02.08.2015, 19:51

La volte-face du président Saleh, affaibli mais combatif

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Alors qu'il se disait prêt à remettre le pouvoir, le président yéménite contesté, Ali Abdallah Saleh, s'est finalement montré combatif hier devant des centaines de milliers de manifestants à Sanaa. Il est prêt à «résister», après l'échec de tractations avec le général dissident, Mohsen Ali al-Ahmar.

Des unités de l'armée, déployées en force dans la capitale yéménite, ont dû tirer en l'air pour interdire à des manifestants pro-Saleh de s'approcher d'une autre foule de protestataires anti-régime rassemblés sur la place de l'Université, siège d'un «sit-in» permanent depuis plus d'un mois. Aucune estimation officielle n'a été donnée pour le nombre des manifestants dans les deux camps, mais selon des correspondants de presse, les deux rassemblements rivaux comptaient plusieurs centaines de milliers de personnes.

Dans un discours au ton vindicatif, le chef de l'Etat, en fonction depuis 32 ans, a répété hier qu'il était disposé à remettre le pouvoir mais «dans des mains sûres, non entre les mains de revanchards et de corrompus. Nous ne pouvons pas céder le pouvoir à une infime minorité», a-t-il ajouté. Il a assuré ne pas vouloir céder le pouvoir à des opposants qu'il a qualifiés «d'aventuriers et de comploteurs».

Il a salué ses partisans qui ont envahi une place proche du palais présidentiel, et assuré qu'il leur revenait de faire le choix de qui devait gouverner le Yémen, pays pauvre qui compte 24 millions d'habitants. «Le peuple veut Ali Abdallah Saleh», lui ont-ils répondu, en brandissant des portraits du président et des banderoles à sa gloire. «Par nos âmes, par notre sang, nous nous sacrifierons pour Saleh.»

«Nous résisterons. Nous résisterons», a martelé Ali Abdallah Saleh, devant les rangs serrés de ses partisans, parmi lesquels de nombreux hommes des tribus. Il a qualifié cette mobilisation de «réponse volontaire» à ses détracteurs, rassemblés sur une autre place de Sanaa, baptisée la place du Changement, près de l'université de Sanaa.

L'apparition du président, affaibli par des défections dans l'armée, les tribus, l'élite religieuse et son propre parti, intervient au lendemain de l'échec d'une tentative de conciliation avec l'homme fort de l'armée, qui a rallié la contestation. Selon une source proche des discussions, une rencontre jeudi soir entre le président et le général Mohsen Ali al Ahmar a «échoué à désamorcer la crise ou à rapprocher les points de vue des deux parties».

Jeudi, Ali Abbdallah Saleh avait déjà annoncé qu'il se défendrait par «tous les moyens possibles», et invité les officiers et militaires ayant fait défection pour rallier l'opposition à «revenir à la raison». L'Armée est dorénavant divisée, et deux accrochages cette semaine entre unités rivales ont fait deux morts et trois blessés dans le Sud. /ats-afp-reuters


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