Le Bangladesh dément les revendications de l'EI de la prise d'otage

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Terrorisme Alors que l'EI revendique la prise d'otage à la machette perpétrée vendredi, le Bangladesh dément et assure que les assaillants sont bangladais et issus d'un groupe local.

  03.07.2016, 17:09
Le Bangladesh démentirait la revendication de l'EI pour conserver des accords commerciaux.

Le Bangladesh a assuré que le massacre de 20 otages vendredi soir à Dacca a été perpétré par les membres d'un groupe djihadiste local. Il a rejeté toute implication de l'Etat islamique (EI), tout en précisant qu'il "étudierait" d'éventuels liens avec des groupes islamistes internationaux.

La plupart des victimes ont été tuées à la machette par le commando islamiste qui a fait irruption vendredi soir dans ce restaurant huppé du quartier diplomatique de la capitale. Après une douzaine d'heures, une centaine de policiers ont donné l'assaut. Six islamistes ont été tués, un septième a été arrêté.

"Tous les hommes étaient Bangladais. Cinq d'entre eux étaient fichés comme activistes et ceux qui sont chargés de faire respecter la loi ont essayé à plusieurs reprises de les arrêter", a déclaré à la presse samedi soir le chef de la police nationale, Shahidul Hoque.

Revendiqué par l'EI

Dénoncé dans le monde entier, ce massacre a été revendiqué par l'EI qui dit s'en être pris à un rassemblement de "citoyens d'Etats Croisés". Parmi les victimes figurent neuf Italiens, sept Japonais, un Américain, une Indienne et trois Bangladais ou d'origine bangladaise.

L'EI a diffusé des photos de cinq combattants présentés comme ayant participé au massacre, souriant devant un drapeau noir, selon le site de veille spécialisé SITE.

Activistes locaux

Le ministre bangladais de l'Intérieur Asaduzzaman Khan a toutefois déclaré qui ni l'EI, ni Al Qaïda n'étaient impliqués. Il a réaffirmé la position du gouvernement selon laquelle des activistes locaux étaient responsables de la série d'assassinats qui se sont produits dans le pays ces 18 derniers mois.

Selon lui, les assaillants étaient des membres du Jamaeytul Mujahdeen Bangladesh (JMB), un groupe djihadiste interdit depuis plus d'une décennie, qui affirme représenter l'EI au Bangladesh. "Nous soupçonnons avant tout les membres du JMB", a renchéri le chef de la police nationale, Shahidul Hoque, précisant que les enquêteurs se pencheraient sur l'hypothèse d'un "lien international".

"Nous ne pouvons pas dire d'emblée quel est le groupe derrière tout cela. Mais c'étaient des terroristes qui étaient bien entraînés", a dit le général Naeem Ashfaq Choudhuri, directeur des opérations militaires de l'armée. Les enquêteurs cherchent notamment à savoir si les assaillants ont reçu des instructions de l'EI ou d'Al Qaïda, explique un responsable de la lutte anti-terroriste.

Un tournant

Les analystes estiment que le Bangladesh ne veut pas admettre l'existence d'organisations djihadistes internationales sur son sol par crainte de faire fuir les investisseurs. Pour Shahedul Anam Khan, analyste pour le quotidien Daily Star, le gouvernement ne peut désormais plus raisonnablement nier leur présence active.

"On n'est pas sûr que ces personnes soient liées de façon organique à des groupes extrémistes internationaux, mais le gouvernement doit reconnaître la marque de l'EI dans ce pays et la multitude des démentis ne pourra rien y changer", dit-il.

Quoi qu'il en soit, cette attaque marque un tournant dans les violences islamistes au Bangladesh. Les attaques menées jusqu'ici visaient des individus revendiquant un mode de vie laïque ou des membres de minorités religieuses.

Etrangers ciblés

Or, celle de vendredi, survenue en fin de période du Ramadan, semble avoir été plus organisée que les autres. Les islamistes ont repéré les étrangers dès qu'ils sont entrés dans le restaurant. Ils ont ordonné aux Bangladais de se lever avant de commencer à tuer, dit-on de source proche de l'enquête. Les Bangladais ont dû fermer les yeux et réciter des versets du Coran.

Le ministre de l'Intérieur bangladais a assuré que tous les preneurs d'otages avaient fait de solides études. "Il s'agit de jeunes hommes très instruits qui ont fréquenté l'université. Aucun ne vient d'une madrasa" (école coranique), a dit le ministre.

ATS

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