09.11.2019, 08:51

L’Allemagne fête les 30 ans de la chute du Mur dans une atmosphère tendue

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Les Berlinois célèbrent la chute du Mur qui a divisé leur ville durant plus de 28 ans.

commémorations L’ambiance n’est guère à la fête pour les commémorations du Mur de Berlin. Des tensions sont palpables entre les Alliés de l’époque de la guerre froide. Et la montée des nationalismes n’aide pas à fédérer les Allemands autour de cet anniversaire.

L’Allemagne et l’Europe célèbrent samedi le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin qui avait mis fin à la division du continent. Une atmosphère de zizanie règne toutefois entre les Alliés de l’époque de la guerre froide.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a quitté le pays vendredi soir après deux jours de visite et le président français Emmanuel Macron n’arrivera que dimanche soir pour un dîner avec la chancelière Angela Merkel et le président allemand Frank-Walter Steinmeier.

 

 

Deux jours avant cet anniversaire, le chef de l’Etat français a jeté un pavé dans la mare en diagnostiquant que l’Otan était «en état de mort cérébrale». M. Macron a notamment déploré l’absence de coordination entre les Etats-Unis et les partenaires de l’Otan et le cavalier seul de la Turquie, membre de l’Alliance, intervenue récemment dans le nord de la Syrie. Abandonnant son habituel ton policé, Angela Merkel, depuis toujours très atlantiste, a assuré ne pas partager la vision «radicale» et le «jugement intempestif» de M. Macron.

 

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Préparation du terrain

Les Berlinois célèbrent la chute du Mur qui a divisé leur ville durant plus de 28 ans jusqu’au soir du 9 novembre 1989. Temps fort, Angela Merkel doit tenir un discours dans la matinée à l’intérieur d’une chapelle érigée dans une rue chargée d’histoire, la Bernauerstrasse, qui fut le théâtre de drames lors de la construction du Mur le 13 août 1961. Des habitants s’étaient jetés des fenêtres au péril de leur vie pour passer à l’Ouest.

La chancelière Angela Merkel est arrivée sur place. Keystone

 

La chancelière, originaire d’Allemagne de l’Est, sera accompagnée des présidents de Slovaquie, de Pologne, de République tchèque et de Hongrie, des pays qui il y a 30 ans ont largement préparé le terrain à la chute du Mur. Le soir, ce sera au tour du président de la République, Frank-Walter Steinmeier, de s’adresser à la foule à la porte de Brandebourg.

Climat géopolitique pesant

Aux mésententes entre les alliées de l’époque de la fin de la guerre froide, s’ajoute un climat géopolitique international pesant. A Berlin, Mike Pompeo a enjoint aux pays occidentaux de «défendre ce qui a été si durement gagné en 1989» et à «prendre conscience que nous sommes dans une compétition de valeurs avec les nations non-libres», montrant du doigt tout particulièrement la Chine et la Russie.

Venue aussi dans la capitale allemande vendredi, la présidente désignée de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lui a emboîté le pas. Elle a appelé à la vigilance face à Pékin et Moscou et a reconnu une certaine naïveté en 1989 quand le monde a voulu croire que «la victoire des démocraties libérales ne pourrait être stoppée».

Tension à l’intérieur

Sur le plan intérieur aussi, l’Allemagne est loin d’afficher le même optimisme qu’il y a 30 ans. Angela Merkel a d’ailleurs reconnu que «cela prendrait un demi-siècle ou plus» pour achever la réunification allemande.

La fracture politique et économique entre l’Est et l’Ouest plus riche du pays reste d’une brûlante actualité, en particulier avec le succès de l’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans l’ex-RDA. «Les tendances nationalistes et protectionnistes gagnent du terrain dans le monde», a jugé vendredi Mme Merkel.

 

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Le message anti-élites et anti-système de l’extrême droite fait mouche à l’Est où nombre de «Ossis» (le surnom des anciens Allemands de l’Est) estiment être traités comme des citoyens de seconde zone.

La chute du Mur de Berlin, le soir du 9 novembre 1989, s’était déroulée pacifiquement et les images des Allemands tombant dans les bras les uns des autres avaient fait le tour du monde. «Un moment de bonheur!», a d’ailleurs assuré Mme Merkel.

ATS

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