03.08.2015, 09:20

L'austérité se heurte à une croissance faible

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Le gouvernement français a présenté hier un budget 2012 d'austérité marqué par une hausse des prélèvements. En pleine crise européenne et à sept mois de la présidentielle, ce projet maintient le cap sur la réduction des déficits mais risque de se heurter à la panne de la croissance.

Le déficit public doit passer de 5,7% du Produit intérieur brut (PIB) cette année à 4,5% l'an prochain puis 3%, plafond fixé par les traités européens, en 2013. Il devrait ensuite refluer à 2% en 2014 et tomber à 1% l'année suivante. Le tour de vis ne suffira pas à contenir la dette publique, qui continuera de s'alourdir en 2012 pour atteindre 87,4% du PIB, après 85,5% prévus cette année.

Pour la première fois, la charge de la dette, autrement dit le montant des intérêts que l'Etat versera pour se financer, sera le premier poste budgétaire l'an prochain. Selon les projections du gouvernement, elle s'élèvera à 48,77 milliards d'euros en 2012, sensiblement au-dessus des crédits de l'Enseignement scolaire (45,52 milliards, hors pensions). L'édifice budgétaire repose sur une hypothèse de croissance de 1,75% en 2011 comme en 2012, alors que l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a confirmé hier une croissance nulle au deuxième trimestre. Pour autant, le gouvernement a reconnu que seule une «dissipation des turbulences actuelles permettrait d'atteindre» l'objectif fixé pour l'an prochain.

En terme de recettes, le taux de prélèvements obligatoires, que le président Nicolas Sarkozy avait promis de réduire de quatre points avant son élection, atteindra 44,5% du PIB en 2012, dépassant le niveau du début du quinquennat. Il devrait culminer à un taux record de 45,4% en 2015. Chasse aux niches fiscales, création de nouvelles taxes, le projet de loi de finances reprend la vingtaine de mesures fiscales supplémentaires annoncées le 24 août dans son plan d'austérité par le Premier ministre François Fillon.

Une contribution exceptionnelle prévoit de taxer à 3% les très hauts revenus, à partir de 500 000 euros pour une personne seule et d'un million pour un couple. Hors pensions et charge de la dette, les dépenses de l'Etat devraient être contenues à 275,6 milliards d'euros, comme en 2011 et à l'euro près, selon Bercy. «Elles vont même baisser», a dit Valérie Pécresse, ministre du Budget, pour qui le gouvernement sera le premier à «mettre fin à l'augmentation continue des dépenses de l'Etat depuis 1945». / ats-AFP


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