Turquie: manifestations dispersées, un an après les émeutes de Gezi

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Turquie Des manifestations pour marquer l'anniversaire des rassemblements anti-gouvernementaux de juin 2013 ont éclaté à Istanbul et Ankara. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait promis d'empêcher ces rassemblements.

  31.05.2014, 21:40
Le Premier ministre turc controversé Recep Tayyip Erdogan.

A Istanbul, plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées dans les rues menant à la place Taksim pour demander la démission du gouvernement quand la police a lancé des gaz lacrymogènes sur la foule, qui s'est rapidement dispersée.

Les policiers ont effectué de nombreuses arrestations, alors que les heurts ont fait quelques blessés, ont rapporté des journalistes sur place. Selon l'association des avocats d'Istanbul, au moins 65 personnes avaient été arrêtées en début de soirée. Des incidents se poursuivaient dans la soirée dans le quartier de Taksim.

La police a également dispersé des manifestations dans la capitale, Ankara, et à Adana, dans le sud du pays, rapporte la chaîne de télévision CNN Türk.

Mise en garde

Quelques heures à peine avant la manifestation à Istanbul à l'appel d'un collectif d'ONG, de syndicats et de membres de la société civile, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait averti que les forces de l'ordre feraient "tout ce qui est nécessaire, de A jusqu'à Z," pour l'empêcher.

"Vous ne pourrez pas occuper Taksim comme vous l'avez fait l'an dernier parce que vous devez respecter la loi", avait-il ajouté devant des milliers de partisans.

Samedi matin, la police anti-émeute était déployée autour du périmètre de Gezi, tandis que plusieurs centaines de policiers en civil armés de matraques patrouillaient dans la rue Istiklal, la grande rue commerçante menant à Taksim. Malgré les effectifs policiers, de nombreux Turcs sont allés honorer la mémoire des victimes, individuellement et en silence.

Violente répression

C'est dans ce jardin public, au coeur de la partie européenne d'Istanbul, qu'est née la vague de contestation. Au petit matin du 31 mai 2013, la police avait évacué par la force les manifestants qui occupaient pacifiquement le parc Gezi depuis plusieurs jours pour demander au gouvernement de revenir sur son projet de raser cet espace vert pour le remplacer par un centre commercial.

Mis en colère par ce recours à la violence, des dizaines de milliers de personnes de diverses sensibilités politiques étaient descendues sur Gezi et avaient occupé la place Taksim pendant environ deux semaines avant que les autorités ne finissent par faire évacuer les lieux.

Beaucoup avaient stigmatisé à ce moment-là l'autoritarisme croissant dont faisait preuve à leurs yeux le Premier ministre après dix années de pouvoir. Quelque 3,5 millions de Turcs - selon la police - avaient défilé contre M. Erdogan dans toute la Turquie pendant les trois premières semaines de juin. Ces manifestations, sévèrement réprimées, ont fait au moins huit morts et plus de 8000 blessés.

Erdogan attaque ses adversaires

Dans son discours samedi, outre ses menaces, le Premier ministre a fustigé ses adversaires. "J'en appelle à mon peuple. Ne vous laissez pas tromper. Ceci n'est pas une campagne écologiste, il n'y a aucune sincérité là-dedans", a-t-il dit.

"La violence naît là où il n'y a ni pensée, ni idée. Les gens de Gezi sont ceux qui n'ont pas d'idées", s'était déjà exclamé la veille M. Erdogan. Il avait accusé des "organisations terroristes" de "manipuler la jeunesse (...) pour s'attaquer à notre unité et à notre économie".

Depuis la révolte de l'an dernier, le chef du gouvernement s'est appliqué à étouffer dans l'oeuf toute velléité de contestation. Au fil des mois, des centaines de manifestants ont été inculpés. Il a aussi adopté une série de lois pour renforcer son emprise sur la justice et les réseaux sociaux et accroître les pouvoirs des services de renseignements.

Malgré un scandale de corruption qui a éclaboussé tout son régime, M. Erdogan a remporté haut la main les municipales du 30 mars. Il s'apprête désormais à annoncer sa candidature à la présidentielle d'août .


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