Les dirigeants de l'OTAN se réunissent dans un contexte international délétère

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Newport Newport (Pays de Galle) réunit ce jeudi pour deux jours les 28 dirigeants de l'OTAN sur fond de crise ukrainienne, notamment.

  04.09.2014, 06:57
Derniers préparatifs à Newport pour accueillir les 28 dirigeants de l'OTAN. Ils vont s'entretenir sur la réponse à donner à la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne au Pays de Galles.

Les dirigeants des 28 pays de l'OTAN entament jeudi un sommet de deux jours à Newport, au Pays de Galles. Ils devraient donner leur feu vert à une force de réaction rapide de plusieurs milliers d'hommes pour répondre à "l'agressivité" de la Russie dans la crise ukrainienne.

Les relations entre l'Alliance atlantique et Moscou se sont dégradées depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en mars dernier. Les alliés accusent Vladimir Poutine de soutenir directement les séparatistes dans l'est de l'Ukraine.

Kiev et Moscou ont fait état mercredi de progrès sur la voie d'uL arrêt des hostilités dans l'est de l'Ukraine. La tension reste toutefois vive et donne à cette réunion de l'OTAN des allures de sommet de l'époque de la Guerre froide, raison d'être initiale de cette alliance portée sur les fonts baptismaux en 1949.

La Russie a ainsi annoncé mardi qu'elle réviserait sa doctrine militaire. Elle veut tenir compte de la menace que constitue l'OTAN, selon elle, et a donc annoncé d'importants exercices militaires après que Kiev a exprimé sa volonté d'activer sa procédure d'adhésion à l'Alliance atlantique.

Assurances aux pays baltes

Plusieurs pays d'Europe de l'Est membres de l'OTAN ont demandé l'envoi de soldats sur leur territoire. Cette idée a toutefois été rejetée pour respecter l'accord de 1997 avec Moscou, par lequel l'Alliance s'est engagée à ne pas maintenir en permanence d'importantes troupes de combat aux frontières de la Russie.

Barack Obama a effectué mercredi un déplacement en Estonie pour assurer aux pays baltes, qui abritent de nombreuses communautés russes, que l'Alliance atlantique reste déterminée à préserver leur sécurité. Cela en vertu de l'article 5 du traité qui oblige l'OTAN à réagir si un de ses membres est attaqué.

Pas d'huile sur le feu

Mais pour certains pays, comme la France, le sommet ne doit pas jeter de l'huile sur le feu. Il s'agit de rassurer les alliés de l'Est tout en se gardant de provoquer Moscou. Mais François Hollande a choisi mercredi de renoncer pour l'instant à livrer un premier porte-hélicoptères Mistral à la Russie en raison des "actions" menées en Ukraine.

François Hollande avait pourtant dit jusqu'à présent que le contrat serait honoré. Cela en dépit de la pression des Etats-Unis, du Royaume-Uni et des anciens satellites de l'URSS.

"Le refus à ce contrat ne sera pas une tragédie pour nous en matière de plan de réarmement", a réagi un vice-ministre russe de la Défense, Iouri Borissov, à l'agence officielle Itar-Tass. "C'est bien évidemment désagréable et apporte certaines tensions dans les relations avec nos collègues français", a-t-il dit.

Les Etats-Unis ont salué une "sage décision", a commenté dans un mail la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki. Les pays baltes ont aussi salué cette décision.

Investissement

Le projet de développer une nouvelle force de réaction rapide au sein de l'OTAN en réponse à la crise ukrainienne a été rendu public en début de semaine. Elle comprendrait des unités capables de se déployer en quelques jours si une crise éclatait.

Il en coûterait "quelques centaines de millions d'euros" par an, a estimé mercredi un général de l'Alliance. Il estime que c'est le prix d'une "défense crédible".

"Maintenir des gens en alerte, ça a un certain coût, mais (...) c'est un investissement (...) qui sera rentabilisé très vite dans la mesure où on sera plus efficace", a déclaré le général Jean-Paul Paloméros qui dirige l'un des deux commandements stratégiques de l'OTAN à Norfolk (Etats-Unis).

Sans commune mesure

"C'est le coût à payer pour avoir une défense et une alliance crédible", a ajouté le commandant suprême de l'Alliance chargé de la transformation dans un entretien à l'AFP. "Ce ne sont pas des chiffres colossaux si on les rapporte aux budgets globaux des pays de l'Alliance" et c'est "sans commune mesure avec de très gros investissements de défense", a-t-il estimé.

A titre d'exemple, les Etats-Unis qui assurent les trois-quarts des financements de l'OTAN ont dépensé en 2013 quelque 640 milliards de dollars (environ 590 milliards de francs) dans ce domaine.


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