10.05.2016, 12:50

Philippines: Duterte, le "Trump philippin", a remporté la présidentielle

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"C'est avec humilité, une humilité extrême, que je l'accepte, ce mandat du peuple", a déclaré Rodrigo Duterte. (Archive)

Élections Les propos extrêmes et populistes de Rodrigo Duterte auront convaincu le peuple philippin. Souvent comparé à Donald Trump par ses discours provocants, l'avocat sera sacré président et pourra ainsi entamer la campagne répressive contre les criminels.

L'avocat populiste Rodrigo Duterte a remporté une victoire sans appel à la présidentielle aux Philippines. Ce scrutin a mis au jour le ressentiment profond des Philippins envers l'élite. L'élu a promis de lancer une campagne impitoyable contre la criminalité.

Maire de la grande ville méridionale de Davao, M. Duterte a recueilli une avance insurmontable de 6,1 millions de voix lors de l'élection de lundi. Ses deux principaux rivaux ont reconnu leur défaite. Agé de 71 ans, il a séduit avec un langage cru et des propositions expéditives sur deux fléaux, la criminalité et la pauvreté.

"C'est avec humilité, une humilité extrême, que je l'accepte, ce mandat du peuple", a-t-il déclaré mardi. "J'éprouve de la reconnaissance envers le peuple philippin".

M. Duterte a également tendu la main à ses rivaux, après une campagne outrancière. "Je veux tendre la main afin que nous commencions maintenant le processus de guérison", a dit. Le président sortant Benigno Aquino l'avait accusé d'être un dictateur en devenir, susceptible de soumettre l'archipel au règne de la terreur.

Le style du candidat, son irruption surprise sur la scène politique nationale et sa capacité à renverser les codes de la politique conventionnelle ont fait que des commentateurs l'ont comparé au candidat républicain probable à la Maison Blanche, Donald Trump.

Prêt au meurtre

Rodrigo Duterte a promis de tenir les promesses au coeur de sa campagne, à savoir en finir avec la corruption et la criminalité. En campagne, il a effrayé ses contempteurs, mais séduit les foules en assurant, avec force grossièretés, qu'il allait tuer des dizaines de milliers de criminels, jeter les droits de l'Homme aux orties et se gracier lui-même pour meurtres de masse.

Il a usé mardi de termes moins provocateurs. Mais il a souligné qu'une campagne de répression visant spécialement le trafic de drogue serait l'une de ses priorités, et qu'il était prêt au meurtre.

"Je le ferai (pour combattre la drogue), même s'ils m'accusent d'être un bourreau", a-t-il dit. Les défenseurs des droits de l'Homme soupçonnent Rodrigo Duterte d'avoir organisé à Davao des escadrons de la mort coupables d'avoir tué un millier de personnes.

"Regardez ce que j'ai fait à Davao. Je ne laisserai pas tomber les gens", a-t-il insisté. Il a également mis en garde les policiers "ripoux". "Si vous êtes un policier et que vous voulez continuer votre racket, il faudra choisir: soit vous me tuez, soit je vous tue".

Assermenté le 30 juin

La commission électorale ne devrait pas proclamer officiellement sa victoire avant au moins une semaine. Cependant, les résultats publiés par le PPCRV, organisme de contrôle électoral de l'Eglise catholique, accrédité par la commission, montraient que M. Duterte ne pouvait plus perdre.

ATS

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