02.08.2015, 19:51

Des avions de chasse français sont dans le ciel libyen

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Plusieurs avions de chasse Rafale de l'armée française survolaient aujourd'hui «l'ensemble du territoire libyen» pour des missions de reconnaissance, a-t-on appris de source militaire française. Les forces kadhafistes avançaient elle sur Zenten, pilonnant les abords de cette ville au sud-ouest de Tripoli contrôlée par l'opposition.

Les Rafale ont décollé en début d'après-midi de la base de Saint-Dizier, dans l'est de la France, où ils sont habituellement stationnés, a-t-on ajouté. Selon la même source, ces «missions de reconnaissance» doivent durer toute l'après-midi et les Rafale n'ont rencontré aucune difficulté après plusieurs heures de survol du territoire libyen.

Les Rafale sont conçus pour des missions de bombardement, de reconnaissance et de défense aérienne.

Ces survols se déroulaient alors que se tenait à Paris un sommet international extraordinaire sur la Libye, qui apparaît comme une dernière séquence diplomatique avec le probable déclenchement de frappes aériennes contre le régime de Mouammar Kadhafi.

Zenten pilonnée

Les forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avançaient de leur côté sur Zenten et ont pilonné les abords de cette ville au sud-ouest de Tripoli sous contrôle de l'opposition, poussant à la fuite ses habitants, a rapporté un témoin.

Les pro-Kadhafi ont attaqué depuis des positions situées au sud de la ville. «Là, les chars sont à 2 ou 3 km du centre de la ville», a raconté ce témoin, précisant que «les gens partent en courant».

«Ils ont avancé dans la nuit et ont commencé à attaquer et à bombarder avec des tirs de chars et mitrailleuses en continu» en milieu de matinée, poursuit-il. «Les tirs provenaient du sud de la ville. J'ai vu une dizaine de chars, des blindés légers type BMP et des chars avec des mitrailleuses lourdes», a ajouté le témoin.

Selon lui, au nord de la ville, d'autres troupes du colonel Kadhafi ont tiré quelques salves de Grad en direction de Zenten (145 km au sud-ouest de Tripoli). Deux maisons ont été touchées et six personnes blessées, dont trois gravement.

Les opposants tentaient de défendre les abords de la ville, armés de vieux fusils italiens, «mais ont dû reculer et se replier par les dunes». En fin de matinée, «les tirs se poursuivaient mais de façon sporadique», selon le témoin, et les forces gouvernementales continuaient d'avancer avec les chars. /ats-afp


«Ils sont entrés dans Benghazi»

Bravant la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU et les préparatifs intensifs d'une intervention militaire internationale, les forces de Mouammar Kadhafi sont entrées aujourd'hui dans Benghazi. Selon les insurgés, la ville était soumise à d'intenses tirs d'artillerie.

«Ils sont entrés dans Benghazi», a dit un porte-parole militaire des rebelles dans leur bastion de l'Est libyen. Un journaliste de Reuters sur place a vu une explosion près du siège du Conseil national de transition mis en place par les insurgés.

Selon les rebelles, la totalité de la ville est soumise à des tirs d'artillerie. Un avion de combat a été abattu au-dessus de la ville, ont constaté de leur côté des journalistes de l'AFP. Il s'agissait d'un MiG-23, un modèle dont l'Armée de Mouammar Kadhafi disposerait. Néanmoins, un chef rebelle a déclaré qu'il s'agissait d'un avion des insurgés.

Le président du Conseil national de transition a reproché à la communauté internationale de tarder à agir pour faire cesser «l'extermination des civils».

«Il y aura aujourd'hui une catastrophe à Benghazi si la communauté internationale ne met pas en oeuvre les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU», a poursuivi sur Al Djazira Moustafa Abdeldjeïl, ancien ministre de la Justice de Kadhafi passé dans les rangs de l'insurrection. La résolution 1973, adoptée jeudi soir, exige un cessez-le-feu immédiat et autorise une intervention militaire en Libye.

Paris: «il faut bouger rapidement»

A Paris, où une réunion internationale consacrée à la crise libyenne devait se tenir en début d'après-midi en présence notamment d'Hillary Clinton, David Cameron et Angela Merkel, une source militaire française a déclaré qu'il fallait «bouger rapidement».

«Le dispositif est prêt, la décision est politique maintenant», ajoute-t-elle.

Tripoli: «aucune attaque d'aucune sorte»

Le régime libyen, qui a décrété hier un cessez-le-feu immédiat, affirme lui qu'il se conforme aux exigences formulées par l'ONU.

«Il n'y a aucune attaque d'aucune sorte sur Benghazi. Comme nous l'avons dit, nous respectons le cessez-le-feu et nous souhaitons la venue d'observateurs internationaux», a dit Moussa Ibrahim, porte-parole du gouvernement libyen, accusant les rebelles de chercher à provoquer une intervention militaire étrangère.

L'agence officielle de presse a assuré pour sa part que les forces régulières libyennes étaient attaquées par des «bandes d'Al Qaïda» à proximité de Benghazi.

Un porte-parole des rebelles a de son côté fait état de bombardements à proximité de la ville de Zentane, dans l'ouest du pays.

Réunion à Paris

Le cessez-le-feu affiché par Tripoli n'a pas convaincu les Etats-Unis, la France ou la Grande-Bretagne.

La réunion organisée aujourd'hui à Paris avec l'Union européenne, la Ligue arabe et l'Union africaine s'annonce décisive, l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud, évoquant une intervention militaire dans les heures qui suivront le sommet.

«Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, nous avons également lancé un ultimatum sur le cessez-le-feu et nous avons posé des conditions. Donc j'imagine qu'après le sommet, je pense que dans les heures qui suivront, nous lancerons une intervention militaire», a déclaré le diplomate dans une interview diffusée dans la nuit de hier à aujourd'hui par la BBC.

Kadhafi menace

Cette intervention consisterait notamment à clouer au sol l'aviation libyenne, à détruire les systèmes de défense anti-aérienne, à couper les communications des forces de Kadhafi et à entraver leurs déplacements, dit-on de sources diplomatiques.

Face à cette brusque accélération diplomatique après des semaines de divisions et d'atermoiement, Mouammar Kadhafi a lancé une mise en garde, estimant que la résolution de l'ONU relevait d'un «colonialisme flagrant» et qu'il y aurait des «conséquences importantes en Méditerranée et en Europe». /ats-afp-Reuters


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