03.08.2015, 08:58

Otages français enfin libérés

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Par ALAIN BARLUET ET ISABELLE LASSERRE - LE FIGARO

Une semaine après que la France eut décidé de retirer une partie de ses troupes d'Afghanistan, les deux otages Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière ont été libérés hier, au terme de 547 jours de détention. Ils avaient été kidnappés en décembre 2009 avec leurs trois accompagnateurs afghans dans la province de Kapissa, au nord-est de Kaboul.

Alain Juppé a précisé hier qu'un de ces accompagnateurs a également été libéré. Les deux autres Afghans avaient retrouvé la liberté «il y a quelque temps».

Selon l'ambassade de France à Kaboul, les deux reporters de France 3, qui sont en «bonne santé», ont été «récupérés quelque part dans la province de Kapissa, qu'ils n'ont jamais quittée depuis leur enlèvement». Ils doivent atterrir à l'aéroport militaire de Villacoublay ce matin après avoir été, comme le sont tous les otages sortis de détention, «débriefés» par la Direction générale de la sécurité extérieure.

«Immense joie»

Cette libération met fin à la plus longue prise d'otages de Français depuis les enlèvements au Liban, il y a 25 ans. Maintes fois espéré, le dénouement a sans doute été permis par l'amélioration du contexte politique en Afghanistan.

D'abord, la mort de Ben Laden, tué par des commandos américains le 2 mai au Pakistan, qui a privé al-Qaïda de son chef ultraradical. Ensuite, l'amorce, pour la première fois, de négociations entre les talibans et les Américains, qui pourraient ouvrir la voie à une réconciliation nationale. Enfin, l'annonce du début du retrait, dès cette année, des forces américaines et françaises d'Afghanistan.

Fin novembre 2010, dans une vidéo, le patron d'al-Qaïda avait fait du départ des soldats français une condition de la libération des deux otages. Les laborieuses négociations entamées avec les ravisseurs, qui étaient à l'époque sur le point d'aboutir, se sont alors arrêtées net. Juste après l'enlèvement, les soldats français avaient bouclé la province de Kapissa pour empêcher une exfiltration des otages vers le Pakistan voisin. Mais ni eux ni les forces américaines n'avaient alors pu intervenir pour libérer les deux hommes, fréquemment déplacés par leurs gardiens, sans leur faire courir de risques.

Les négociations, entamées quelques semaines après la prise d'otages, ont failli aboutir à plusieurs reprises. Mais elles ont à chaque fois buté sur les interférences de plusieurs groupes talibans locaux, ainsi que sur les revendications des ravisseurs, qui demandaient une rançon et la libération de prisonniers détenus par les gouvernements afghan et pakistanais. Parallèlement aux tractations avec les preneurs d'otages, les Français ont été obligés de négocier avec le président Hamid Karzaï, très réticent à l'idée de faire sortir de prison des talibans impliqués dans des actes de Terrorisme. Fin février 2010, dix jours après qu'une première vidéo des otages eut été livrée aux autorités françaises - il y en aura deux - les négociateurs pensaient toucher au but. Nicolas Sarkozy a même appelé les familles des deux journalistes pour leur annoncer qu'ils allaient être récupérés par une unité de l'Armée afghane. Mais, entre-temps, les ravisseurs avaient changé d'avis.

Marge de manœuvre

L'annonce de la libération des otages a suscité de nombreuses réactions. A l'Assemblée nationale, François Fillon s'est félicité le premier de cette heureuse issue, qui «nous fait penser à tous les Français qui sont encore retenus en otage au Sahel, en Somalie, au Yémen». Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères a souligné que si le dénouement avait été si long à obtenir, c'est notamment parce que les deux reporters étaient détenus «dans des zones de combat». Il s'est refusé à donner tout détail sur la façon dont l'objectif a été atteint, notamment sur le versement d'une éventuelle rançon.

Côté militaire, on estime que la fin de cette affaire va redonner aux troupes sur le terrain «davantage de marge de manœuvre». Depuis le début, les militaires français déploraient les conséquences de cette détention sur les opérations menées dans la province de Kapissa, l'une des deux régions dont ils ont la charge. Certaines missions avaient dû être annulées pour ne pas mettre en danger la vie des deux otages. Selon des officiers sur place, les moyens mis en œuvre pour aider à la libération des deux Français, considérée comme une priorité pour Paris, pesaient sur leur mission de pacification au jour le jour.


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