03.08.2015, 09:16

La grande mue de la ville de Vladivostok

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Terminus mythique du Transsibérien, Vladivostok ressemble depuis plusieurs mois à un vaste chantier: les autorités russes ont fait le rêve fou de transformer cette ancienne ville militaire fermée en une vitrine de la Russie sur le continent asiatique.

Pour l'instant, la cité portuaire, située sur les bords du Pacifique à quelque 6000 km à vol d'oiseau de Moscou, porte encore de lourds stigmates de l'ère soviétique et de la gestion plus que laxiste des années qui ont suivi la chute de l'URSS, comme en témoignent ses barres d'immeubles à moitié délabrées et ses trottoirs défoncés.

Mais dans un an, en septembre 2012, elle devra accueillir le sommet annuel du Forum économique Asie-Pacifique (Apec), qui regroupe 21 pays de la région, parmi lesquels des économies majeures comme les Etats-Unis, la Chine et le Japon.

Un événement d'une importance cruciale pour la Russie et l'homme fort du pays, Vladimir Poutine, qui fut à l'origine du projet lorsqu'il était encore locataire du Kremlin. Son arrière-pensée? Affirmer la puissance de la Russie vis-à-vis de ses voisins asiatiques, en pleine ascension.

Et dans cette perspective, les autorités russes ont choisi de ne pas lésiner sur les moyens. Les projets d'aménagement de la ville et sa région sont titanesques, à l'image des deux gigantesques ponts à haubans en construction, dont l'un doit relier Vladivostok à l'île Rousski, où doit se tenir le sommet de l'Apec, en passant au-dessus du Bosphore oriental.

«Ce sera notre Golden Bridge, comme à San Francisco!», s'enthousiasme Alexandr Matchevski, porte-parole du premier vice-premier ministre Igor Chouvalov qui est en charge du projet.

Sur l'île, couverte d'une forêt dense de feuillus et quasi inhabitée, un immense campus universitaire, ultramoderne, est en train de sortir de terre. Il abritera le sommet en septembre, avant d'accueillir à partir d'octobre les 25000 étudiants de l'Université fédérale d'Extrême-Orient.

Cette dernière espère attirer d'ici 2020 «35 000 étudiants», en provenance de Russie mais aussi de l'étranger, et essentiellement d'Asie-Pacifique, indique Alexeï Moisseenko, responsable au sein de l'administration de Vladivostok.

Car le but est bien de repeupler la région, qui a souffert depuis la chute de l'URSS d'un fort exode et de la chute démographique. «Nous voulons faire venir ici un million de personnes. Actuellement, il n'y en a que 600 000», reconnaît Alexandr Matchevski.

Et pour y parvenir, les autorités doivent réussir à séduire les investisseurs. «Nous espérons attirer chaque année 300 milliards de roubles (réd: 8,5 milliards de francs), contre 120 milliards pour l'instant» (réd: 3,4 milliards), indique Sergueï Darkine, gouverneur de la région de Primorié.

En attendant, la facture des travaux, qui prévoient aussi la construction d'un nouvel aéroport, de 43 km d'autoroute, ou encore de stations d'épuration, est astronomique: le programme fédéral a compté pour 20 milliards de dollars de dépenses, mais cela «va être dépassé», prévoit Moisseenko. / ats-afp


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