11.06.2009, 11:58

Les jeunes Iraniens à l'assaut du bastion conservateur

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L'Iran élit demain son président. La campagne animée aura vu le sortant Mahmoud Ahmadinejad garder toutes ses chances de résister à la montée en puissance du conservateur modéré Mir Hossein Moussavi.

Par PIERRE CELERIER

Isolement international, économie en berne, les adversaires du président devaient avoir la tâche facile dans la campagne entamée le 22 mai. Mir Hossein Moussavi bénéficie du soutien visible et bruyant d'une bonne partie de la jeunesse dans les villes qui revendique de plus grandes libertés individuelles.

Mais Mahmoud Ahmadinejad a choyé tout au long de son mandat l'électorat populaire qui l'a porté au pouvoir en 2005 et fait le pari qu'il le soutiendrait de nouveau. Mir Hossein Moussavi, ex-premier ministre de retour sur la scène politique après 20 ans d'absence, a attaqué le président sortant en l'accusant d'attenter à l'image de l'Iran à l'étranger.

Mahmoud Ahmadinejad, qui se pose en chef d'un camp «anti-impérialiste», n'a toutefois cure des critiques, et il est coutumier des provocations: l'Holocauste est une «grosse tromperie», les résolutions de l'ONU sanctionnant l'Iran pour son programme nucléaire sont des «bouts de papier» et la République islamique est «la première puissance du monde». Dans un débat contre le candidat réformateur Mehdi Karoubi, il a affirmé que la diplomatie signifiait «le contrôle de l'opinion publique mondiale». C'est à elle qu'il s'adresse, pas à ses gouvernants.

Sur le plan intérieur, l'inflation est passée d'environ 10% à plus de 25% sous son mandat. Le chômage dépasse 12%. Et le spectre d'un déficit budgétaire colossal se profile à l'horizon si les prix du pétrole ne se reprennent pas.

Face à ses adversaires, Mahmoud Ahmadinejad a aligné des chiffres et diagrammes contredisant ces données officielles, et conduisant Mehdi Karoubi et Mir Hossein Moussavi à dénoncer ensuite des «mensonges».

Le président table sur le soutien des bénéficiaires de ses largesses, avec des prêts sans intérêt, dons en liquide et subventions sur les produits de première nécessité.

Contrairement à ses prédécesseurs, qui gouvernaient le pays depuis la capitale, il a sillonné l'Iran sans relâche quatre ans durant.

En 2005, il se posait en «serviteur du peuple». Cette fois, il est celui qui se bat contre le «cercle fermé de ceux qui ont monopolisé l'économie».

Durant les débats télévisés, il a lié ses adversaires aux «profiteurs» du régime, qualifiés l'an dernier de «mafia économique». «D'où vient l'argent de votre campagne?», a-t-il demandé à Mir Hossein Moussavi, avant de l'accuser d'avoir le soutien de l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani (1989-1997). Ce dernier, réputé disposer d'une fortune considérable, avait été laminé au deuxième tour de la présidentielle de 2005 par Mahmoud Ahmadinejad. Le président a utilisé la même tactique avec Mehdi Karoubi.

«Comment avez-vous acheté votre maison?», lui a-t-il lancé avant de l'accuser d'avoir perçu des fonds, lorsqu'il présidait le Parlement, d'un homme d'affaires ensuite jeté en prison pour corruption.

Dans les deux cas, le président s'en est pris à des figures emblématiques du régime: des religieux au passé révolutionnaire irréprochable mais dont l'origine de la fortune personnelle restait jusqu'ici un sujet tabou.

Son troisième adversaire, l'ancien chef des Gardiens de la révolution Mohsen Rezaï, l'a attaqué plus durement, en mettant en cause son exercice solitaire du pouvoir.

«Il a créé un vide autour de lui et personne ne se sent en sûreté à sa proximité», a dit Mohsen Rezaï en insistant aussi sur la «mauvaise situation économique du pays».

Mahmoud Ahmadinejad a simplement mis la critique de son adversaire sur le compte d'un «manque de connaissance de la gestion courante des affaires». /PCE-ats


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