03.08.2015, 08:57

«L'immobilisme met Israël en danger»

chargement
Par érusalem, propos recueillispar PIERRE ROUSSELIN - le figaro

Pensez-vous qu'Israël devrait répondre favorablement à l'initiative française visant à relancer des négociations avant que les Palestiniens ne demandent à être reconnus en tant qu'Etat à l'ONU en septembre?

J'ai parlé de cette initiative récemment avec Alain Juppé. Les négociations sont plus nécessaires que jamais. C'est la seule façon d'arrêter toutes les actions unilatérales, quelles qu'elles soient. En ce qui me concerne, des négociations sont nécessaires quoi qu'il arrive en septembre. Quand j'étais au gouvernement, j'ai moi-même initié les pourparlers et je n'ai donc pas eu à payer un prix pour les lancer. Après les élections, j'ai demandé au premier ministre de poursuivre ces efforts. Un gel des implantations n'est pas un prix trop élevé pour parvenir à notre objectif qui est celui de deux Etats pour deux peuples. Le choix, aujourd'hui, est entre négocier et ne pas négocier. C'est un choix crucial pour Israël.

L'isolement d'Israël sur la scène internationale vous préoccupe-t-il?

Oui, absolument. Et cela ne va pas s'arrêter. Pour moi, une chose est claire: mettre fin au conflit avec les Palestiniens est dans l'intérêt d'Israël. C'est la seule façon de préserver notre vision, qui est celle d'un Etat juif et démocratique. Cette vision implique deux Etats pour deux peuples. Le problème de l'isolement n'est pas de savoir si on nous aime ou pas. L'immobilisme met Israël en danger. Cela affecte la légitimité d'Israël et donc notre capacité à nous défendre, parce que notre droit d'agir est mis en doute.

Les bouleversements dans le monde arabe sont-ils une source d'espoir ou d'inquiétude? Rendent-ils des négociations plus urgentes?

L'anxiété conduit certains responsables israéliens à une position défensive. L'immobilisme devient une politique. D'autres ne veulent pas résoudre le conflit et c'est une excuse pour ne rien faire. Ma vision est autre. Je ne sais pas ce qui va se passer en Egypte. Mais je constate que les jeunes de la place Tahrir se sont soulevés pour obtenir leurs droits, pas à cause d'Israël. Maintenant, il y a, chaque vendredi, une manifestation devant l'ambassade israélienne au Caire. Quand il y aura des élections, les radicaux voudront mettre Israël au cœur du débat. Il y a maintenant une bataille dans le monde arabe entre les extrémistes et les modérés. Nous devons renforcer les modérés. C'est pourquoi il est plus urgent que jamais de négocier.

L'accord entre le Hamas et le Fatah rend-il des négociations impossibles?

Je vous répondrai comme à votre question précédente. Pour certains, c'est une raison de ne pas négocier; pour d'autres, c'est une excuse. Pour moi, c'est un problème à résoudre. Nous connaissons le Hamas. Ils ne sont pas prêts à mettre fin au conflit. Nous avons eu des partenaires qui voulaient faire la paix mais étaient trop faibles pour l'imposer. Nous en avons eu qui auraient pu l'imposer mais n'en voulaient pas. Maintenant, nous avons les deux. En fait, le problème a déjà été traité. Quand le Hamas a remporté les élections, j'étais ministre des Affaires étrangères. Les conditions que le Quartet (réd: Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU) a imposées au gouvernement palestinien - je dis bien le gouvernement palestinien - proviennent d'une discussion avec le président Chirac. Nous ne pouvons pas négocier avec le Hamas, mais nous pouvons le faire avec un gouvernement palestinien qui accepte les conditions du Quartet (réd: reconnaissance d'Israël, renoncement à la violence et reconnaissance des accords signés). Au Hamas, ensuite, de décider s'il accepte l'accord.

Le gouvernement israélien insiste pour qu'un accord mette fin définitivement au conflit et à toute revendication ultérieure. Est-ce un obstacle?

C'est réalisable. J'ai négocié avec les Palestiniens pendant neuf mois, et ils comprennent que cela fera partie d'un accord, même si c'est le dernier article du texte qui sera signé. L'article en question stipulera: «Cela met un terme à toute revendication, dans le cadre de deux Etats pour deux peuples, chaque Etat répondant aux aspirations nationales de son peuple, le peuple juif en ce qui concerne Israël, et le peuple palestinien en ce qui concerne son Etat.» Cela répond, par ailleurs, à la question de la reconnaissance par les Palestiniens d'Israël en tant qu'Etat juif.

Pourquoi ne pouvez-vous pas entrer au gouvernement?

Parce que Netanyahou (réd: le premier ministre) ne veut pas. Je lui ai proposé plus d'une fois de former une autre coalition. Il ne s'agit pas pour moi de me rallier à cette coalition sans avoir les moyens de la convaincre. Je considère que mon rôle, aujourd'hui, est de maintenir l'espoir d'une alternance, le moment venu.

Le chef du Hamas en Turquie pour des discussions

Le chef du Hamas, Khaled Mechaal, a discuté avec des responsables turcs des moyens de résoudre les désaccords entre les factions palestiniennes au cours d'une visite de deux jours à Istanbul qui s'est achevée hier, ont affirmé des diplomates turcs.

Le dirigeant du Hamas «est arrivé à Istanbul mardi et a eu des entretiens avec notre ministre des Affaires étrangères (réd: Ahmet Davutoglu) et des responsables du ministère sur la question palestinienne», a déclaré un diplomate turc de haut rang. «Ils ont discuté de la question de l'unité des Palestiniens et des affaires régionales.»

Mahmoud Abbas à Ankara

Un autre diplomate a confirmé les entretiens du chef du Hamas avec des responsables turcs et a ajouté qu'«aucune rencontre n'est programmée entre lui et Mahmoud Abbas (réd: le président de l'Autorité palestinienne)».

La visite de Khaled Mechaal coïncide avec un déplacement de quatre jours à Ankara de Mahmoud Abbas. Ce dernier y est arrivé mardi après-midi. Des sources turques ont affirmé qu'il aurait eu un «programme privé» hier avant de rencontrer aujourd'hui et demain le président, Abdullah Gül, le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, et le chef de la diplomatie, Ahmet Davutoglu.

Réconciliation

La Turquie plaide depuis plusieurs mois pour une réconciliation des deux factions palestiniennes, le Fatah de Mahmoud Abbas, qui contrôle la Cisjordanie, et le Hamas, à la tête de la bande de Gaza.

Le Fatah et le Hamas se sont engagés en mai à choisir des personnalités indépendantes pour constituer un gouvernement qui préparera les bases pour des élections législatives et présidentielle dans un délai d'un an. Le Hamas est opposé à la reconduction à la tête du gouvernement de l'actuel premier ministre de l'Autorité palestinienne, Salam Fayyad, selon ces sources. / ats-afp

Construction d'écoles et de logements à gaza

 

Le gouvernement israélien a autorisé l'ONU à importer des matériaux de construction dans la bande de Gaza. Ils rendront possible la construction de 1200 logements et de 18 écoles, ont annoncé mardi les deux parties. Le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry, a salué «ce pas important». Il a précisé que la valeur totale de ces projets s'élevait à près de 100 millions de dollars (85 millions de francs).

Par ailleurs, des dizaines de Palestiniens de Gaza ont brièvement fermé samedi deux camps d'été de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies). Ils ont voulu dénoncer ainsi le retard pris par la reconstruction de leurs maisons à Rafah détruites par des raids israéliens en 2002 et 2003. / ats-afp

Tzipi Livni en détail

de 1980 à 1984
Après avoir quitté l'Armée (lieutenant), Tzipi Livni travaille pour le Mossad, une agence de renseignement.

1996
Nommée directrice de l'office des sociétés d'Etat.

2001
Elue députée du Likoud (parti nationaliste) à la Knesset, le parlement israélien.

2006
Postes de deuxième vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

2008
Elue cheffe du Kadima (parti centriste) et candidate au poste de premier ministre.

2009
Son parti gagne les élections législatives. Mais c'est Benyamin Netanyahou que le président, Shimon Peres, charge de former un gouvernement. Elle prend la tête de l'opposition.

 

 

 


Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

À lire aussi...

LitigeEtats-Unis: Bayer et BASF condamnés à verser 260 millions à un cultivateurEtats-Unis: Bayer et BASF condamnés à verser 260 millions à un cultivateur

EpidémieCoronavirus: le bilan en Chine s’alourdit à 1770 morts, des experts se réunissent à PékinCoronavirus: le bilan en Chine s’alourdit à 1770 morts, des experts se réunissent à Pékin

IntempériesTempête Dennis: un mort au Royaume-Uni, foyers sans électricité en FranceTempête Dennis: un mort au Royaume-Uni, foyers sans électricité en France

AFRIQUE DU SUDL’île de la honte, flambeau du tourisme sud-africainL’île de la honte, flambeau du tourisme sud-africain

DÉFENSEEtats-Unis et Chine, une rivalité exacerbéeEtats-Unis et Chine, une rivalité exacerbée

Top