06.06.2009, 11:34

Scrutin crucial pour un Liban divisé entre islam et chrétienté

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Par BEYROUTH / RITA DAOU

Le Liban organise demain sous haute surveillance un scrutin parlementaire crucial. Il pourrait voir l'alliance menée par le Hezbollah chiite et soutenue par l'Iran ravir la majorité à la coalition appuyée par l'Occident.

Le Hezbollah et ses alliés accusant la majorité parlementaire antisyrienne sortante de promouvoir «le projet américain au Liban», tandis que cette majorité met en garde contre «l'emprise iranienne» sur le pays en cas de victoire du camp rival. Un peu plus de 3,2 millions de Libanais sont convoqués aux élections. Beaucoup sont des expatriés qui doivent faire le déplacement au Liban, la loi électorale ne prévoyant pas le vote à l'étranger.

Les électeurs doivent choisir 128 députés parmi les 587 candidats, répartis à parité entre chrétiens et musulmans pour un mandat de quatre ans. Chaque communauté religieuse se voit attribuer un nombre de sièges dans les 26 circonscriptions en fonction de son poids démographique. Les députés sont choisis par l'électorat en vertu d'un système de vote à la majorité simple.

La plupart des pronostics indiquent que l'issue du scrutin est incertaine. Avec un découpage électoral empêchant une victoire massive de l'un des deux camps, le vote se jouera sur quelques sièges, notamment dans les régions chrétiennes où les électeurs sont divisés entre les deux parties.

Les élections se déroulent pour la première fois en une seule journée en présence de plus de 200 observateurs étrangers au total, et 50 000 soldats et policiers seront déployés à Travers le pays. Elles interviennent après quatre ans d'instabilité. Depuis 2005, le pays a connu assassinats politiques, guerre destructrice entre Israël et le Hezbollah en 2006, combats dans un camp de Réfugiés palestiniens entre l'Armée et des islamistes en 2007, crise politique aiguë et heurts intercommunautaires en 2008 qui ont fait une centaine de tués.

Les précédentes législatives en 2005 avaient été remportées par la coalition antisyrienne. Elles ont suivi l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri, pour lequel Damas, ancienne puissance de tutelle, est montrée du doigt. A la suite de ce drame, la Syrie a été contrainte de retirer ses troupes du Liban après une présence de près de 30 ans. D'après les experts, quel que soit le résultat, il ne devrait pas changer la face du Liban, malgré des craintes occidentales de voir le Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par Washington, remporter les élections. «Le marasme politique va continuer après les élections car la situation au Liban est liée aux affaires régionales», explique Hilal Khachane, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth. «Tous les problèmes du Liban sont en veille dans l'attente d'une avancée, notamment au niveau du dialogue entre Téhéran et Washington», ajoute-t-il. Et la formation d'un gouvernement promet une nouvelle passe d'armes quel que soit le vainqueur.

Parmi les principaux sujets qui divisent figure la question épineuse de l'arsenal du Hezbollah qui estime nécessaire de le conserver pour protéger le pays contre une éventuelle attaque israélienne. La majorité l'accuse de faire le jeu de l'Iran et de la Syrie et insiste pour que l'Etat ait le monopole des armes. Le Tribunal spécial pour le Liban chargé d'identifier et d'inculper les auteurs de l'assassinat de Rafic Hariri déchaîne aussi les passions, le Hezbollah et ses alliés estimant que cette instance est politisée. /RDA-afp

Aide militaire en question

Les Etats-Unis suspendront leur aide militaire en cas de percée du mouvement islamiste Hezbollah aux élections législatives du 7 juin, selon les experts. Mais ils vont chercher à garder des relations avec le Liban. Les experts s'accordent à dire que les perspectives de percée électorale du Hezbollah représentent un dilemme pour le président américain Barack Obama. D'un côté, il ne pourra pas continuer à livrer des armes à un gouvernement contrôlé même indirectement par le parti islamiste, opposé à la paix avec Israël, de l'autre, il ne veut pas laisser le champ libre à Téhéran. Les Etats-Unis ont fourni depuis 2006 à l'armée libanaise une aide militaire au total de près de 500 millions de dollars, qui comprend des avions, des chars, des armes légères, des véhicules et de l'entraînement. /ats-afp


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