12.05.2018, 22:21

Au moins deux morts, dont l'agresseur, dans une agression au couteau à Paris

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Au moins deux morts, dont l'agresseur, dans une agression au couteau à Paris

Agression Une agression a eu lieu samedi soir à Paris. Une personne a été tuée et plusieurs autres blessées. La police a abattu l'assaillant.

Une personne a été tuée et plusieurs blessées samedi soir à Paris par un homme armé d'un couteau, qui a été abattu par la police, a-t-on appris de sources policières et proches du dossier. L'Etat islamique a revendiqué l'attaque.

Les faits se sont produits dans le IIe arrondissement, près de l'Opéra, dans un quartier de bars, restaurants et théâtres très fréquenté le samedi soir. L'homme s'en est pris à cinq personnes peu avant 21h00 rue Monsigny, a indiqué sur place le directeur de cabinet de la préfecture de police, Pierre Gaudin.

Un passant agressé "est décédé des suites de ses blessures", a ajouté Pierre Gaudin. Deux autres personnes ont été blessées grièvement et transférées à l'hôpital Georges-Pompidou de Paris. Deux des quatre blessés le sont plus légèrement.

"L'auteur de cette attaque au couteau à Paris est un soldat de l'État islamique et l'opération a été menée en représailles envers les Etats de la coalition", a déclaré une "source sécuritaire" à Amaq, l'agence de presse l'EI.

Pour maîtriser l'assaillant qui avait menacé les forces de l'ordre, un policier a fait usage d'un pistolet à impulsions électriques. Puis un deuxième fonctionnaire de police lui a tiré dessus à deux reprises, le blessant mortellement, selon une source policière.

"Assassinat"

"A ce stade et sur la foi d'une part de témoignages faisant état du fait que l'agresseur a crié 'Allah Akbar' en attaquant les passants au couteau, et compte tenu du mode opératoire, nous avons saisi la section antiterroriste du parquet de Paris", a déclaré le procureur de la République de Paris devant la presse sur place vers minuit, avant que l'EI ne revendique les faits.

L'enquête est menée notamment sous les qualifications d'"assassinat" et de "tentatives d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique", "en relation avec une entreprise terroriste", a-t-il précisé.

Elle a été confiée conjointement à la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la sous-direction antiterroriste (Sdat), a ajouté le procureur.

"Ville meurtrie"

Sur Twitter, Emmanuel Macron a déploré samedi soir que la France payait "une nouvelle fois le prix du sang". Le président français a toutefois assuré que le pays ne céderait "pas un pouce aux ennemis de la liberté". "Toutes mes pensées vont aux victimes et aux blessés de l'attaque au couteau perpétrée ce soir à Paris, ainsi qu'à leurs proches", écrit le chef de l'Etat.

Le Premier ministre Edouard Philippe, qui s'est rendu samedi soir au commissariat du IIIe arrondissement, a salué "l'exceptionnelle réactivité des forces de police" et assuré que "la France est déterminée à ne céder en rien aux menaces que les assaillants veulent faire peser sur elle."

Sur Twitter également, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a lui aussi salué "le sang froid et la réactivité des forces de police qui ont neutralisé l'assaillant". "Mes premières pensées vont aux victimes de cet acte odieux", a-t-il lancé.

"Ce soir, notre ville a été meurtrie", a dit la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui s'est rendue sur place. "Le peuple français ne se contentera plus de commentaires. Ce sont des actes qui sont attendus", a asséné la cheffe de l'extrême droite française, Marine Le Pen, désignant un acte commis par "un assaillant islamiste".

"On court"

Un important périmètre de sécurité a été rapidement mis en place dans un secteur bouclé où ont convergé un nombre impressionnant de véhicules de police, de pompiers et de secours. Des touristes et riverains étaient bloqués derrière les rubans de sécurité, interloqués, parfois désorientés.

"On a entendu deux coups de feu, on ne savait pas ce que c'était (...). La terrasse était blindée et tout le monde est parti d'un coup", a raconté Sébastien. "Forcément, on entend trois coups de pétard, au vu des antécédents du 13-Novembre, on cherche pas, on court", a complété Elisa, en référence aux attentats djihadistes sur des terrasses parisiennes en 2015.

Cette attaque intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste. La dernière attaque meurtrière, le 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (sud), avait porté à 245 le nombre de victimes tuées dans les attentats sur le sol français depuis 2015. Des attaques ont déjà été menées au couteau, notamment à Marseille en octobre 2017.

Particulièrement visée, la France fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et Irak contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI). Mi-avril, Paris a mené des frappes contre des sites de production d'armes chimiques du régime de Bachar al-Assad, lors d'une opération conjointe avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

 

ATS

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