03.08.2015, 08:58

Migrations induites par le réchauffement

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Des algues microscopiques, mais aussi une baleine coutumière des eaux du Pacifique, ont fait leur apparition dans l'Atlantique via l'océan glacial Arctique. Ce transfert a eu lieu à la faveur d'un dégel plus important que naguère durant la période estivale, ont rapporté des scientifiques. L'algue microscopique présente dans le Pacifique, appelée neodenticula seminae, n'était plus présente dans l'Atlantique Nord depuis 800 000 ans, comme l'avaient déterminé les scientifiques à partir de fossiles retrouvés au fond de la mer.

Scientifiques inquiets

En outre, une baleine grise aperçue en Méditerranée en 2010 - soit 300 ans après l'extinction de cette espèce dans la région Atlantique au sens large - est sans doute arrivée là à partir du Pacifique, profitant elle aussi de la réduction de la superficie de la banquise estivale autour du pôle Nord.

Ces découvertes ne laissent pas d'inquiéter la communauté scientifique. «C'est une boîte de Pandore», déclare le professeur Chris Reid, de la Fondation Sir Alister Harvey d'océanographie, en Grande-Bretagne, selon qui l'algue en question est pratiquement descendue jusqu'à la latitude de New York.

«On peut s'attendre à ce que d'autres espèces arrivent du Pacifique», dit-il. Or «un afflux d'espèces pourrait être extrêmement dommageable (...) pour les ressources halieutiques de l'Atlantique Nord», ajoute Chris Reid. Dans un tel scénario, les nouveaux arrivants entreraient en effet en concurrence avec les espèces endémiques comme la morue ou le saumon. «Nous avons franchi un seuil, avec le dégel lié au réchauffement planétaire dû aux combustibles fossiles des usines et des voitures», continue-t-il.

La baleine grise, photographiée au large de l'Espagne puis d'Israël en mai 2010, aurait traversé l'Arctique en provenance du nord-est du Pacifique.

«Voilà deux traces d'organismes vivants passant par les eaux libres de l'Arctique», souligne Katja Philippart, de l'Institut royal néerlandais de recherches marines, qui occupe une position dominante au sein de Clamer, projet européen qui réunit 17 instituts océanographiques de dix pays.

La dernière invasion d'organismes du Pacifique dans l'Atlantique remonterait, d'après les fossiles étudiés, à deux millions d'années. «Il y a eu alors une grande invasion (...). Elle a complètement modifié les écosystèmes de l'Atlantique Nord», explique Chris Reid, rappelant que les algues nouvellement identifiées dans l'Atlantique en avaient disparu il y a 800 000 ans, ce qui avait coïncidé avec l'ère glaciaire./  ats-afp


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