la police et de jeunes manifestants, a indiqué à l'ATS le coordinateur du Comité de soutien du peuple tunisien (CSPT-Suisse), Anouar Gharbi.

La femme a été atteinte par le tir d'un policier, a affirmé son frère à la RSR. Touchée à la gorge, «sous son oreille», elle est décédée sur place. Le frère a essayé d'alerter les secours, mais en vain. Faute de pouvoir faire venir une ambulance, il a finalement dû conduire lui-même le corps de sa sœur à l'hôpital.

Mariée à un Suisse et vivant dans le Nord-Vaudois, la femme s'était rendue en Tunisie pour y passer des vacances auprès de sa famille et aurait dû rentrer en Suisse aujourd'hui. Elle sera enterrée en Tunisie cet après-midi.

Avec le mari de la victime, arrivé en Tunisie hier après-midi, le frère de la victime prévoit de déposer plainte contre les forces de sécurité. Il accuse la police d'avoir visé volontairement sa sœur. «La police vise tout, même les chiens», a-t-il accusé. Selon lui, trois personnes ont été tuées «en une heure» à Dar Chaabane: sa sœur, un enfant de onze ans et un jeune homme de 27 ans.

La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) affirme pour sa part qu'au moins 66 personnes ont été tuées depuis le début des troubles à la mi-décembre. Dans ce contexte, le DFAE a actualisé hier ses recommandations aux voyageurs.

«Tant que la situation n'est pas clarifiée, il est déconseillé de se rendre en Tunisie pour des voyages touristiques ou autres qui ne présentent pas un caractère d'urgence», écrit-il sur son site internet. «Une dégradation de la situation sécuritaire est possible», ajoute-t-il, estimant «qu'il faut compter» avec de nouvelles violences.

La Tunisie est une destination touristique prisée des Suisses. Actuellement, 230 touristes ayant voyagé avec Kuoni se trouvent en Tunisie. 95 ont réservé chez Hotelplan et une centaine chez TUI Suisse.

Le CSPT-Suisse exige que la Suisse rappelle son ambassadeur à Tunis pour «protester contre cet acte criminel et demander des explications», explique-t-il dans un communiqué. Une revendication rejetée par Micheline Calmy-Rey. /ats

Le président Ben Ali lâche du lest

Le président tunisien Zine el Abidine ben Ali a ordonné hier soir aux forces de l'ordre de ne plus faire usage d'armes à feu contre les manifestants. Il a également annoncé qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat en 2014. Le chef de l'Etat tunisien, qui fait face à une vague de contestation sans précédent depuis son arrivée au pouvoir il a y 23 ans, a aussi ordonné une baisse des prix du pain, du lait et du sucre. Le président Ben Ali a encore promis la liberté de la presse et la fin des mesures de blocage de sites internet. Il intervenait pour la troisième fois à la télévision depuis le début des troubles.

Hier, des affrontements meurtriers entre manifestants et forces de sécurité ont encore eu lieu à Tunis et sa banlieue. Le mouvement sans précédent de contestation du régime a fait 66 morts en un mois selon une ONG des droits de l'homme.

Dans le centre de Tunis, un manifestant a été tué hier après-midi par les tirs de la police dans le quartier Lafayette. Ces affrontements auraient également fait plusieurs blessés. Les forces de l'ordre ont tenté de disperser les manifestants à coup de bombes lacrymogènes avant de tirer.

La station balnéaire d'Hammamet était livrée aux pilleurs hier en fin d'après-midi. Une résidence appartenant à un proche du chef d'Etat a été détruite.

Aucun bilan officiel n'a été publié sur les dernières violences dans les banlieues d'Ettadhamen et d'Intilaka, où vivent quelque 30 000 habitants à environ 15 km du centre de Tunis. Elles se sont déroulées malgré le couvre-feu nocturne imposé dans la capitale et ses environs depuis mercredi soir.

Ce couvre-feu a été décrété pour une durée illimitée. Il représente la première mesure du genre prise à Tunis depuis l'arrivée au pouvoir du président Ben Ali, en 1987. /ats-afp-reuters


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