02.08.2015, 19:51

La catastrophe nucléaire est loin d'être écartée

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Le Japon a prévenu dimanche que le danger d'une catastrophe nucléaire était loin d'être écarté à la centrale de Fukushima. Des fuites beaucoup plus radioactives que la veille ont été relevées. Le personnel a dû être évacué, reportant le pompage de l'eau polluée.

Le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, a reconnu que les  opérations d'urgence sur le site étaient particulièrement laborieuses et l'absence de réels progrès frustrante face à cette catastrophe, la pire depuis la Deuxième guerre mondiale.

«Nous aimerions pouvoir donner un programme clair sur quand cela va être résolu, et ceux qui travaillent sur le site pensent la même chose», a-t-il déclaré dimanche à la télévision publique NHK. «Mais je ne peux pas être plus optimiste que la réalité».

Une très forte radioactivité a été mesurée dimanche dans une nappe d'eau échappée du réacteur 2 de la centrale, qui est située sur la côte nord-est du Japon, face à l'océan Pacifique. Cela a forcé le personnel à reporter les opérations de pompage de cette eau polluée, a annoncé Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire et opérateur du site.

10 mio plus élevé
Le taux mesuré dans des échantillons de cette eau retrouvée au  sous-sol de la salle de la turbine située derrière le réacteur est de 1000 millisieverts par heure, a déclaré un porte-parole de Tepco. «Ce chiffre est 10 millions de fois plus élevé que le niveau de radioactivité de l'eau qui se trouve généralement dans un réacteur en bon état», a-t-il expliqué.

Il a ajouté que cela signifiait que le combustible dans le coeur du réacteur avait probablement subi des dommages lors d'un début de fusion survenu juste après le Séisme et le tsunami du 11 mars.

«Nous avons détecté dans les échantillons d'eau des taux élevés de césium et d'autres substances qui ne se trouvent généralement pas dans l'eau du réacteur. Il existe une forte probabilité pour que les barres de combustible se soient dégradées», a-t-il dit.

Jour et nuit
Pour éviter une détérioration désastreuse de la situation à Fukushima-Daiichi (Fukushima No 1), les techniciens, pompiers et militaires déployés sur place jour et nuit doivent absolument parvenir à faire baisser la température des réacteurs.

Cela impose la remise en marche du circuit de refroidissement, mis hors service par le séisme et le tsunami qui ont frappé la région le 11 mars, y faisant 10'418 morts et 17'072 disparus.

Pendant près de deux semaines, les installations accidentées ont été arrosées avec de l'eau de mer, à l'aide de canons à eau et de pompes électriques dirigées par des grues géantes. Etant donné les risques de corrosion dus au sel, Tepco a décidé d'utiliser désormais de l'eau douce.

Mais ces opérations sont sans cesse entravées par des pics de radioactivité et des difficultés techniques, dans un danger permanent dû aux rayonnements ionisants. Des taux de radioactivité de plusieurs centaines de millisieverts par heure ont déjà été détectés autour des réacteurs endommagés de la centrale, imposant d'autres évacuations temporaires des ouvriers.

AIEA: pas sorti d'affaire
Jeudi, trois ouvriers, chaussés seulement de bottines en caoutchouc, ont été irradiés en marchant dans une flaque d'eau très fortement radioactive lors d'une intervention dans la salle de la turbine du réacteur 3, où le niveau de radiation était de 180 millisieverts par heure. Deux ont dû être hospitalisés.

«Le Japon est loin d'être sorti de l'accident» qui frappe la centrale en péril, a estimé le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le Japonais Yukiya Amano, dans une interview samedi au «New York Times».

Insistant sur le fait qu'il ne critiquait pas l'action des autorités japonaises face à ces circonstances extraordinaires, Yukiya Amano a souligné que «davantage d'efforts» devaient être déployés pour écarter le danger d'une catastrophe majeure.

Yukiya Amano a déclaré qu'il pensait que les autorités japonaises ne pratiquaient pas de rétention d'informations. Il a toutefois ajouté que sa récente visite au Japon avait pour objectif d'obtenir du premier ministre Naoto Kan un engagement sur une «transparence totale». /ats


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