Suède: la justice relance les poursuites pour viol contre Julian Assange

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Justice Les poursuites pour viol contre Julian Assange sont relancées par la procureure adjointe Eva-Marie Persson. Elles avaient été abandonnées en 2017, faute d'avancement de l'enquête.

 13.05.2019, 11:43
"J'ai décidé aujourd'hui de rouvrir l'enquête", a annoncé Eva-Marie Persson, procureure adjointe, lors d'une conférence de presse.

La justice suédoise a annoncé lundi la réouverture de l'enquête pour viol contre le fondateur de WikiLeaks Julian Assange. Elle espère le voir comparaître devant un tribunal avant la prescription du crime en 2020 s'il n'est pas extradé d'ici là vers les Etats-Unis.

L'annonce du parquet de Stockholm relance un feuilleton judiciaire qui dure depuis près d'une décennie. Pendant cette période, Julian Assange et ses soutiens n'auront eu de cesse de dénoncer une manoeuvre destinée à le faire extrader vers les Etats-Unis pour y répondre des fuites de documents secrets américains par WikiLeaks.

Mandat d’arrêt

C'est officiellement pour éviter cette extradition que l'Australien s'était réfugié en 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres. En son absence, et faute de pouvoir faire avancer l'enquête, la justice suédoise avait abandonné les poursuites en mai 2017. Mais son arrestation spectaculaire le 11 avril à Londres avait ravivé l'espoir de la plaignante et de son avocate de le voir remis à la Suède en vue d'un procès avant la prescription échéant en août 2020.

 

 

"J'ai décidé aujourd'hui de rouvrir l'enquête", a annoncé Eva-Marie Persson, procureure adjointe, lors d'une conférence de presse. "M. Assange étant sorti de l'ambassade équatorienne, les circonstances sont réunies pour demander sa remise (à la Suède) en vertu d'un mandat d'arrêt européen, ce qui n'était pas le cas avant le 11 avril." Le parquet va émettre dans les plus brefs délais un mandat d'arrêt européen à l'encontre de M. Assange.

Prescription dans un premier cas

Agée d'une trentaine d'années à l'époque des faits, la plaignante avait rencontré son agresseur présumé lors d'une conférence de WikiLeaks à Stockholm. Elle l'accuse d'avoir engagé un rapport sexuel dans la nuit du 16 au 17 août, pendant qu'elle dormait et sans préservatif alors qu'elle lui avait à plusieurs reprises refusé tout rapport non protégé.

Julian Assange a toujours soutenu qu'elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif. L'Australien avait été interrogé le 31 août 2010 par la police suédoise à Stockholm au sujet d'une plainte pour agression sexuelle déposée par une première jeune femme pour des faits présumés commis le 13 août. Cette procédure a été frappée par la prescription en 2015.

Il n'avait en revanche jamais été entendu au sujet de la plainte pour viol d'une autre jeune femme, jusqu'à son audition à l'ambassade équatorienne en novembre 2016 par un procureur équatorien en présence d'une magistrate instructrice suédoise. "Je suis totalement innocent", écrivait-il dans un message publié avec la retranscription de ses déclarations au procureur équatorien.

Pour le rédacteur en chef de WikiLeaks Kristinn Hranfsson, la relance des poursuites par la justice suédoise "va lui offrir la chance de se disculper".

"Signal fort"

Son avocat suédois, Per E Samuelson, a estimé lundi que la Suède se "ridiculisait" en relançant des poursuites "vieilles de 10 ans". "Je ne suis pas le moins du monde inquiet pour ce qui concerne la question de la culpabilité", a-t-il dit à la télévision.

Pour l'avocate de la plaignante, la décision de la justice suédoise "envoie un signal fort". "Nul n'est au-dessus de la loi, pas même quand on s'appelle Julian Assange", a lancé Elisabeth Massi Fritz à la presse à Stockholm.

ATS

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