07.08.2015, 14:25

Kobané toujours assiégée malgré l'arrivée des peshmergas

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Un missile tiré jeudi à partir des positions de l'Etat islamique à Kobani.

Etat islamique Le siège de l'Etat islamique sur Kobané résiste malgré le soutien depuis une semaine de 150 peshmergas irakiens aux défenseurs de la ville kurde du nord de la Syrie.

Cent cinquante peshmergas (combattants kurdes) irakiens combattent depuis une semaine aux côtés des défenseurs de Kobané, ville kurde du nord de la Syrie. Leur intervention n'a pas permis de briser le siège de l'Etat islamique (EI), mais l'a allégé, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et les autorités locales.

Equipés de pièces d'artillerie et de véhicules blindés, ils ont pu pilonner des positions des jihadistes autour de la ville et reprendre plusieurs villages des alentours. Mais la situation n'a guère évolué sur la ligne de front.

L'est de la ville est toujours aux mains des combattants de l'EI, tandis que les miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) et leurs alliés tiennent l'ouest.

"Il n'y a pas de changement du tout à Kobané malgré la présence des peshmergas. Une ou deux rues sont perdues de temps en temps avant d'être reprises", résume Rami Abdelrahman, directeur de l'OSDH, qui suit l'évolution du Conflit syrien à l'aide d'un réseau d'informateurs.

L'Etat islamique "est bien retranché à Kobané et les Kurdes réclament davantage d'armement lourd pour faire la différence (...) Une meilleure coordination est par ailleurs nécessaire entre les unités kurdes et les forces aériennes de la coalition", poursuit-il, ajoutant que les attentats-suicide de l'EI s'avèrent efficaces.

Plus de tirs d'artillerie

Accueillis en héros, les peshmergas venus du Kurdistan irakien via la Turquie sont arrivés sur place vendredi dernier. Sous la pression de la communauté internationale, Ankara, qui refuse d'intervenir à Kobané, a fini par les autoriser à transiter par son territoire.

Le gouvernement du Kurdistan irakien autonome a fait savoir qu'ils n'était pas question pour eux d'aller au-delà des tirs d'artillerie. Des tirs d'artillerie très nourris ont retenti dans les jours qui ont suivi leur arrivée, mais ces bombardements ont cessé depuis, d'après un correspondant de Reuters présent du côté turc de la frontière.

L'armée américaine et les forces des autres Etats membres de la coalition formée pour combattre l'Etat islamique ont effectué huit raids aériens en Syrie et six en Irak au cours des trois derniers jours, rapporte vendredi le commandement central à Washington.

Recul de l'EI à Baïji

Sept ont été menés aux alentours de Kobané. En Irak, les avions de la coalition sont intervenus près de Falloujah, dans la région de Ramadi, au nord-ouest d'Haditha, ainsi qu'à Baïji, une ville au nord de Bagdad.

Encouragées par ces frappes, les forces gouvernementales ont fait reculer les jihadistes de l'EI à Baïji et ont pu reprendre la majorité de la ville, selon des responsables irakiens. Vendredi à la mi-journée, elles contrôlaient notamment "tous les quartiers situés dans le sud, l'est et le nord", a indiqué un responsable du commandement militaire pour la province de Salaheddine.

Selon un autre officier, le drapeau irakien a été hissé sur des bâtiments importants comme le siège de la police. Les forces de sécurité irakiennes, aidées par des miliciens et des membres de tribus sunnites alliés au gouvernement, avaient lancé le mois dernier une opération pour reprendre par le sud cette ville contrôlée par les jihadistes depuis des mois.

Baïji se trouve sur la route principale menant de Tikrit à Mossoul, deux villes tenues par l'EI depuis sa fulgurante percée en juin. Sa prise pourrait aussi permettre de sécuriser le site de la plus grande raffinerie du pays, située à proximité de la ville et dont les jihadistes font le siège depuis plusieurs mois.

al-Nosra gagne du terrain

Pendant ce temps, le Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a élargi son territoire dans le nord-ouest de la Syrie en s'emparant de trois villages supplémentaires, a affirmé vendredi l'OSDH. Ils étaient tenus jusqu'à présent par les rebelles modérés.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les jihadistes se sont emparés de Soufouhoun, Al-Fatira et Hizarine dans la province d'Idleb (nord), où depuis une semaine, les affrontements avec d'autres groupes rebelles modérés et islamistes, tournent à l'avantage d'al-Nosra.


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