02.08.2015, 19:45

Le pouvoir du président contesté

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La colère de la rue semble désormais aussi agiter le Yémen. Des milliers de Yéménites ont manifesté hier à Sanaa à l'appel de l'opposition pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Le président tunisien «est parti après 20 ans, 30 ans au Yémen, ça suffit», scandaient les manifestants.

Le ministre yéménite de l'Intérieur, Motahar Rachad al- Masri, a exclu toute similitude avec la révolte tunisienne qui a conduit à la chute de Ben Ali le 14 janvier. «Le Yémen ne ressemble pas à la Tunisie», a-t-il déclaré, affirmant que le Yémen «est un pays démocratique» et les manifestations sont pacifiques.

«Non au renouvellement du mandat, non à la transmission héréditaire du pouvoir», «l'heure du changement a sonné», répétaient les manifestants qui s'étaient rassemblés pendant deux heures à l'appel d'une coalition de partis de l'opposition parlementaire.

«Nous nous rassemblons aujourd'hui pour demander le départ du président Saleh et de son gouvernement corrompu», a lancé à l'adresse de la foule un député du parti islamiste Al-Islah, Abdelmalik al-Qasuss. L'opposition a organisé quatre manifestations distinctes dans la capitale pour «disperser les forces de police», selon l'un des organisateurs.

Les forces antiémeute se tenaient à distance des manifestants, mais elles ont renforcé les mesures de sécurité autour du Ministère de l'intérieur et de la Banque centrale. Le Congrès populaire général (CPG, parti au pouvoir), a organisé quatre contre-manifestations qui ont réuni des milliers de personnes dans la capitale.

Le gouvernement a annoncé cette semaine une augmentation des salaires, une mesure destinée à «prévenir des problèmes similaires à ceux de la Tunisie», selon l'analyste Mustapha Nasr.

En outre, des milliers de partisans du Mouvement sudiste, un groupe séparatiste, ont manifesté dans plusieurs villes du Sud du Yémen, scandant des slogans séparatistes. «Révolution, Révolution dans le Sud», «Plutôt mourir libres que d'accepter l'occupation», répétait la foule.

Au pouvoir depuis 1978, Ali Abdallah Saleh a été élu pour la première fois en 1999 au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans. Il a été réélu pour la deuxième fois en 2006 pour un mandat qui arrive à expiration en 2013.

Un projet d'amendement de la Constitution, en discussion au Parlement malgré le refus de l'opposition, pourrait ouvrir la voie à une présidence à vie pour l'actuel chef de l'Etat. L'opposition accuse en outre le président Saleh (68 ans), de vouloir transmettre la présidence à son fils aîné Ahmad, chef de la garde républicaine, unité d'élite de l'Armée. /ats-afp

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