Le ministre de l'Agriculture en pleine tourmente

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  07.08.2009, 04:15

Le tout nouveau ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, se retrouve déjà dans la tourmente. Il est coincé entre les exigences de Bruxelles et le puissant lobby agricole qui refuse le remboursement de centaines de millions d'euros d'aides publiques.

Nommé le 23 juin lors du dernier remaniement, Bruno Le Maire, ancien diplomate discret de 40 ans, a mis le feu aux poudres lundi. Il a déclaré que les producteurs français de fruits et légumes devaient rembourser des centaines de millions d'euros d'aides jugées illégales par la Commission européenne.

Dans la première puissance agricole d'Europe, fière de ses terroirs et de sa tradition paysanne, la déclaration fait scandale. Beaucoup accusent Bruno Le Maire de se méprendre sur son rôle de ministre: la défense, avant tout, des intérêts de l'agriculture française.

«Nous ne paierons pas», a répondu au ministre la puissante Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), qui lui a promis le cas échéant une mobilisation «solidaire» des agriculteurs à la rentrée. Soit la perspective d'actions choc - déversements de tonnes de fruits et légumes devant le ministère ou des préfectures, défilés de tracteurs sur les routes -, comme les agriculteurs français en ont mené depuis des années pour défendre leur activité.

La Commission de Bruxelles reproche à la France d'avoir laissé perdurer pendant des années un système d'aide en principe ponctuel, destiné au départ à pallier dans l'urgence les aléas climatiques et les mauvaises récoltes. Elle exige que les producteurs français de fruits et légumes remboursent à l'Etat des aides versées entre 1992 et 2002, qu'elle chiffre à 330 millions plus les intérêts, soit environ 500 millions d'euros, et qui auraient faussé la concurrence.

Face aux réactions des syndicats agricoles, Bruno Le Maire a convoqué mardi une réunion au ministère, à l'issue de laquelle il a promis de nouvelles aides aux agriculteurs, une expertise des aides perçues, et des négociations. Il a aussi affirmé qu'il avait reçu le soutien «total» du président Nicolas Sarkozy et du premier ministre François Fillon.

Car l'opposition, mais aussi nombre de membres de la majorité de droite, s'agacent de sa gestion du dossier. Ils la jugent maladroite vis-à-vis de producteurs déjà mis en difficulté par la baisse des prix des fruits et légumes.

Le ton a été sévère à droite: il «n'appartient pas au ministre de l'Agriculture de céder à la bureaucratie bruxelloise», a dit le député du parti présidentiel UMP Lionel Luca. «Quand on est ministre de l'Agriculture il faut avoir à l'esprit de défendre les intérêts des producteurs», a souligné son collègue Jacques Le Guen.

«On ne dit pas comme ça, à des gens qui sont en grande difficulté: il faut rembourser 500 millions d'euros», a souligné, côté socialiste, la députée Geneviève Gaillard. «Il s'est un peu précipité» a de son côté estimé Jean Glavany, ancien ministre socialiste de l'Agriculture. /ats-afp

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