02.08.2015, 19:42

Sur son vélo, Georges Probst attaque l'Amérique du Sud

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Par JULIÁN CERVINO

Georges Probst se lance ces jours dans un nouveau voyage sur son vélo. Avec Amsud-Che-40, c'est l'Amérique du Sud qu'il remontera, de la Patagonie à Quito. Au menu, 12 000 km pour rencontrer les autres et retrouver son modèle, le Che.

«Je veux savoir ce qu'il y a derrière l'horizon, même s'il part toujours avec toi. Sur mon vélo, j'entre en douceur dans le paysage. Je ressens les odeurs, j'entends les bruits. C'est un voyage à notre échelle, humaine.» Georges Probst a fêté ses 66 ans hier, mais ses yeux sont ceux d'un enfant lorsqu'il présente son projet. Le citoyen de Cortaillod rêvait d'aller à la rencontre de Che Guevara, son modèle, en Bolivie. Et il va le réaliser, son rêve. Mais il n'a évidemment pas choisi le chemin le plus court (lire parcours).

Le plan de route est établi, avec des pauses, mais ce voyage n'est pas virtuel. «C'est juste pour me donner une idée, pour savoir où j'en suis», avance Georges Probst. «Je veux surtout me laisser porter par la surprise de la découverte et les rencontres. J'espère dormir le plus souvent possible chez l'habitant. Ou à la belle étoile, c'est magnifique.» Il retrouvera aussi des amis, des anciens coureurs, des copains.

Après son aventure entre l'Australie et l'Europe, de 2005 à 2007, avec la traversée de l'Inde et de l'Asie (40 000 km), ce mécanicien sur vélo espère établir plus de contacts cette fois. «En Amérique du Sud, il n'y a qu'une seule langue, l'espagnol, et c'est un avantage», remarque-t-il. «Je connais quelques rudiments et j'espère m'améliorer. Mais, parfois, un simple regard suffit pour créer une relation. C'est déjà enrichissant.»

Cet échange fraternel fait avancer Georges Probst. «Mon départ n'est pas une fuite», assure-t-il. «Même si je tourne en rond quand je suis ici, je n'ai pas atterri que sur un pied après mon arrivée de Walkabut. J'ai rencontré beaucoup de gens au cours de mes conférences et des présentations de mon livre. C'était intéressant et cela me motive à repartir. En quelque sorte, je fais voyager ceux qui n'ont pas la possibilité ou le courage de partir comme moi. J'ai du plaisir à partager tout ça, comme à transmettre ce goût du voyage à mes petits-enfants. Je reconnais avoir de la peine à me refaire à notre vie en Suisse. Parfois, on a l'impression de déranger rien qu'en disant bonjour.»

A 66 ans, on se demande si c'est bien raisonnable de se lancer dans une pareille aventure. «Je sentirais un coup de vieux si je n'avais plus de projet», confesse l'aventurier de Cortaillod. «En voyageant, je n'ai pas l'impression de vieillir. Je réalise les rêves que je faisais sur mon banc d'école à Cornaux, quand j'étais gamin. Je pense tout de même que cette expédition sera la dernière. Après, je continuerai de voyager, mais tranquillement avec mon épouse.» Il s'agit, en fait, du cinquième grand voyage de Georges Probst. «L'expérience fait commettre moins d'erreurs», admet-il. Une fois revenu, le Neuchâtelois ne touchera plus à sa bécane. Elle sera rangée dans son garage, comme les autres. Ses souvenirs, il les conservera dans son cœur et nous les fera partager. On s'en réjouit déjà. Hasta pronto y hasta siempre! /JCE

Pour suivre cette expédition, connectez-vous sur: www.amsud-che-40.ch

D'Ushuaïa à Quito, 12 000 km sur les traces de Che Guevara

«Depuis toujours, je voulais aller en Bolivie, retrouver le Che, revenir sur ses derniers pas à ma façon, sur mon vélo. Mais je ne trouvais pas le chemin, je ne savais pas par où passer. Je cherchais un itinéraire, un parcours, lorsque j'ai vu un reportage sur la Route nationale 40 en Argentine», raconte-t-il. «J'ai tout de suite fait le lien.»

Le Neuchâtelois est parti le 2 janvier en avion pour rallier Ushuaïa, en Patagonie. Il y est arrivé hier et repartira le 7 janvier vers le nord. «Je voyagerai d'abord avec mon épouse Marie-Claire jusqu'au Parc national des glaciers», indique-t-il. Sa femme reviendra en Suisse et continuera de le soutenir à distance avec ses enfants.

Il remontera l'Argentine par la fameuse N40, longue de 5600 km, sur des routes goudronnées, des chemins en terre battue, plus ou moins escarpés. «C'est montagneux, mais je monterai moins haut que l'autre fois au Népal ou au Tibet», signale-t-il. «C'est surtout sur la fin, quand je traverserai les Andes que cela va se corser. Mais je sais à quoi m'attendre. Je devrai certainement pousser mon vélo et je vais souffrir. C'est lorsqu'on va à la limite que c'est le plus beau. Tout se passe dans la tête.» Avant d'arriver si haut, il aura traversé la Pampa. Puis il entrera en Bolivie, pour retrouver les traces du Che. Il se rendra à la Higuera, village où le leader révolutionnaire fut fusillé en 1967. Après le recueillement, Georges Probst se dirigera vers La Paz, par Potosí. Il passera ensuite par le Pérou, le lac Titicaca, Cuzco et Lima. «Je suis déjà allé dans ces régions avec mon épouse lors d'un précédent voyage», se souvient-il. «J'aimerais redécouvrir les richesses incas.» A Travers les Andes, les paysages seront magnifiques. Il a voulu franchir l'Equateur pour arriver à Quito, comme un symbole. «Je visiterai de magnifiques volcans», se réjouit-il. «J'ai un billet d'avion pour fin juin. On verra si j'arrive à temps. Je peux toujours le repousser.» Le Neuchâtelois n'est pas pressé, il va avancer à son rythme.

Cette fois, il transportera moins d'équipage. «Je suis plus léger d'une quinzaine de kilos», précise-t-il. «Mon vélo est moins lourd (5 kg de moins). J'ai encore changé les jantes, pour améliorer le freinage.» Ce mécanicien sur vélo ne néglige aucun détail. «Il faut s'occuper de sa machine autant que de soi. La dernière fois, lors de l'expédition Walkabut, j'avais crevé une fois.»

Et la machine humaine, comment se porte-t-elle? «Pas trop mal, j'ai été victime d'une fracture du col du fémur au mois de juin et on m'a remplacé un os par du titane, je suis aussi plus léger», rigole-t-il. «La distance ne me fait pas peur. J'ai roulé 10 000 km en 2010. Cette fois, je ferai presque la même chose, mais en six mois et en voyageant, c'est mieux.»

Côté financier, Georges Probst ne se fait pas de soucis. «Ma rente AVS finance mon expédition. Cela me coûterait aussi cher de rester ici.»

Et les dangers? «Je n'y pense pas. J'en prends conscience parfois après coup.» ça vaut mieux. /jce


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