Centrafrique: colère anti-pouvoir à Bangui après un massacre dans une église

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manifestations Deux personnes ont été tuées vendredi matin à Bangui lors de nouvelles manifestations contre le pouvoir centrafricain. Cette nouvelle flambée de violences fait suite à l'attaque mercredi d'une église et qui a fait de 17 morts.

  30.05.2014, 13:58
Des soldats dégagent les rues de Bangui des barricades dressées par les manifestants.

Deux jours après un massacre sans précédent dans une église, deux personnes ont été tuées vendredi matin à Bangui lors de nouvelles manifestations contre le pouvoir centrafricain. Egalement visées, les forces internationales se sont dit prêtes à riposter à toute menace.

Les deux victimes de vendredi ont été tuées par balles, selon des témoignages de manifestants confirmés par une source militaire. Selon un porte-parole de la force africaine de maintien de la paix (Misca), il s'agit de protestataires qui avaient ouvert le feu sur des soldats burundais. Ces derniers sont particulièrement accusés par la population de laisser faire les violences anti-chrétiens.

Au moins trois autres personnes ont été blessées par des tirs, dont deux grièvement, et conduites à l'hôpital communautaire de Bangui, a constaté un journaliste de l'AFP.

Colère après l'attaque d'une église

Dans plusieurs quartiers, notamment près de l'aéroport - où sont basées les forces internationales - plusieurs marches rassemblaient des milliers de personnes exigeant la démission du gouvernement de transition centrafricain et le départ de certaines forces militaires étrangères.

Cette nouvelle flambée de violences a été provoquée par l'attaque mercredi de l'église Notre-Dame-de-Fatima de Bangui par un groupe d'hommes armés assimilés par des témoins à l'ex-rébellion Séléka, majoritairement musulmane. L'attaque a fait de 17 morts et 27 personnes ont été enlevées.

Tirs de sommation

Malgré un appel au calme lancé par les forces française et africaine sur les radios centrafricaines, qui ont prévenu qu'elles réagiraient "avec la plus grande détermination à toute prise à partie", des véhicules de la force française Sangaris ont été visés par des tirs, a-t-on appris de source militaire.

Et les forces internationales ont procédé à leur tour à des tirs de sommation dans plusieurs quartiers de la capitale pour empêcher les manifestants de progresser, a indiqué à l'AFP une source militaire sans autre précision. Des barricades ont été érigées dans plusieurs quartiers de la ville. Aucun véhicule ne circulait dans les rues et un hélicoptère militaire français survolait la ville.

"Complot planifié"

Jeudi après-midi, le Premier ministre centrafricain, André Nzapayéké, a attribué ce regain de violences à "un complot planifié" par des "hommes politiques très proches du pouvoir".

Le Premier ministre n'a cité aucun nom. Mais des responsables proches de l'ex-rébellion Séléka et des milices chrétiennes ont été intégrés à la Primature et à la présidence avec pour mission de faire cesser les violences aux uns et aux autres.

Spirale infernale

La crise centrafricaine a débuté en 2013 avec le renversement du président François Bozizé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, qui a pris le pouvoir dans ce pays majoritairement chrétien. Les Séléka ont multiplié les exactions contre les civils, entraînant en réaction la création de milices d'auto-défense, les anti-balaka, à dominante chrétienne.

Rapidement, ces milices s'en sont prises aux civils musulmans, plongeant le pays dans une spirale infernale de violences intercommunautaires, contraignant à l'exil des dizaines de milliers de musulmans et faisant des centaines de milliers de déplacés.

Elections d'ici un an

La France a déclenché en décembre l'opération Sangaris pour aider la Misca à ramener la paix. Face à son incapacité à faire cesser les violences, Michel Djotodia a été contraint à la démission en janvier et remplacé par Mme Samba Panza, qui doit théoriquement organiser des élections générales avant la mi-2015.

17 tués, 27 civils enlevés mercredi dans l'attaque d'une église

Dix-sept personnes ont été tuées et 27 ont été enlevées mercredi dans l'attaque de l'église Notre Dame de Fatima à Bangui, a indiqué vendredi à Genève le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations unies (HCR). La présidente Catherine Samba Panza dénonce un "acte terroriste".

La porte-parole du HCR, Fatoumata Lejeune-Kaba, a indiqué que l'enceinte de l'église abritait près de 9000 déplacés au moment de l'attaque. "Au moins 17 ont été tués et 27 ont été enlevés par les assaillants et conduits vers une destination inconnue".

"Les attaquants sont arrivés sur des pick-up en début d'après-midi, ils ont lancé des grenades puis ouvert le feu sur les gens. Un prêtre a été tué pendant l'attaque et deux adultes et deux enfants ont succombé jeudi à leurs blessures", a-t-elle ajouté, indiquant que l'agence de l'ONU "ne sait vraiment pas qui étaient les assaillants". L'attaque a été attribuée par des témoins à des hommes de l'ex-rébellion Séléka à dominante musulmane.

"Guérilla urbaine"

Dans une allocution radio-diffusée, la cheffe de l'Etat a dénoncé "une situation de guérilla urbaine". "C'est le fait que les auteurs des crimes à répétition continuent de circuler librement qui explique cette recrudescence périodique des actes terroristes", a déclaré Mme Samba Panza.

Selon le HCR, le site de l'église est maintenant totalement vide. L'agence de l'ONU précise qu'il s'agit de "la pire attaque contre un centre de déplacés à Bangui depuis que le groupe Seleka a été écarté du pouvoir en janvier dernier".

"Des églises, des monastères, des mosquées ont constitué des abris sûrs pour les déplacés de Centrafrique. A Bangui, 32 des 43 centres de déplacés sont des institutions religieuses", a ajouté sa porte-parole. Elle a précisé que les déplacés qui ont fui l'église ont trouvé refuge dans d'autres centres mais beaucoup sont partis "sans rien, sans argent, sans nourriture, sans matelas, certains étaient blessés par balle".

Il y a au total 425'000 déplacés en Centrafrique, dont 132'000 à Bangui.


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